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La ville de pierre

Couverture du livre La ville de pierre

Auteur : Xiaolu Guo

Traducteur : Claude Payen

Date de saisie : 22/11/2006

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : P. Picquier, Arles, France

Collection : Picquier poche, n° 278

Prix : 8.00 € / 52.48 F

ISBN : 978-2-87730-894-6

GENCOD : 9782877308946

Sorti le : 16/11/2006

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  • La présentation de l'éditeur

Jiang Corail Rouge a vingt-huit ans et vit à Pékin avec Zhuzi, comme deux bernard-l'ermite dans une coquille qui n'est pas la leur. Un jour, un colis reçu par la poste - une énorme anguille séchée - la ramène longtemps en arrière, à l'époque où elle s'appelait Petit Chien et habitait Shitouzhen, la Ville de Pierre. Dans ce petit port de pêche battu par les typhons au sud de la Chine, la mer était redoutable et, tous les soirs, les femmes guettaient sur la plage le retour de leurs maris, ces «mendiants de la mer». Mais si la petite fille de sept ans n'a jamais oublié la Ville de Pierre, c'est qu'elle y a enfoui en partant un terrible secret et que, dit-elle, rien ne peut se comparer à l'amour et la haine que j'ai éprouvés là-bas.
Cette très belle histoire nous parle de la Chine d'hier et d'aujourd'hui, des blessures fondatrices de l'enfance et de la foi en l'avenir. Sa voix se coule à notre oreille, tout près, avec une grâce et une justesse de ton que le traducteur, Claude Payen, a merveilleusement rendues.

«Une rédemption émouvante, par un auteur à l'écriture magnétique» (Elle).





  • Les premières lignes

Extrait du prologue :

Tout a commencé le jour où j'ai reçu ce colis, ce colis expédié de Shitouzhen par un inconnu, ce colis qui contenait un poisson séché.
C'était une anguille japonaise, longue d'environ quatre-vingt-cinq centimètres, fendue en son milieu mais qui avait encore ses nageoires dorsale, anale et caudale. Cette dernière était d'ailleurs particulièrement développée. Il me suffisait de regarder ce poisson pour savoir qu'il avait été salé selon la méthode ancestrale de Shitouzhen : deux kilos de sel pour cinq kilos de poisson. On voyait la cicatrice laissée par le couteau qu'on avait d'abord planté dans son ventre argenté avant de ressortir la lame pour le fendre lentement de la tête à la queue en deux parties égales reliées en leur milieu.
Pour être aussi longue, cette anguille avait dû être pêchée à l'époque où elle est la plus grasse, c'est-à-dire pendant le septième mois du calendrier traditionnel. Je pouvais parfaitement imaginer comment on avait commencé par la vider avant de l'accrocher à une poutre devant la fenêtre du côté nord, comment on l'avait laissée suspendue jusqu'à ce qu'elle fût aussi dure que la lame du couteau et comment, enfin, une main mystérieuse l'avait décrochée et avait confectionné un colis qu'elle avait envoyé à 1 800 kilomètres de là, dans la ville où je vivais maintenant avec Zhuzi.


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