Auteur : Florentine Rey
Date de saisie : 28/11/2006
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : Michalon, Paris, France
Prix : 12.00 € / 78.71 F
ISBN : 978-2-84186-328-0
GENCOD : 9782841863280
Sorti le : 21/08/2006
«Marcel, mon frère imaginaire, s'est fait désintégrer un jour à la sortie de l'école, par une autre mère interrogeant tout simplement la mienne : " Comment va votre fils aîné ? " Et là, fini l'Empire Marcel, il a sombré. Elles me l'ont exécuté sur le parvis, devant témoins et il a fallu que je distribue moi-même les tracts de démenti : ma mère ne voulait pas de fils aîné. Ainsi, pour ne pas laisser tomber l'imaginaire, j'ai travesti mon frère en fille. Marcel est dès lors devenu Blandine, Blandine-Marcel pour les intimes, histoire de ne pas oublier ses origines.»
Premier roman signé Florentine Rey, Blandine-Marcel est une porte ouverte sur un monde étrange et poétique, peuplé de métaphores et d'images surréalistes. Petit personnage curieux, fantaisiste, un brin pervers mais singulièrement touchant, le héros-héroïne, double imaginaire d'une femme-enfant, nous transporte sur les chemins que prendraient nos vies si nous laissions un peu plus de place à l'insolite et au rêve. Un voyage tendre et inattendu au cours duquel vous croiserez Welly-le-cancrelat, une armée de Martine, un motard inquiétant, Davyn Chicode, des escargots... et quelques grandes personnes.
«C'est extraordinaire, il y a beaucoup de choses à voir...» Le catalogue déborde de promesses : l'eau a l'air chaude, le vin et les fruits délicieux et le couple sur les photos, charmant, on s'en fera sûrement des amis ! C'est Welly-le-voisin-demeuré qui nous a prêté son catalogue plein de voyages. Ce n'est pas un gage de qualité, certes, mais cet été, Blandine-Marcel et moi n'avons rien trouvé de mieux pour nous amuser et occuper nos grandes vacances. On cherche un bel itinéraire, quelque chose d'un peu inédit.
Welly-le-voisin-demeuré, il est jeune comme nous, mais en version quand même bien abîmée. Il a toujours des touffes de cheveux tout gras et quelques boutons, juste dans le cou. Ça lui fait comme une collerette, une sorte de fraise, un Médicis improbable. Personne ne l'inspire le Welly et surtout pas les filles ! Ses stimulations, on les connaît : les mauvais coups. Tout le monde le sait dans la région. Un mauvais coup, c'est le Welly bien sûr ! Allez, on va lui filer sa raclée. On explique Welly par le fait qu'il n'aurait pas eu la bonne famille. Il paraît qu'il n'a pas pu aller à l'école et que, s'il n'a qu'un demi-bras à droite, c'est à cause des cachets prescrits à sa mère juste avant sa naissance. Blandine-Marcel et moi, on n'avait pas remarqué pour son bras. C'est que ça ne doit pas trop se voir. Une chose est sûre : il ne nous porte pas dans son coeur. Je pense que s'il nous a refilé son catalogue, c'est pour qu'on mette les voiles. Il n'aime pas nous voir rôder dans le quartier, ça se devine au fond de ses petits yeux ronds de têtard. Son grand regret, à Welly, c'est de ne pas aller au supermarché. Il dit que les paumés n'entrent pas au supermarché. Welly, c'est un moderne, un pauvre en vie, sapé pantalon-toile-de-lin-sale, la barbiche clairsemée, le menton bien trop large et déjà des cernes de retour du bout du monde. Il coiffe le matin ses touffes grasses avec un vieux peigne en fer et se gratte les fesses au coucher du soleil. Il confond Céline et Jules Verne, parce qu'ils font tous les deux des voyages.
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