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Blaise Cendrars : la vie, le verbe, l'écriture

Couverture du livre Blaise Cendrars : la vie, le verbe, l'écriture

Auteur : Miriam Cendrars

Date de saisie : 20/12/2006

Genre : Littérature Etudes et théories

Editeur : Denoël, Paris, France

Prix : 32.00 € / 209.91 F

ISBN : 978-2-207-25806-4

GENCOD : 9782207258064

Sorti le : 23/11/2006


  • La présentation de l'éditeur

Un jeune homme à l'allure bohème se fait remarquer à Paris, en 1912, parmi les «montparnos», peintres, poètes, écrivains. Il apporte un souffle nouveau qui surprend, dérange. Ses premiers poèmes, Pâques à New York et Prose du Transsibérien font scandale, ils mettent un point final au symbolisme.
Il a vingt-cinq ans, il s'appelle Blaise Cendrars, un nom qu'il s'est inventé, évoquant le feu qui le brûle. Il a derrière lui une enfance douloureuse en Suisse, en Italie, en Allemagne ; une adolescence ardente mêlée à la révolution de 1905 dans une Russie d'apocalypse ; un apprentissage d'homme et d'écrivain dans un milieu d'esthètes en Belgique, puis dans un Paris de misère qui l'ignore, et enfin dans le Nouveau Monde. Libre de toute attache, il sillonne les routes, les océans, passe d'un continent à l'autre, du dedans au dehors. L'aventure est sa matière première. Engagé volontaire dans l'armée française, son bras droit est emporté par un obus en 1915. C'est un bouleversement profond : tout est changé, sa main d'écrivain et sa vision du monde. L'Or (1924), Moravagine (1926), Le Plan de /' aiguille et Les Confessions de Dan Yack (1929) transforment le concept du roman. De 1944 à 1949, L'Homme foudroyé, La Main coupée, Bourlinguer, apportent une forme nouvelle au récit autobiographique. En 1984, sa fille Miriam, s'appuyant sur ses souvenirs, ceux transmis par sa mère, et sur un fonds de documents et d'archives, publiait un essai biographique sur Biaise Cendrars. Nouant un dialogue étroit entre la vie et l'oeuvre de l'écrivain, elle tentait de pénétrer le secret de cet homme hors du commun.
La récente découverte de manuscrits, correspondance et documents inédits ont permis d'établir cette nouvelle édition, revue et augmentée.



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  • La revue de presse Nathalie Crom - Télérama du 20 décembre 2006

Il n'est pas de meilleure introduction à Blaise Cendrars (1887-1961), sa vie et son oeuvre étroitement confondues dans une seule et même dynamique fiévreuse et rêveuse, que l'ample et belle biographie que lui a consacrée sa fille, Miriam Cendrars, il y a une vingtaine d'années, et dont paraît aujourd'hui une nouvelle édition augmentée. Un travail en aucun cas académique, tant l'auteur s'y montre en empathie constante avec son «sujet», tant elle fait fi des règles qui traditionnellement président à ce genre d'exercice : distance, impartialité, équanimité. Rien de cela ici, mais un authentique, rocambolesque et fascinant roman : l'histoire d'un homme passionné par son temps et par la diversité du monde...



  • Les premières lignes

Du plat de la main, Georges Frédéric tape un grand coup sur le comptoir et fait trembler les chopes.
- Bonne, cette bière de Munich !
Il rit fort. Les têtes se tournent vers lui.
- Le voilà ! dit le patron du café assis avec ses clients, les habitués, Gagnebin, Jeanjacquet, Niestlé... Ils sourient. Us s'apprêtent à
rire. «L'oncle Georges» fait une halte là, tous les soirs, au sortir de
la boutique, avant de rentrer chez lui, rue de la Paix. Il est jovial,
intarissable sur ses faits et gestes - surtout ceux du passé... -, et
raconte inlassablement toutes ses inventions, toutes les fortunes
jamais faites avec ses inventions.
- Alors, quoi de neuf, l'ami Sauser ?
Georges accroche son chapeau melon à une patère puis, sans hâte, rallume sa pipe et approche des buveurs attablés. Ils poussent leurs chaises, lui font une place : il lui faut de l'espace, à l'oncle Georges, avec ses cent kilos. On s'écarte volontiers pour l'accueillir, on l'aime bien. Quand il entre, on sait qu'on va passer un bon moment : on n'a pas tellement de distractions, à La Chaux-de-Fonds. Et il faut le dire : il n'a jamais refusé de payer sa tournée, l'ami Georges, ou de prêter un peu d'argent à un ami besogneux. Des hommes en difficulté, il y en a, en cette année 1887. Dans toute la Suisse, les artisans sont menacés par l'implantation des usines, des grandes fabriques. Ici, dans le Jura, l'industrie horlogère va-t-elle supprimer les petits ateliers ? Déjà, pour bien des familles, les commandes de pièces ouvragées à domicile se font de plus en plus difficiles à obtenir...
- De neuf ! Mais... mais... vous ne lisez donc pas le journal !


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