Auteur : Henry Parland
Traducteur : Elena Balzamo
Date de saisie : 09/12/2006
Genre : Romans et nouvelles - étranger
Editeur : Belfond, Paris, France
Collection : Littérature étrangère
Prix : 19.50 € / 127.91 F
ISBN : 978-2-7144-4262-8
GENCOD : 9782714442628
Sorti le : 17/08/2006
Un roman méconnu, classique de la littérature scandinave. Partiellement autobiographique, empreinte d'illuminations et de trouvailles poétiques, Déconstructions est une oeuvre exquise sur les tourments de la mémoire et la difficulté de connaître les êtres qu'on aime, par un fulgurant auteur finnois. Amy est belle, fantasque et insouciante. Elle aime le jazz, les virées dans les cafés d'Helsinki, les promenades en automobile, les pique-niques entre amis. Elle aime jouer son argent et celui des autres, et le perdre. Et elle aime Henry. Mais Amy est morte, trop jeune. Ramenant lentement à la vie son souvenir à travers les photos qu'il a prises d'elle, Henry développe peu à peu les ravissants clichés de leur histoire d'amour. Une histoire légère, presque éphémère, faite de petites jalousies et de frivolité, où ni l'un ni l'autre ne se connaissaient vraiment. Un amour tragique qu'Henry essaie désespérément de faire revivre, faute d'avoir pu le vivre...
Né en 1908, Henry Parland est mort à vingt-deux ans en 1930. De mère allemande et de père russe, il parlait parfaitement ces deux langues. Lorsque sa famille se réfugie en Finlande en 1920, il apprend le finnois, puis choisit d'écrire en suédois. Dès 1928, ses écrits paraissent dans des magazines. Gunnar Björling, chef de file du courant moderniste finnois, le pousse vers la poésie, ce qui produira le seul livre publié de son vivant : Idealrealisation (1929), joint à cette édition sous le titre Grimaces. Durant l'hiver 1929-1930, il entreprend la rédaction de Déconstructions, qui sera publié après sa mort à partir du manuscrit et de ses notes de travail. En Scandinavie, ce roman est considéré comme un classique.
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Que Henry Parland (1908-1930) soit, chez nous, méconnu, voire inconnu, c'est une évidence : son unique roman, publié en 1932, est traduit en français pour la première fois...
Déconstructions est un roman étrange, fiévreux, glacé et passionné à la fois...
Un des poèmes de Grimaces (livret offert avec le roman), «Influenza», définit parfaitement ce qu'est Déconstructions : «Un roman/qui ne s'achève jamais/car l'amour du héros/est sans espoir/et l'héroïne/sans objectif.» On ne fait guère plus désespéré. Mais c'est assez beau, et les nouvelles, antérieures au roman, et qui le suivent dans l'édition française, hantées par l'alcool et l'échec tous azimuts, sont de brefs joyaux.
Certes, on connaît également des auteurs précoces : Strindberg compose son Maître Olof à l'âge de vingt-trois ans, Lermontov en a vingt-cinq lorsqu'il écrit Un héros de notre temps, Hugo est un jeune homme de vingt ans quand paraissent ses Odes et Ballades. De façon générale, les jeunes poètes sont plus nombreux que les jeunes prosateurs : Novalis, Pouchkine, Trakl - pour ne citer que quelques-uns. La prose a besoin de mûrir, de se nourrir d'une expérience qui ne soit pas uniquement livresque.
C'est pourquoi, lorsqu'on rencontre une oeuvre en prose significative d'un auteur mort très jeune, on ne peut s'empêcher d'extrapoler : de quels trésors la disparition prématurée de cet homme nous a-t-elle privés ? Que serait-il devenu, qu'aurait-il écrit s'il lui avait été donné de vivre plus longtemps ? L'oeuvre précoce recèle une énigme, une promesse - jamais réalisée, certes, mais néanmoins réelle -, elle pique notre curiosité, car elle ne se réduit pas à elle-même : elle est à la fois ce qu'elle est et aussi la somme des potentialités qu'elle contient. Le roman d'Henry Parland, Déconstructions, fait partie de ces énigmes-là.
Les encyclopédies sont avares à son sujet : «H. P., né en 1908 à Vyborg, mort en 1930 à Kaunas, auteur de poèmes modernistes, d'articles critiques, de nouvelles et d'un roman, Déconstructions [Sönder, en suédois], publié à titre posthume.» Cette sécheresse contraste singulièrement avec les réactions des contemporains qui, dès les premières lignes, lui reconnaissent un talent exceptionnel : «J'ai fait la connaissance d'un poète : Henry Parland, jeune, dix-neuf ans [...], concis, sûr, plus ironique que pathétique [...] - un garçon très cultivé, très fin. [...] Souviens-toi de ce nom : Henry Parland, poète !» - écrit à un ami le chef de file de la poésie moderniste en Finlande, Gunnar Björling. Qui était-il, cet enfant prodige, ce Wunderkind ?
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