Auteur : Serge Roure
Date de saisie : 09/01/2007
Genre : Société Problèmes et services sociaux
Editeur : Michalon, Paris, France
Prix : 12.00 € / 78.71 F
ISBN : 978-2-84186-347-1
GENCOD : 9782841863471
Sorti le : 26/10/2006
Parce que la violence a sa légitimité comme la patience a ses limites.
Serge Roure a 37 ans. Il est professeur de philosophie dans un lycée de Vitrolles.
L'hiver dernier, Serge Roure, enseignant en philosophie à Vitrolles, s'est demandé : «Un professeur de la République peut-il expliquer à ses élèves que des casseurs ont raison de casser ?» Ainsi le prof a-t-il commis cette «Apologie du casseur», ouvrage aussi sincère et courageux qu'efficace et inédit. Sincère, parce qu'à ceux qui pensent que «les casseurs ont de bonnes raisons d'être mécontents, mais la manière d'exprimer leur mécontentement laisse à désirer», Roure répond que «leur action destructrice est une riposte nécessaire à des agressions multiples». Et rappelle une vérité qu'il faut cesser d'ignorer : «La violence du contexte fait la violence du casseur.» Il est plus courageux que ces gens de gauche qui se croient subversifs lorsqu'ils «prétendent enfin assumer une politique répressive, comme Chevènement ou Jospin, entourés des penseurs chiens de garde que sont Max Gallo et, avant qu'elle ne se droitise, Blandine Kriegel».
Serge Roure, jeune professeur de philosophie à Vitrolles, vient de publier Apologie du casseur, un titre qu'il faut prendre au premier degré...
Un professeur de la République peut-il expliquer à ses élèves que les casseurs ont raison de casser ?...
Pour justifier son apologie des violences et démonter la notion de libre arbitre, qu'il réfute, le jeune philosophe fait appel à Descartes, à Nietzsche et surtout à Spinoza, grand théoricien du déterminisme...
Ce livre devrait porter un avertissement, comme les paquets de cigarettes : «Attention, cet essai peut provoquer des indignations». Salutaire.
«Masqués, nocturnes, masculins, armés, ravageurs, homicides, aphasiques. Non, ce n'est pas une troupe de l'ombre sortie des enfers dans un film catastrophe qui répond à cette liste de qualificatifs, mais un déplorable réel.»
Ces lignes sont parues en novembre 2005 dans un dossier de Marianne consacré aux «vrais incendiaires» des banlieues. Craignant peut-être que ses lecteurs n'imaginent des CRS, l'auteure, la philosophe Catherine Kintzler, s'empressait d'ajouter qu'elle décrivait ainsi les casseurs.
Passons très vite sur «homicides», les intéressés apprécieront. On sait aujourd'hui que les seules morts liées aux émeutes sont celles de Bouna et Zyed, les adolescents électrocutés dans un transformateur EDF de Clichy.
Pour l'aphasie, les intéressés apprécieront aussi. Mais il est bon de relever le mépris que trahit le choix de ce terme ; au moins s'accorde-t-il avec ceux de «barbarie» et de «barbares» qui émaillent la suite de la prose civilisée de notre philosophe. Le barbare est en effet pour les anciens Grecs l'étranger, une sorte de sous-homme, de sauvage, incapable d'articuler des sons humains. Nul n'est besoin pourtant de porter aux nues la culture des banlieues pour reconnaître que les jeunes qui la pratiquent sont tout sauf des idiots aphasiques. Ils sont souvent très malins, vifs d'esprit, c'est-à-dire capables d'une pensée digne de ce nom et l'on ne pense bien que dans les mots. Le «réel» jugé «déplorable» par Mme Kintzler ne parle pas. Le rap, ça n'existe donc pas. Le slam non plus. Les joutes verbales et le goût pour la vanne encore moins. Et, forcément, tous les casseurs des nuits de novembre sont déscolarisés depuis la sixième.
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