Auteur : Mikaël Ollivier
Date de saisie : 14/07/2007
Genre : Policiers
Editeur : Albin Michel, Paris, France
Collection : Spécial suspense
Prix : 17.00 € / 111.51 F
ISBN : 978-2-226-17353-9
GENCOD : 9782226173539
Sorti le : 02/11/2006
Un craquement lugubre et le sol se dérobe sous les crampons des quatre alpinistes.
A l'aube, les hélicoptères des secouristes dansent un inquiétant ballet au-dessus du glacier du Tour. Les lignes de sonde se mettent en place, les chiens d'avalanche font leur travail. Trop bien peut-être ? Ce ne sont pas quatre, mais cinq corps que l'on sort de la neige. Exilé dans la vallée de Chamonix pour fuir un passé qui le hante, le lieutenant Le Kerrec est chargé d'éclaircir l'énigme. La mort de l'inconnu des glaces et l'assassinat sauvage, quinze ans plus tôt, d'un joaillier et de sa femme seraient-ils liés ? Secrets de famille, mensonges collectifs, destins volés, meurtres barbares, il faudra au jeune officier de la Brigade des Recherches déployer des trésors d'humanité et d'obstination pour ne pas sombrer sous le poids d'une enquête qui réveille ses propres démons...
Un suspense angoissant où l'on retrouve la marque de l'auteur de Trois souris aveugles, prix Polar 2003.
Prologue :
La chouette se laissa tomber dans un froissement d'ailes, cassant les vertèbres du rongeur d'un coup de bec. Un couinement de douleur, puis à nouveau le silence. L'oiseau commençait à déchiqueter sa proie, quand un bruit l'alerta. Ses yeux ronds scrutèrent la nuit, puis il s'envola, abandonnant la carcasse sanglante à la neige.
Trois silhouettes avaient jailli du luxueux chalet dressé au milieu de la clairière. Elles coururent jusqu'au couvert des grands sapins puis s'élancèrent sans reprendre haleine sur le chemin forestier. La lune sortit de derrière les nuages, ils étaient quatre maintenant. Quelques mots furent échangés, des ordres donnés, des cris étouffés. Puis ce fut le bruit de deux moteurs qui démarrent. Une moto s'éloigna en premier, suivie de près par un 4 x 4 au diesel fatigué.
Le ciel se referma et ce fut comme si rien ne s'était passé. Pourtant, le silence revenu n'avait rien, de la froide quiétude d'une nuit d'hiver en montagne. Il était épais et vibrant, si lourd qu'aucun animal alentour n'osa le moindre mouvement. La porte du chalet était restée ouverte et, sur le marbre blanc du vestibule, une mare de sang se coagulait.
L'édition du 27 février 1991 de L'Écho de la Vallée titra : «Massacre près de Vallorcine». Celle du Dauphiné libéré : «Sous la marque du diable» ! La presse nationale s'empara aussitôt de l'événement.
Les jours suivants, on ne parla plus que du double assassinat du couple de Suisses, des signes sataniques tracés sur un mur avec le sang de l'homme, et de ceux gravés à même la peau de sa compagne retrouvée égorgée dans leur lit.
Plus que leur sauvagerie, ce fut la gratuité de ces meurtres qui frappa les esprits. Rien n'avait disparu dans le chalet, et chacun se dit qu'il aurait pu être la victime de cette barbarie sans mobile. Les foyers s'équipèrent de fusils et de carabines et, pendant des semaines, on entendit des coups de feu dans la montagne. Femmes et hommes s'entraînaient au tir, bien décidés à vendre chèrement leur peau si ceux que la presse avait baptisés «Les bourreaux de Vallorcine» attaquaient de nouveau.
Mais rien ne se passa. Avec le temps, le calme revint sur la vallée et les fusils furent rangés dans les placards. L'enquête mourut d'elle-même ; ce double meurtre aurait dû rester à jamais dans la pile des affaires non résolues.
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