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Voyage du roi Sisowath en France : en l'année du cheval, huitième de la décade, correspondant à l'année occidentale 1906, royaume du Cambodge

Couverture du livre Voyage du roi Sisowath en France : en l'année du cheval, huitième de la décade, correspondant à l'année occidentale 1906, royaume du Cambodge

Auteur : Veang Thiounn

Préface : Olivier de Bernon

Traducteur : Olivier de Bernon

Date de saisie : 01/12/2006

Genre : Récits de Voyages

Editeur : Mercure de France, Paris, France

Collection : Le temps retrouvé

Prix : 16.00 € / 104.95 F

ISBN : 978-2-7152-2653-1

GENCOD : 9782715226531

Sorti le : 09/11/2006

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  • La présentation de l'éditeur

Traduit du khmer, présenté et annoté par Olivier de Bernon En 1906, le roi Sisowath du Cambodge - alors sous protectorat français - entame un voyage en France dont il charge son ministre, l'Okňã Veang Thiounn, de rédiger la relation. Le roi veut prouver à ses sujets que la délégation d'une partie de leur souveraineté dans les mains d'une puissance protectrice n'entame pas la majesté des souverains khmers. De son côté, le gouvernement français entend, quant à lui, instrumentaliser cette visite royale dans le débat sur la politique coloniale qui agite alors la France.

Parti de Phnom Penh le 7 mai 1906, le roi arrive à Marseille - via Ceylan, Singapour, le canal de Suez et les côtes de la Sicile - le 10 juin, pour visiter l'Exposition coloniale. Il poursuit avec sa cour vers Paris, où le rejoignent les turbulentes danseuses du Ballet royal. Les réceptions officielles (chez le président de la République, Armand Fallières, et ses ministres) alternent avec les promenades d'agrément (courses d'Auteuil, Jardin d'Acclimatation, tour Eiffel, faïencerie de Sèvres). Chacune des apparitions publiques du monarque déclenche l'enthousiasme : sa bonhomie de grand-père et ses manières de divinité charment les foules et subjuguent le protocole...
Émaillé de conseils pratiques et truffé de notations cocasses, ce récit inédit est un document d'une saveur exceptionnelle.





  • Les premières lignes

Le voyage en France du roi Sisowath du 10 juin au 20 juillet 1906 fut extravagant par la publicité à laquelle il donna lieu et par l'engouement populaire inouï qu'il suscita. L'une des raisons de cet engouement était qu'avant même son arrivée à Marseille la nouvelle était parvenue que le roi du Cambodge, ému par la catastrophe de Courrières, qui venait de provoquer la mort de mille deux cents mineurs de fond, avait fait remettre 5 000 francs-or pour venir en secours aux victimes. Pareille générosité de la part d'un roi dont ils eussent, pour la plupart, été en peine de situer le royaume fit naître chez les Français un profond sentiment de reconnaissance. La séduction de Sisowath qui, par sa bonhomie de grand-père et ses manières de divinité en visite, charma les foules et subjugua le protocole transmua ce sentiment en passion. Dès qu'il eut débarqué, chacune de ses apparitions provoquait un délire d'enthousiasme. Chaque déplacement, dont la presse ne laissait pas une minute dans l'ombre, chaque rencontre, chaque visite étaient relatés par le menu ; ses humeurs, ses tenues et les frasques de sa suite étaient décrites jusqu'au détail. Paris avait reçu bien des monarques, traités par les représentants de la République avec la considération qu'inspirait la puissance de leur Empire ; aucun ne reçut des Français un accueil aussi démonstratif que le roi Sisowath. Les chansonniers s'emparèrent du personnage, et le jeune Cocteau lui consacra sa première pièce, Sisowath en balade.


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