Auteur : Jean Bobet
Date de saisie : 22/08/2006
Genre : Sports
Editeur : Table ronde, Paris, France
Collection : Vermillon
Prix : 17.00 € / 111.51 F
ISBN : 978-2-7103-2670-0
GENCOD : 9782710326700
C'est ainsi que mon frère Louison et moi prenions rendez-vous, tous les jours quand nous étions coureurs, tous les samedis seulement quand nous ne l'étions plus. On a roulé jusqu'à ses derniers jours parce que, même là, surtout là, c'est à vélo que l'on se comprenait. On a toujours eu besoin de vélo. On a roulé carrosse et on a roulé cabosses, comme dit la chanson, parce qu'en cyclisme les jours glorieux sont suivis de jours qui le sont moins. Ma chance est d'avoir roulé avec Louison, et grâce à lui, aux plus belles années, les années cinquante, celles de la reconstruction de l'après-guerre, celles de Coppi et Bartali, de Kubler et Koblet, de Gaul et Van Steenbergen, d'Anquetil et Darrigade. C'est dire s'il y avait du beau monde et combien la concurrence était vive.
Tous les jours, Louison et moi, nous avons pris plaisir en roulant à vélo. Dans nos randonnées intimes en Bretagne ou dans les Alpes, autant que dans la cohue frénétique des Tours de France ou des Tours d'Italie. (Jean Bobet)
Il n'est jamais facile de devenir un champion, mais s'il y a plus terrible, c'est à coup sûr d'être frère de champion. Jean Bobet fut pourtant assez doué dans le cyclisme pour y cueillir, presque en dilettante, deux titres mondiaux chez les universitaires, une victoire dans Paris-Nice, deux places dans le top 15 du Tour de France... Aussi Jean a-t-il vécu l'étrange destin de ceux qu'une position trop favorable à la cour condamne au silence et installe dans une sorte d'exil intérieur. Sous les gestes d'une dévotion parfois héroïque, «l'homme au masque de frère», comme l'appela Antoine Blondin, dissimulait avec esprit un talent que son premier métier ne faisait guère valoir : il écrivait, et même fort bien. Les gens de vélo le tinrent d'ailleurs très tôt pour un intellectuel, au motif qu'il portait des lunettes. Cependant, les gens de lettres ont toujours regardé avec sympathie cet original qui leur échappait, pour emprunter au vocabulaire de la course, et qui, sous le titre «Demain, on roule...», évoque avec bonheur un certain âge d'or du rêve français, la vie en peloton aux côtés des Perec, Mauriac ou Jean Prévost, que Jean Bobet cite avec tact et ferveur... Un livre tout d'élégance et de nostalgie, où un écrivain rare nous fait enfin contempler, comme on dit dans le jargon, sa roue arrière.
Copyright : Studio 108 2004-2008 - Informations légales - Vous êtes éditeur ?
Programmation : Olf Software - Infographie, XHTML/CSS : Gravelet Multimédia - Graphisme : Richard Paoli