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La fuite en Chine

Couverture du livre La fuite en Chine

Auteur : Jean Rouaud

Date de saisie : 30/11/2006

Genre : Théâtre

Editeur : les Impressions nouvelles, Bruxelles, Belgique

Collection : Théâtre

Prix : 13.00 € / 85.27 F

ISBN : 978-2-87449-020-0

GENCOD : 9782874490200

Sorti le : 23/10/2006

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  • La présentation de l'éditeur

LA FUITE EN CHINE. On peut douter que le metteur en scène monte jamais la pièce de Claudel, mais une chose est sûre, en homme de théâtre il la place au plus haut. Au point d'offrir en présent à la jeune femme à l'esprit un peu dérangé, abordée dans la rue, le rôle d'Ysé. Ce qui ne serait qu'une façon de se monter à deux une histoire, comme on se monte la tête, si le même metteur en scène, fantasque et brouillon, n'avait l'habitude de proposer ce même rôle aux femmes qu'il séduit. Entre autres à la comédienne qui plus encore que lui attend du théâtre qu'il lui permette de dire de beaux textes. Ce qui n'est pas le cas des productions télévisuelles médiocres auxquelles elle participe et qui l'ont fait un peu connaître. Mais cela elle l'accepte, pourvu qu'en contrepartie on lui accorde un jour d'incarner l'héroïne de Partage de Midi. Alors qui sera Ysé ?
ROSE ROSE. Si cette jeune fille pousse la porte de ce commissariat c'est qu'elle a perdu quelque chose, mais quoi ? elle ne sait trop. Une chose est sûre, il s'agit moins pour elle de porter plainte, que d'apporter sa plainte. À charge pour le sergent Cicéron et l'inspecteur Ciboulot de mettre en voix son silence. Ils vont la faire parler. Quoi ? Pas d'inquiétude. L'inspecteur Ciboulot fait travailler son cerveau, logique et poétique. Et preuve que sa méthode douce est payante, il va même la faire chanter.
PRISE DE TÊTE. Le meilleur moyen de perdre la tête, c'est encore de devenir fou, mais une chose est certaine, perdre la tête rend fou. Surtout sa tête d'enfant, par la faute d'un trou de cigarette, au beau milieu d'une photo de classe. Alors, à quoi ressemblait-il, le petit Holopherne au visage brûlé ? Est-ce qu'il ne pourrait pas lancer un appel ? La radio est faite pour ça, non ?

Jean Romand est né à Campbon (Loire-Atlantique) en 1952. En 1990, son premier roman, Les champs d'honneur, paraît chez Minuit et obtient le prix Concourt ; le livre sera traduit en une douzaine de langues et vendu à près d'un million d'exemplaires. Jean Rouaud bâtit depuis une oeuvre attachante et forte, d'une grande qualité littéraire.





  • Les premières lignes

La radio a tenu bon. Alors que le théâtre apprenait à se passer du texte (au moment même où était créée ma première pièce Les Très Riches Heures, un historien du théâtre dans un entretien au journal Libération annonçait la mort du texte, dernier avatar des morts en série ayant frappé la littérature au XXe siècle), alors qu'il accordait de plus en plus d'importance au corps, à ses postures écartelées, à ses courses, à la vocifération, à l'occupation de l'espace, à l'énergie vitale, à la scénographie, aux jeux de lumière, à la fabrication d'images, comme si on n'avait retenu des fastes versaillais que les feux d'artifice au détriment des Plaisirs de l'île enchantée, alors qu'il s'ingéniait à brouiller les règles entre le plateau et la salle, entre acteurs et spectateurs, la radio, faute de pouvoir développer sur ses ondes toutes ces recherches, la radio n'a pas cédé d'un pouce sur cette vieille idée que le théâtre, non seulement ça grimace, mais ça parle, qu'il donne non seulement à voir mais à entendre, qu'on peut fermer les yeux et tout comprendre de ce qui se joue. Autrement formulé, que la parole, que l'échange de paroles, avait encore à nous dire. Dire poétiquement des choses sur le monde. Où il convient de rappeler encore et encore que la poésie est un mode de connaissance qui vaut bien la plupart des disciplines scientifiques ou pseudo scientifiques, qu'elle est la seule à considérer la rêverie comme une part constitutive fondamentale de l'être.
Et tous les auditeurs savent que la radio est une incitation à la rêverie. Ces trois textes ont été écrits pour France-Culture, et je remercie ici celles qui ont pensé à faire appel à moi. Les deux courtes pièces, Rose Rose et Prise de tête (Judith et Holopherne), étaient destinées à un programme pour la jeunesse. Elles ont été écrites moins en pensant aux enfants que j'avais du mal à imaginer l'oreille collée à la prestigieuse radio, qu'avec l'esprit d'enfance. L'esprit d'enfance, ce n'est pas retomber en enfance.


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