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L'exercice du moment présent

Couverture du livre L'exercice du moment présent

Auteur : Joseph de Paris (capucin)

Date de saisie : 24/11/2006

Genre : Religion, Spiritualité

Editeur : Arfuyen, Paris, France

Collection : Les carnets spirituels, n° 53

Prix : 13.00 € / 85.27 F

ISBN : 978-2-84590-101-8

GENCOD : 9782845901018

Sorti le : 09/11/2006

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  • La présentation de l'éditeur

Les Exercices spirituels (1610) ont été écrits par le P. Joseph pour donner aux religieuses de la Congrégation du Calvaire une solide nourriture spirituelle : «La fin de ces exercices, écrit-il, est de conduire l'âme à l'union avec Dieu, ce qui se peut faire par un simple acte de foi et d'amour.»
La perspective de l'Exercice du moment présent est de le pratiquer aussi souvent que possible, en allant et venant, dans tous les moments où l'esprit est libre de se tourner vers Dieu, de «prendre en Dieu sa vie.» Cette orientation vers Dieu est radicale, l'âme «se tourne vers Dieu par une conversion totale, par un amour immédiat, pur et véritable». L'acte est donc facile, il consiste en une «simple ressouvenance» de Dieu, sans chercher à discerner de qui se passe dans la prière, ou à faire de grands examens de conscience. On reconnaît là l'enseignement donné par Eckhart dans les Discours du discernement, dont l'essentiel, repris dans les Institutions de Tauler : Dieu est le Dieu du présent et il se donne sans réticence à l'âme qui se détourne de tout ce qui n'est pas lui, immédiatement.

L'Exercice de l'union essentielle participe du même détachement des créatures pour tourner intellect et volonté vers Dieu. Cet exercice spirituel ne consiste pas à l'abstraire des créatures, mais regarder à quoi notre âme se convertit. Est-elle fondamentalement tournée vers Dieu, ou bien est-elle «convertie à la créature» ? Ici comme chez les Rhénans, le détachement n'est donc pas refus de l'incarnation, mais combat contre l'idolâtrie.

Capucin, le Père Joseph est surtout connu pour son rôle de conseiller diplomatique auprès de Richelieu : L'Eminence grise» pour qui fut inventée cette expression devenue proverbiale. En réalité, le P. Joseph semble faire peu de cas de ces responsabilités pourtant écrasantes. Son enfant chéri, c'est la congrégation qu'il a fondée (et qui existe aujourd'hui encore) : les bénédictines de Notre-Dame du Calvaire. Congrégation bénédictine, qui reçut cependant de son fondateur une empreinte spirituelle nettement franciscaine et capucine.

François Leclerc du Tremblay est né à Paris en 1577 dans une famille de noblesse de robe. Après des études en Italie et sa participation au siège d'Amiens, il rencontre, par l'intermédiaire du cercle de Madame Acarie, Benoît de Canfield, et se met sous sa direction. Il prend l'habit des capucins en 1599, sous le nom de Joseph de Paris. Avec Antoinette d'Orléans, abbesse coadjutrice de l'abbaye de Fontevrault, il mûrit des projets de réforme monastique : l'abbesse et quelques moniales quittent Fontevrault en 1611 pour fonder un nouvel institut, fortement inspiré par les idées du Père Joseph : les bénédictines du Calvaire.

A partir du 1616, et jusqu'à sa mort en 1638, la vie du Père Joseph est marquée par une forte implication dans la vie politique et diplomatique, dans l'ombre du pouvoir grandissant de Richelieu. Il lui apporte son soutien, soit comme négociateur de certains traités, comme conseiller. Dans ces tâches le Père Joseph met tout son zèle au service de la foi catholique, tentant de susciter une croisade contre les Turcs, soutenant les activités missionnaires des capucins, notamment à l'intention des protestants.





  • Les premières lignes

Extrait de l'introduction :

L'«Éminence grise», maître spirituel Capucin, le Père Joseph du Tremblay est surtout connu pour son rôle de protecteur, puis de conseiller diplomatique et ecclésiastique auprès de Richelieu. Le ministre intrigua beaucoup pour lui obtenir le chapeau de cardinal, mais, au moment où les choses allaient aboutir, en 1638, le Père Joseph mourut, ce qui lui valut le surnom d"Éminence grise", devenu en français une locution proverbiale.
Si cet homme s'est en effet dépensé sans compter en faveur de causes qui lui semblaient justes, pour la défense de son pays et de l'Eglise catholique, il n'a jamais abandonné, même au cours des innombrables déplacements suscités par ses activités politiques, l'enracinement de sa vie de religieux dans une relation vivante au Christ, nourrie par l'oraison.

Des témoins rapportent qu'il semblait faire peu de cas de son travail auprès du roi, mais que son visage s'éclairait lorsqu'on lui parlait de son enfant chéri, la congrégation des bénédictines du Calvaire dont il était le fondateur, avec Antoinette d'Orléans.
Il avait connu celle-ci alors qu'elle était abbesse coadjutrice de l'abbaye de Fontevraud, et avait mûri avec elle un projet de réforme de la vie monastique qu'on y menait. Un tel projet aboutit à une séparation d'avec l'antique abbaye, pour donner naissance à une nouvelle congrégation, les Filles du Calvaire, qui, tout en restant bénédictines, reçurent de leur fondateur une empreinte spirituelle nettement franciscaine et capucine : franciscaine par l'attachement à la contemplation de l'humanité du Christ et en particulier dans sa Passion ; capucine, par l'influence de leur maître spirituel en France à cet époque, Benoît de Canfield.
Cet anglican était venu en France après sa conversion au catholicisme et était entré chez les Capucins, récemment implantés à Paris. Reconnu rapidement comme un maître spirituel, il est l'auteur d'une Règle de perfection qui a eu une grande diffusion en Europe, après sa parution en 1610. Ce texte est un témoignage de l'influence considérable qu'a pu avoir à cette époque ce que l'on appelait alors «la mystique du Nord» et que nous qualifions plus volontiers aujourd'hui de rhénane ou de rhéno-flamande. L'union avec Dieu y est cherchée par le détachement, au delà de toute image et de tout discours. Le Père Joseph est entré chez les capucins par l'intermédiaire de Benoît de Canfield et est resté marqué par son enseignement.


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