Passion du livre - tout sur le livre : La Cause freudienne. Nom du père

Recherche

Recherche simple
Recherche multi-critères

La Cause freudienne. Nom du père

Couverture du livre La Cause freudienne. Nom du père

Date de saisie : 29/10/2006

Genre : Psychologie, Psychanalyse

Editeur : Ecole de la cause freudienne, Paris, France

Prix : 16.00 € / 104.95 F

ISBN : 978-2-905040-54-1

GENCOD : 9782905040541


  • La présentation de l'éditeur

Hommage à Freud
Freud et l'objet de notre transfert à la Cause Le cas Dora et l'invention du symptôme L'homme aux rats et sa dette infinie Le petit Hans et son «fait-pipi»
Pierre-Gilles Guéguen - Marie-Hélène Brousse - Philippe La Sagna - Eric Laurent

Visages de la jeunesse

La modernité ironique et la Cité de Dieu
L'angoisse du lycéen
Ce que Génie veut dire
Trouver à qui parler
Les mille et une fictions de l'adolescent
Le sexe faible des ados : sexe-machine et mythologie du coeur
Philippe Lacadée - Pierre Zaoui - Noëlle De Smet - Jacqueline Dhéret - Laure Naveau - Serge Cottet

Le nom du père, s'en passer, s'en servir

Un nouvel amour pour le père
Le cauchemar d'un monde sans Dieu
Le père de la loi et le père de la cause
Un self-made-man
L'énigme portée à la puissance de l'écriture
Pour le meilleur et pour le père
Eric Laurent - Marco Focci - Francesca Biagi-Chai - Anne Lysy-Stevens - Marie-Hélène Briole - Catherine Lazarus-Matet

Le Séminaire de Jacques Lacan
Une lecture du Séminaire D'un Autre à l'autre
Jacques-Alain Miller

Entretien
D'une langue à l'autre
Nurith Aviv

Études lacaniennes
Paradigmes de la clinique
Gilles Chatenay

Instantanés
Le monde comme il va - Le pinceau de lumière
Flash... Chroniques... A lire... Télémavision...



logo fnacCommander ce livre sur Fnac.com



  • Les premières lignes

Freud et l'objet de notre transfert à la Cause
Pierre-Gilles Guéguen

Lacan disait de Freud : «Qui mieux que lui avouant ses rêves, a su filer la corde où glisse l'anneau qui nous unit à l'être, et faire luire entre les mains fermées qui se le passent au jeu du furet de la passion humaine, son bref éclat ? Qui a grondé comme cet homme de cabinet contre l'accaparement de la jouissance par ceux qui accumulent sur les épaules des autres les charges du besoin ? Qui a interrogé aussi intrépidement que ce clinicien attaché au terre-à-terre de la souffrance, la vie sur son sens, et non pour dire qu'elle n'en a pas, façon commode de s'en laver les mains, mais qu'elle n'en a qu'un, où le désir est porté par la mort ? Homme de désir, d'un désir qu'il a suivi contre son gré dans les chemins où il se mire dans le sentir, le dominer et le savoir, mais dont il a su dévoiler, lui seul, comme un initié aux défunts mystères, le signifiant sans pair : ce phallus dont le recevoir et le donner sont pour le névrosé également impossibles.» Ainsi, à la fin de son écrit intitulé «La direction de la cure et les principes de son pouvoir», faisait-il de Freud comme un exemple, une exception, l'objet d'une admiration : Homme de désir, presque «L'homme du désir», du désir du psychanalyste en tout cas. Mais, en dépit de la vibrance de cet hommage, dont la beauté d'écriture demeure saisissante, le rapport de Lacan à Freud n'a jamais été uniforme. Il s'est déployé dans une grande variété de formulations à travers lesquelles perce la complexité de la transmission qui s'est opérée de l'un à l'autre. S'il l'avait «à la bonne», selon l'expression familière qu'il affectionnait, Lacan l'avait aussi «à l'oeil». S'il est vrai que le transfert est susceptible de varier grandement, en intensité et selon les moments, Lacan en a lucidement donné le témoignage. Il aurait, dit-on, qualifié son lien à Freud de «transfert négatif», et d'ailleurs il ne se prive pas de produire certaines assertions qui en rendent compte.
C'est, pour qui lit Lacan, une évidence qui crève les yeux. Et d'ailleurs, comment s'imaginer que Lacan, le flamboyant, l'amateur de femmes, l'homme aux mille vies, l'ami des surréalistes épris de vitesse et de belles voitures, ait tenu en haute estime le mode de jouir casanier de l'homme de cabinet qu'était Freud ?
À ses yeux, la dépendance, qu'il qualifie d'«uxorieuse», de Freud à sa femme, son attachement à Marie Bonaparte, son autoritarisme, et bien d'autres traits encore, ne trouvent pas grâce ; et il l'exprime publiquement à l'occasion, affirmant quelquefois avec une pointe de sarcasme l'opposition de leurs jouissances.
Il le fait cependant avec la lucidité de celui qui a connu le travail du divan, tout en reconnaissant à Freud d'avoir lui-même découvert l'impossibilité logique qui réside dans le commandement d'aimer son prochain comme soi-même. Tant il est vrai que l'expérience de l'analyse met en évidence «l'ambivalence par quoi la haine suit comme son ombre tout amour pour ce prochain qui est aussi de nous ce qui est le plus étranger».


Copyright : Studio 108 2004-2008 - Informations légales - Vous êtes éditeur ?
Programmation : Olf Software - Infographie, XHTML/CSS : Gravelet Multimédia - Graphisme : Richard Paoli