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De l'Helvétie romaine à la Suisse romande

Couverture du livre De l'Helvétie romaine à la Suisse romande

Auteur : Jean-Pierre Felber

Date de saisie : 06/12/2006

Genre : Histoire

Editeur : Slatkine, Genève, Suisse | Société d'histoire de la Suisse romande, Lausanne, Suisse

Prix : 39.00 € / 255.82 F

ISBN : 978-2-8321-0252-7

GENCOD : 9782832102527

Sorti le : 15/11/2006

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  • La présentation de l'éditeur

Les Pays romands, dont l'appellation désigne la région de l'Helvétie romaine voisine de la Gaule, n'ont accusé aucune rupture sur le plan culturel à travers les siècles. Malgré les nombreuses invasions alémaniques, ils ont conservé tout au long de leur histoire leur caractère d'origine et leur latinité. Au centre des voies de communication reliant le Proche-Orient et l'Italie à la Gaule et à la Grande-Bretagne, ils ont joué au Moyen Age un rôle important en Europe avant l'ouverture de la route du Gothard au XIIIe siècle.
A l'époque romaine, Jules César avait incité les Helvètes à s'établir sur l'actuel Plateau suisse pour contenir les Germains. Les descendants des Helvètes y sont restés jusqu'à nos jours.
Ce n'est qu'à la fin du XVe siècle, suite à la victoire des Confédérés lors des guerres de Bourgogne, que les Pays romands se rapprochèrent des cantons alémaniques. Ils seront dès lors soit leurs alliés (Genève, Neuchâtel), soit leurs sujets (Vaud, Fribourg occidental, Valais occidental). Les soulèvements locaux consécutifs à la Révolution française mettront fin à cet état politique en 1798. La création de la République helvétique par Bonaparte en 1803 concrétisera ces nouveaux rapports entre les cantons romands et alémaniques. Avec le rattachement de Genève, du Valais et de Neuchâtel en 1815, la Suisse atteindra sa dimension actuelle et formera ainsi un Etat politique fédéral commun. Quant à la Suisse romande, elle maintiendra sa langue et sa culture indépendamment des frontières cantonales comme à Fribourg, à Berne et en Valais.
L'histoire des Pays romands a été souvent négligée par l'historiographie officielle de la Suisse développée dans les Pays alémaniques depuis 1291. Les événements n'ont pas toujours été interprétés de la même façon d'un côté ou de l'autre de la Sarine. Il faudra attendre la Constitution fédérale de 1848 pour donner aux cantons romands une place dans l'Etat suisse nouvellement créé. C'est pourquoi la Suisse romande prétend à sa propre histoire, qui remonte à ses origines dans l'Helvétie romaine.
L'intégration des Pays romands à la Suisse a contribué à faire d'une Confédération alors purement alémanique l'Etat plurilingue et pluriculturel que nous connaissons aujourd'hui - un centre logique et nécessaire au coeur de l'Europe. L'évolution de l'Helvétie romaine à la Suisse romande s'est inscrite dans une remarquable continuité qui a permis aux Pays romands de maintenir, à travers les âges, les caractéristiques de leurs régions d'origine. La Suisse d'aujourd'hui doit tenir compte de leur identité, de leur patrimoine, de leur civilisation et de leur faculté d'ouverture séculaire dans les relations avec le monde extérieur.

Au terme d'une remarquable carrière médicale durant laquelle il a publié plus de 300 articles scientifiques et reçu de nombreuses distinctions, Jean-Pierre Felber, professeur honoraire de l'Université de Lausanne, s'est adonné à son autre passion : l'étude de l'histoire. Il a collaboré à divers ouvrages collectifs, notamment Les Pays romands au Moyen Age, avant de se consacrer à sa propre enquête sur les origines de la Suisse romande.





  • Les premières lignes

Qu'est-ce que la Suisse romande ? Voilà une question que les Romands ne se posent guère, sans doute : ils y vivent ! Il s'agit en somme de la distinguer de la Suisse alémanique, la plus proche, et bien entendu des Grisons et du Tessin, plus éloignés géographiquement. Mais encore ? La Suisse romande est francophone, cependant trois cantons se rattachent à cette aire linguistique tout en étant bilingues ; on en déduira que la partie germanophone desdits cantons se rattache à la Suisse alémanique ; si l'on prend le cas du Haut-Valais l'assertion est risquée... Bref, la question s'avère délicate - raison pour laquelle on évite de la poser.

La Société d'histoire de la Suisse romande devrait pouvoir s'expliquer là-dessus.

A une époque où la carte de l'Europe se redessinait en fonction des nationalités, tandis que, plus localement, des conflits politiques et religieux agitaient le canton de Vaud, la Société d'histoire de la Suisse romande est issue de la Société vaudoise d'Utilité publique, à l'instigation de Frédéric de Gingins-La Sarra qui en avait présenté le projet, relevant que «La Suisse bourguignonne ou romande se distingue [...] de la Suisse allemande et italienne non seulement par la langue, mais par les allures et le caractère bien tranché de la race qui l'habite. Quelles que soient d'ailleurs les différences religieuses ou politiques qui divisent entre eux les divers cantons de la portion française de la Confédération helvétique, n'en présente pas moins dans son ensemble un type de nationalité qui lui est propre, qui a résisté à tous les changements politiques anciens et modernes, et que l'on retrouve au XIXe siècle aussi prononcé qu'il l'était au Xe». Le règlement - nous dirions : les «statuts» - adopté le 6 septembre 1837, indique dans son article premier que la SHSR est destinée notamment «à rassembler les matériaux de l'histoire nationale». On voit bien le souci identitaire qui préside à l'entreprise ; on constate également que la Suisse romande se définit aussi bien comme «bourguignonne».


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