Auteur : Guy Baret
Date de saisie : 01/12/2006
Genre : Biographies, mémoires, correspondances...
Editeur : J.-C. Gawsewitch éditeur, Paris, France
Collection : Coup de gueule
Prix : 17.90 € / 117.42 F
ISBN : 978-2-35013-075-0
GENCOD : 9782350130750
Sorti le : 09/11/2006
Les journalistes sont-ils des imposteurs ? Les lecteurs sont-ils dupes ? Le journalisme n'est-il qu'une société d'admiration mutuelle ? Faut-il penser, avec André Comte-Sponville, que «le journalisme pousse à la médiocrité» ?
Ces questions, Guy Baret les pose avec humour et franchise dans un livre de «confessions» faussement posthumes.
Loin de toute «langue de bois», il reconnaît que le journalisme fut pour lui une activité ludique, plus futile qu'utile, et avoue s'être beaucoup trompé.
Il raconte, entre autres, comment Valéry Giscard d'Estaing lui annonça sa nomination en tant qu'éditorialiste au Figaro. Comment un directeur du Figaro l'assura que ce quotidien «a 100 000 lecteurs de trop». Comment il dut «bidonner» son grand reportage sur les traces de Jack London.
Et bien d'autres récits et anecdotes, tour à tour drôles ou choquants... Guy Baret en profite pour dresser le portrait de patrons de presse comme Robert Hersant et de certains confrères.
Un livre qui met en question la crédibilité des journalistes : on s'indignera peut-être, mais on rira surtout beaucoup !
Guy Baret fut journaliste, éditorialiste à L'Aurore, France Soir et chroniqueur au Figaro. Il est l'auteur de Comment rater l'éducation de votre enfant avec Françoise Dolto et de plusieurs pièces de théâtre.
Guy Baret, que nous pleurons à peine aujourd'hui, tant il déconsidéra le noble métier de journaliste, était un enfant du «baby-boom», comme il n'aurait pas aimé qu'on l'écrivît, lui qui traquait les anglicismes.
Il naquit donc peu après la Libération, quand les jeux cruels des choix essentiels étaient faits, ce qui annonçait déjà ses piètres qualités de reporter puisque, au cours de sa carrière, il débarqua trop souvent après l'événement qu'il était censé couvrir, quand des rédacteurs en chef téméraires ou inconscients se risquèrent à lui confier une enquête ou un reportage.
C'est dire que rien ne le prédestinait à la profession qu'il embrassa, laquelle, en retour, étouffa ce qu'il y avait de meilleur en lui, une certaine fraîcheur d'âme, sans reconnaissance pour le don qu'il lui fit.
D'autant que, devenu grand, il professait que l'information était l'ennemie du journaliste, c'est une des rares convictions temporelles qu'il défendit jusqu'au bout. «Si votre information est exacte, opinait-il, nul ne vous en saura gré, on considérera simplement que vous avez fait votre boulot. Pourquoi vous en remercier ? En revanche, si elle est fausse, le lecteur écrira au directeur et demandera votre peau qu'il aura peut-être...»
Il faut donc donner le moins d'informations possible, même exactes, car les lecteurs finissant par s'habituer à l'exactitude sont d'autant plus féroces quand on y déroge.
Il ne se contenta pas de soutenir ces thèses iconoclastes - pour lesquelles la presse n'est pas encore mûre -, il les mit en oeuvre activement. Aucun de ses lecteurs, même attentif, ne se souvient qu'il lui eût vraiment appris quelque chose.
Après l'avoir lu, on ressentait sans doute une agréable impression, tant son style était fluide, mais rares furent ceux qui purent résumer quoi que ce soit ou y trouver une information remarquable ou même aisément identifiable.
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