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Brassens à la lettre

Couverture du livre Brassens à la lettre

Auteur : Chloé Radiguet

Préface : Georges Moustaki

Date de saisie : 11/12/2006

Genre : Musique, Chansons

Editeur : Denoël, Paris, France

Collection : Beaux livres

Prix : 25.00 € / 163.99 F

ISBN : 978-2-207-25873-6

GENCOD : 9782207258736

Sorti le : 09/11/2006


  • La présentation de l'éditeur

Il s'agit d'une sorte de dictionnaire amoureux, un "Brassens de A (comme Accordéon) à Z (comme Zizanie)" où défilent son univers, sa vie, ses amours, ses faiblesses, ses passions, sa vénération pour la musique et la littérature, ses doutes et ses antipathies, son art, sa philosophie, ses amitiés, les secrets et l'historique de ses chansons, les détails et les grandes lignes de son itinéraire, la face cachée et les facettes lumineuses de l'artiste, les pérégrinations de l'homme, les savoureuses digressions, la galerie de portraits des fidèles et des courtisans.
Car il y a d'innombrables Brassens en Brassens, mille personnages qui composent son personnage...
Chloé Radiguet les a approchés méticuleusement, avec humour, lucidité, impartialité, avec tendresse et admiration. Il y a, dans cet ouvrage, un pied de nez à l'hagiographie laudative et barbante, en lui préférant la richesse de l'anecdote, les confidences insolites, les citations éloquentes ; tout ce qui rend Brassens si attachant, si familier, si surprenant.

Georges Moustaki

Chloé Radiguet, «parisétoise» depuis dix ans, vit à Paris et à Sète, la ville natale de Brassens.
Chroniqueur littéraire pendant une quinzaine d'années, elle se consacre désormais à l'édition. Auteur de nouvelles et de textes critiques sur nombre d'auteurs classiques, elle a dédié à son oncle Raymond Radiguet Fragments suivi de Traits, portrait (Regard, 1989 ; éditions Exantas/Odos Panos, Athènes, 1999), et Raymond Radiguet de Saint-Maur-des-Fossés (Alexandrines, 2000).
En collaboration avec Julien Cendres, elle a publié les Oeuvres complètes de Raymond Radiguet (Stock, 1993), Le Désert de Retz, paysage choisi (préface de François Mitterrand, Stock, 1997), l'Oeuvre poétique de Raymond Radiguet (préface de Georges-Emmanuel Clancier, La Table ronde, 2001) et Raymond Radiguet, un jeune homme sérieux dans les années folles (Mille et Une Nuits, 2003).





  • Les premières lignes

Extrait de l'avant-propos de Chloé Radiguet :

Brassens est entré tôt dans ma vie, et un peu en contrebande. À l'aube de mes dix ans, j'écoutais en cachette ses trois premiers disques. Appartenant à mon frère Marcel, envoyé au beau milieu d'une guerre, loin, très loin, de l'autre côté de la mer, ils m'étaient un lien vivant et secret avec lui. Les yeux fermés, blottie dans un pull immense, je me laissais bercer, emporter par la voix chaude et rugueuse. Quelques chansons me sont alors entrées dans le coeur, à jamais : Le Petit Cheval, triste et beau ; La Chasse aux papillons, joyeuse et sautillante ; Les Sabots d'Hélène, entre tendresse et folklore ; Pauvre Martin, tragique et simple ; Il suffit de passer le pont, invitation à la danse et à l'aventure ; Une jolie fleur, surtout pour les gros mots «peau d vache» ; enfin, le délicieux Auprès de mon arbre qui me semblait un clin d'oeil personnel : juchée sur une branche, dissimulée par le feuillage, je m'absorbais souvent dans des lectures clandestines...

Dans une maison où les livres étaient légion, il n'entrait guère de chansons. Brassens fut pour moi l'ambassadeur d'un monde méconnu. Mise en musique, la poésie se fit proche, et la chanson ne me parut pas si loin de la littérature. Je compris en l'écoutant, encore et encore, combien les «faiseurs de couplets» savaient parfois être poètes - même s'ils s'en défendaient -, combien leurs écrits pouvaient atteindre à l'intemporel, à l'universel.
Brassens se veut simple troubadour, parle de la «chansonnette» qui serait seulement «la petite soeur bâtarde de la poésie et de la musique», et il renchérit : «La pauvre enfant regarde ses deux aînées avec admiration et un peu d'amertume. C'est Cendrillon.» Peut-être, mais dans le conte, «la petite» est bel et bien la reine du bal !

Les chansons, la manière de Brassens m'ont toujours évoqué le lin pur, la soie sauvage : des aspérités - minimes imperfections - disent la matière non domestiquée, et sous l'apparence un peu brute la véritable beauté. (..)

L'artiste et l'homme, chez Brassens, ne font qu'un. Entre ses chansons et sa vie, nulle incohérence. Sans doute est-ce là l'aspect le plus touchant, le plus attachant de sa personnalité - et le secret d'une vie fertile en amitiés.
Tant recevoir suscite à coup sûr l'envie de donner, de transmettre...


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