Auteur : Dominique Lacout | Christian Lançon
Préface : Laurent Hallier
Date de saisie : 14/12/2006
Genre : Sociologie, Société
Editeur : Presses de la Renaissance, Paris, France
Collection : Société
Prix : 21.00 € / 137.75 F
ISBN : 978-2-7509-0220-9
GENCOD : 9782750902209
Sorti le : 16/11/2006
La mise à mort de Jean-Edern Hallier est un livre effrayant
Un livre si stupéfiant par ses implications que l'on se surprend à penser : ai-je vraiment vécu dans cette France-là, dans cette République-là, sous la présidence de cet homme-là ? C'est la face obscure du mitterrandisme qui est ici dévoilée, et sous un jour insoupçonné. Tombé dans le piège obsessionnel tendu par un écrivain fantasque et talentueux, le président de la République, dont les secrets accumulés depuis des décennies constituent et l'armure et le talon d'Achille, met en place un système de persécution dont on découvre ici l'extravagante ampleur.
Nous connaissions déjà le passé et les amitiés troubles de François Mitterrand, président romanesque et dissimulateur. Nous n'ignorions pas que cet «aventurier sans principes et sans scrupules», dixit Jacques Chirac, aimait à confondre vie publique et vie privée. Mais une chose est de le savoir, une autre de le voir dans la pratique quotidienne, dans le détail.
Cette enquête aux accents kafkaïens reconstitue avec minutie l'histoire d'une persécution, celle de Jean-Edern Hallier qui, nous le savons désormais, disait la vérité quand d'autres se taisaient. Dominique Lacout et Christian Lançon se font au fil des pages les chroniqueurs d'un combat sans merci que se livrent un écrivain armé de sa seule plume et un chef d'État qui n'hésite pas à user contre lui de tout l'arsenal, légal et illégal, à sa disposition.
Toute notion de morale, d'honneur, de sens de l'État, de dignité enfin est pié-tinée pour des raisons chaque jour plus troubles. La mort rôde. La peur règne. Et tout est vrai, même le plus ahurissant.
Basé sur de nombreux documents inédits, cet ouvrage percutant, dérangeant, nécessaire est publié à l'occasion du 10e anniversaire de la mort de Jean-Edern Hallier.
Auteur de nombreux livres, dont une biographie de Jean-Edern Hallier, Dominique Lacout se trouvait avec l'écrivain, à Deauville, le jour de sa mort.
Journaliste et écrivain, Christian Lançon fut aussi l'informateur redouté de L'Idiot international, journal dirigé par Jean-Edern Hallier.
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On s'apprête à célébrer l'anniversaire de la mort de l'écrivain-journaliste-polémiste. Une biographie revient en détail sur sa vie tumultueuse où le faux le dispute au vraisemblable. Jean-Edern Hallier a été assassiné ! Cela nous manquait : même mort JEH bouge encore. On savait déjà que, vivant, il a été torturé a continuo par une cellule élyséenne spécialement mobilisée contre lui pour protéger les secrets du prince Mitterrand. Mais dans leur livre «La mise à mort de Jean-Edern Hallier», l'enquête de Dominique Lacout et Christian Lançon suggère une fin de l'artiste en forme de crime : le 12 janvier 1997, l'écrivain aveugle ne serait pas mort d'une simple chute de vélo...
Pour nulle part il est parti seul. Après avoir croisé Sarkozy, alors au plus creux de la vague, dans le hall de l'hôtel Normandy. Et dit à ses amis : «Vous verrez, ce type finira par revenir. Il les baisera tous !» Hallier est mort en politique, hélas. Alors que son meilleur terrain était la littérature.
Extrait de la préface de Laurent Hallier :
Il est vivant, allons au bal !
D'abord, si je devais faire l'autopsie du deuil, c'est, à l'annonce de la mort de Jean-Edern, l'incrédulité, puis le choc ou l'inverse. De toutes façons ces deux sensations se mêlent et s'alternent. Et doucement, goutte à goutte, larme à larme, le chagrin qui s'instille et s'installe, se découvre dès le réveil, présent à chaque instant. C'est un peu comme tomber amoureux mais à l'envers... Le chagrin devient parfois douleur et puis comme dit le poète, «tu réclamais le soir, il descend, le voici» et il se change en tristesse, comme une tisane amère. On dit comprendre sa douleur. C'est faux, la douleur est proprement incompréhensible. Elle est remplacée par une bouffée pure de révolte contre tout, contre tous : pas lui, pas ça ! La première révolte est contre la vulgarité de la mort : la mort est très vulgaire. On parle tout de suite d'argent, celui qu'il devait, celui qui revient du fait de sa mort. C'est la découverte de nouveaux mots : les ayants droit. Ils sont de plein droit dans leurs droits et les «qui de droit» vous le feront savoir. Et tous ces sentiments, sensations s'effilochent au cours des jours. Alors seulement commence l'évocation des souvenirs, innombrables, récents, anciens, futiles et importants. Ils arrivent par petites vagues pressées dans le ressac de la mémoire. Ils vous laissent rêveurs comme des coquillages échoués sur la plage du présent. Presque soixante ans de souvenirs ça fait un sacré troupeau qui piétine dans les nuits blanches.
Les souvenirs d'enfance dans tous les sens, joyeux ou tristes comme des enfants dans une cour de récréation. Il y a les vrais souvenirs et ceux racontés ou montrés sur des photographies jaunies. Il y a aussi les souvenirs que j'avais rappelés à Jean-Edern et qu'il a montés en épingle ou mis en scène dans ses livres. Je les reconnais à peine comme ces amis acteurs qui sortent du maquillage, leurs traits sont accusés pour qu'on puisse les voir et les lire de loin.
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