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Comment m'est venue ma philosophie de vie : et autres nouvelles

Couverture du livre Comment m'est venue ma philosophie de vie : et autres nouvelles

Auteur : Lichuan Yin

Traducteur : Hélène Oskanian

Date de saisie : 21/11/2006

Genre : Romans et nouvelles - étranger

Editeur : P. Picquier, Arles, France

Prix : 14.50 € / 95.11 F

ISBN : 978-2-87730-905-9

GENCOD : 9782877309059

Sorti le : 16/11/2006


  • La présentation de l'éditeur

Quatre histoires d'un auteur de la «nouvelle vague» chinoise, poète, écrivain, essayiste et cinéaste, qui fait feu de tout bois avec pour brûlots son insolence et une bonne dose d'autodérision.
Une jeune romancière peu malmenée par la vie apprend la patience et l'espoir en combattant les cafards, entreprise éternellement recommencée. Une autre, ou est-ce la même, décide d'écrire un livre sur le peuple, mais son enquête lui révélera que le peuple est une insaisissable notion soumise à la mode et aux vents tournants de l'histoire. Ces jeunes femmes rebelles prônent l'amour libre, fréquentent des membres d'une «nouvelle humanité» et s'intéressent à Mickey aussi bien qu'aux romans chinois classiques. Autant de doubles de l'auteur, mis en scène avec une nonchalante ironie, et une liberté de ton à la Shanghai Baby.



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  • Les premières lignes

Au début de l'été, alors que je me trouvais à Pékin dans l'appartement que je loue au bord de la rivière Xiba dans le quartier de Chaoyang, j'ai cru sombrer dans la folie. A l'époque, je téléphonais à longueur de journée, essentiellement à mon copain. Les sentiments que nous éprouvions l'un pour l'autre avaient été presque entièrement gâchés par nos conversations. Le fil de téléphone s'étirait jusqu'à deux ou trois mètres, formant ainsi le rayon d'un cercle que je décrivais tout autour. Assise sur une chaise tournante noire, je bondissais de temps à autre pour écraser du pied un cafard qui courait par là tout en vociférant dans le combiné, l'oeil aux aguets, l'oreille tendue pour mieux entendre une explication pénible ou une accusation indignée. «Attends un instant !» disais-je, vibrante d'émotion. Alors un nouveau cafard surgissait sur l'étagère à trois ou quatre mètres de moi. Je posais le combiné et, un rouleau de papier hygiénique à la main, m'élançais vers lui, mais, rapide comme le vent, il se glissait presque aussitôt parmi une pile de livres. Refusant de me laisser affecter par cet échec, je retournais m'asseoir et saisissais le téléphone : «Dis-moi.» «Je te trouve trop égoïste...» répondait aussitôt mon copain en continuant à exposer ses griefs contre moi.


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