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Dictionnaire amoureux des trains

Couverture du livre Dictionnaire amoureux des trains

Auteur : Jean Des Cars

Illustrateur : Alain Bouldouyre

Date de saisie : 31/10/2006

Genre : Dictionnaires, encyclopédies

Editeur : Plon, Paris, France

Collection : Dictionnaire amoureux

Prix : 24.00 € / 157.43 F

ISBN : 978-2-259-20340-1

GENCOD : 9782259203401


  • La présentation de l'éditeur

Qui n'a rêvé de monter à bord de l'Orient-Express, du Transsibérien, du palace sur rails des maharadjahs ou encore de s'embarquer avec Paul Morand, Agatha Christie, Valéry Larbaud et Joseph Kessel ?
Avec Jean des Cars, vous allez exaucer ces rêves. Vous voyagerez dans ces trains mythiques ou dans les chemins de fer de notre enfance, ces merveilleux tortillards de campagne haletants et soufflants, que des amateurs déterminés font rouler du Vivarais à la Baie de Somme, de l'Alsace à la Provence.
Le train, sous toutes ses formes, est depuis un siècle et demi le créateur d'un monde nouveau d'émotions et d'art de vivre. De Labiche à Zola, de Hitchcock à Truffaut, les trains du mystère, du drame et de l'amour sont l'univers favori de l'auteur. De la vapeur au TGV, il enchantera votre lecture.
Un livre raconté par un écrivain qui, comme son arrière-grand-père, ne peut voir partir un train sans être du voyage.

Journaliste, historien, Jean des Cars est aussi, comme il se qualifie lui-même, un «ferrovipathe», auteur notamment de plusieurs livres de référence sur les trains de luxe.





  • Les premières lignes

Prologue sous pression...

«On va faire du train !» Le cri, libérateur, était lancé. Mes parents et mes grands-parents maternels, qui adoraient les voyages ferroviaires, savaient qu'ils ne pouvaient me faire un cadeau plus somptueux. On allait prendre le train ! Pas pour un petit parcours mais pour une soirée, une nuit et un début de matinée. On allait loin, vers le Midi ou les Alpes du Sud. C'était magique : je ne tenais plus en place, je sautais dans l'appartement, fou de joie, et deux jours avant le départ je ne parvenais pas à m'endormir. Seul me bercerait le bruit ensorcelant, le fameux «tagada, tagada, tagada» (j'admets d'autres traductions de ce langage mécanique des roues sur les intersections des rails plus courts qu'aujourd'hui)... Et encore ! J'étais comme les locomotives à vapeur, sous pression.
C'était au début des années cinquante. Un voyage exigeait encore une préparation, comme dans les romans de Jules Verne, l'un de mes plus fidèles compagnons de jeunesse. Même si la lecture d'une carte ou d'un itinéraire était une habitude excitante, je connaissais par coeur notre périple. C'en était un. Je me récitais des noms, mythiques pour moi seul et les inconditionnels : Laroche-Migennes, Livron, Blancarde... La gare de Paris-Lyon fut celle de mes premiers rêves. Edith Piaf a chanté qu'il y a des gens bizarres dans les trains et dans les gares, mais moi je ne voyais que des pèlerins d'un art du voyage, aujourd'hui presque disparu. J'aimais déjà l'extraordinaire Buffet, dit du Train Bleu*, avec ses peintures 1900 évoquant des pays de soleil, ses femmes à voilette et ses messieurs à canotier et, bien sûr, le campanile à l'énorme horloge qui sanctionnait nos retards éventuels. Très éventuels car, bien entendu, comme dans une pièce de Labiche, nous arrivions, affolés, au moins une heure à l'avance. Régulièrement, un chef de gare (car je ne pouvais admettre un autre grade pour répondre aux interrogations familiales) nous informait :
- Le train n'est pas encore formé...
Alors, je guettais le bout de la voie qui se multipliait en un écheveau d'acier d'où émergerait enfin la rame qui m'emporterait au bout de la nuit.


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