Auteur : Edeet Ravel
Traducteur : Bernard Cohen
Date de saisie : 07/12/2006
Genre : Romans et nouvelles - étranger
Editeur : Belfond, Paris, France
Collection : Les étrangères
Prix : 19.50 € / 127.91 F
ISBN : 978-2-7144-4137-9
GENCOD : 9782714441379
«Je suis Sonia Vronsky, professeur de mathématiques à l'université de Tel-Aviv, et ceci est le récit d'une journée de la fin août. En ce jour peu commun, j'ai embrassé un étudiant, poursuivi un amant, retrouvé mon père et quitté mon frère.»
Ainsi commence l'odyssée de Sonia, trente-deux ans, sourde et surdouée à la fois. Dans le Tel-Aviv d'aujourd'hui, où son excentrique famille esquisse le portrait en creux d'Israël, la jeune femme se lance à la poursuite de l'amour, à la manière d'un conte oriental moderne.
Au récit de Sonia viennent s'entremêler la voix de Noah, son neveu, qui écrit son journal intime dans les années 80 et y raconte son enfance et son adolescence sur fond d'Intifada, et celle d'Anna, la mère de Sonia, émigrée russe fraîchement débarquée en Israël en 1957, alors que le pays était plein d'espoir...
Edeet Ravel est née en 1955 dans un kibboutz et a grandi au Canada. Partageant son temps entre Israël et le Canada, elle milite aujourd'hui pour la paix au Proche-Orient. Après Dix mille amants (Belfond, 2005), Un mur de lumière est son deuxième roman publié en France.
«Un mur de lumière confirme qu'Edeet Ravel est un auteur original offrant une perspective unique sur Israël.» Canadian Press
«Jonglant adroitement avec le poids d'un passé chargé et la vive intensité du présent, Edeet Ravel a écrit un livre qui irradie, plein de suspense, de mystère et d'esprit.»
Toronto Star
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Un mur de lumière à la place d'une longue muraille de béton : c'est l'espoir que caresse Edeet Ravel, qui vit entre Israël et le Canada. La romancière, devenue militante pacifiste grâce aux investigations menées pour préparer ce second roman, braque un projecteur cru sur la situation de son pays d'origine...
Un roman sans concession où la passion règne en maître.
SONIA
JE SUIS SONIA VRONSKY, professeur de mathématiques à l'université de Tel-Aviv, et ceci est le récit d'une journée de la fin août. En ce jour peu commun, j'ai embrassé un étudiant, poursuivi un amant, retrouvé mon père et quitté mon frère.
La matinée a commencé par des éternuements en série. Ils ont interrompu le rêve que j'étais en train de faire : j'étais dans une cabine d'ascenseur vitrée qui avait quitté sa cage pour fuser entre d'immenses constructions futuristes. Comme dans un livre d'Asimov, ai-je pensé, et je commençais juste à apprécier la sensation de vitesse et le spectacle quand les éternuements m'ont réveillée.
J'aime dormir avec les volets ouverts, sentir le soleil sur mon corps dès que je sors du sommeil. Un monde chaud et lumineux m'attend, ou du moins c'est ce que j'imagine. En temps ordinaire, j'aurais éteint le climatiseur, ouvert la fenêtre et contemplé notre jardin, puis j'aurais levé mon visage vers le ciel et aspiré l'air sucré et oppressant du mois d'août. Ce matin, pourtant, les éternuements m'ont distraite de cette routine : mes allergies de la fin d'été étaient arrivées.
Je me suis redressée dans mon grand lit. Sur la table de nuit, j'ai attrapé la boîte de mouchoirs en papier multicolores et je l'ai installée entre mes genoux, qui émergeaient comme deux îlots sous les draps. Un bateau-boîte en équilibre précaire.
Quand j'étais petite, ma mère, qui dormait près de moi, accompagnait toujours son baiser de bonne nuit d'une citation, affectueuse si elle était à jeun - «Viens, vis avec moi et sois mon amour», par exemple -, plus sombre si elle avait bu - «Eteins-toi donc, court flambeau !». Ensuite, dans la pénombre, je me nichais contre sa chemise de nuit en dentelle et je respirais son parfum de cannelle. Oiseau nocturne, ma mère n'était pas d'humeur aux citations, à son réveil ; moi, au contraire, je suis plus attirée par la poésie le matin qu'à l'heure du coucher, et je crois aussi que mon répertoire est moins guindé que le sien. «Vous êtes vieux, père Williams», ai-je commencé, mais un éternuement m'a empêchée de continuer.
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