Auteur : Maurice Tarik Maschino
Date de saisie : 01/12/2006
Genre : Documents Essais d'actualité
Editeur : J.-C. Gawsewitch éditeur, Paris, France
Collection : Coup de gueule
Prix : 16.90 € / 110.86 F
ISBN : 978-2-35013-076-7
GENCOD : 9782350130767
Sorti le : 09/11/2006
«La mort est le produit même de la vie. Et lorsque cette vie s'épuise, le médecin, s'il la respecte, doit empêcher qu'elle se dégrade davantage : il y met fin. Par un geste très simple. Un geste ordinaire.»
Face aux tabous sociaux tenaces qui entourent la mort, Maurice T. Maschino expose dans cet ouvrage les raisons de son engagement en faveur de la dépénalisation de l'euthanasie.
L'auteur a mené une enquête approfondie auprès de divers philosophes, professionnels de la santé, responsables politiques, militants de l'Association pour le droit de mourir dans la dignité etc. Il dénonce l'hypocrite loi du silence, qui empêche tout débat et occulte cette pratique dans les services hospitaliers.
Ce paradoxe paraît d'autant plus absurde et intenable que plus de 80% des Français sont favorables à la dépénalisation de l'euthanasie et que la plupart de nos voisins européens reconnaissent à leurs citoyens le droit de décider de leur mort.
Journaliste au Monde diplomatique et écrivain, Maurice T. Maschino a publié plus d'une vingtaine d'ouvrages, notamment Vos enfants ne m'intéressent plus (Hachette Littératures, 1983) ou Parents contre profs (Fayard, 2003).
Un hôpital du centre de la France.
Guéri d'une infection respiratoire, mais trop faible pour rentrer chez lui, un octogénaire est conduit d'office, en pleurant, dans l'annexe de l'établissement, qui sert de maison de retraite. Abandonné à lui-même, déprimé, incapable de s'alimenter (personne ne s'occupe de lui), il s'infecte de nouveau. Le personnel s'impatiente et commence à parler de fin de vie :
«Le médecin évoque un cancer inexistant pour expliquer à la famille qu'il ne s'acharnera pas si la situation se dégrade. On réclame un costume propre qui est immédiatement placé bien en vue de tous, avec la mention " À mettre après le décès ". La famille ayant osé se plaindre, le convalescent se levant encore un peu, le costume est mis sur un cintre.
«Deux semaines plus tard, le convalescent se plaint du dos : il a mal aux reins de ne pas être levé quotidiennement et de ne plus marcher depuis tant de temps. En se plaignant, il signe son arrêt de mort. Pour le calmer, la morphine est dispensée à des doses le plongeant immédiatement dans une semi-inconscience et il est exécuté en quelques jours par administration de morphine à doses doublées quotidiennement.»
Ce cas, que rapporte M. Nicolas About, président de la Commission des affaires sociales du Sénat, n'a rien d'exceptionnel : dans tous les hôpitaux de France, chaque jour, des malades, qui ne demandent rien, sont exécutés. Tel ce cancéreux, qu'un médecin scandalisé récupère in extremis : «Il allait bientôt être anesthésié par les cancérologues de l'hôpital : ils ne supportaient plus de regarder cet homme qui continuait à manger, à déambuler et à marmonner avec ce qui lui restait de larynx.»
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