Auteur : Richard Bohringer
Date de saisie : 21/02/2007
Genre : Biographies, mémoires, correspondances...
Editeur : Denoël, Paris, France
Prix : 10.00 € / 65.60 F
ISBN : 978-2-207-25949-8
GENCOD : 9782207259498
Sorti le : 09/11/2006
C'est beau une ville la nuit n'est pas à proprement parler un roman autobiographique ni une simple biographie d'acteur, mais bien plutôt l'écriture d'une errance et d'une quête. «Une balade, l'oeil et l'esprit grands ouverts au vif de la ville et au droit de la vie, une route de douleurs, de joies et finalement d'espérances.»
Ce livre est un fragment d'itinéraire de l'homme Bohringer avant même que les écrans renvoient cette image d'une «gueule» de cinéma et que celle-ci s'impose par la forte présence d'un comédien dont les valeurs personnelles ne se réduisent pas à sa profession et au narcissisme qu'elle entretient.
Ouvert aux autres et amoureux de l'amitié, Richard Bohringer, grand lecteur de Cendrars, de Kerouac ou de London, sait donc que la raison même de l'écrivain est de mythifier la réalité de la vie, de dire vrai même dans l'imaginaire puisque «la réalité dans tout cela, ce sont les faits, les gens non pas tels qu'ils sont mais tels qu'on les vit. C'est la règle du jeu. La seule avec laquelle il est acceptable de jouer».
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La douleur est comme une pirogue qui court le long des nerfs.
Je m'étais endormi. La cloche de cette putain d'église m'a réveillé. Les chiens dorment sur les fauteuils, la tête dans leurs couilles. Au chaud.
Coin-coin lui vit sa vie. Silencieux, il vide une vieille poubelle qui traîne là depuis trois semaines. C'est le plus joli des petits canards blancs. Il est vraiment blanc. Il a le bec jaune.
Je l'avais acheté avec petit Paul sans lui dire pourquoi. Je lui ai dit. C'est Eddie qui m'a raconté qu'aux îles les marins trompés tuaient un canard blanc un jour de pleine lune au bord d'un étang.
Après ils se barbouillaient de son sang tout le corps.
Il fallait qu'ils restent deux jours, comme ça, habillés, avec le sang en dessous.
C'est un truc pour faire revenir l'âme des femmes. J'ai demandé à Eddie s'il était sûr que ça marchait. Il paraît m'a-t-il répondu. Même que le type qui se barre avec la femme meurt.
Eddie je voudrais écrire Eddie sur tous les murs. Entre chaque note tu l'entends qui respire et expire sur la couleur comme s'il avait du sang plein les mains. Eddie c'est le roi d'un peuple au hasard. Mangeur de son ! Mangeur de vie ! Hurleur de nuit ! Il est bleu avec des paillettes d'or vert dans les yeux. Il est comme la malice. Et puis romantique, nom de Dieu ! Nonchalant comme un éléphant. Enfin sauf les oreilles. Pas possible d'arriver par-derrière. Très copain avec le lion. Avec le merle aussi. Genre grande conversation dans la clairière. Avec l'âme qui s'envole aux bouts des doigts.
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