Auteur : Corinne Jaquet
Date de saisie : 28/10/2006
Genre : Biographies, mémoires, correspondances...
Editeur : Slatkine, Genève, Suisse
Prix : 25.00 € / 163.99 F
ISBN : 978-2-8321-0255-8
GENCOD : 9782832102558
Pendant plus de cinquante ans, Me Dominique Poncet fut au coeur de la vie judiciaire genevoise. Avocat, professeur, juriste, il passait d'une fonction à l'autre avec le même bonheur, la même efficacité. Dans ce livre, l'auteur évoque des procès marquants comme l'affaire Cornfeld, le procès Bauer, l'affaire Gelli, des dossiers d'entraide internationale, Bozano, Duvalier ou Trujillo, et plus localement, celle dite «de la Princesse russe» ou encore du médecin aux 1800 avortements, l'affaire du hold-up de Carouge, celle du parricide des Tattes, ou de l'infanticide des Acacias, autant de cas à la défense desquels Dominique Poncet fut exemplaire. Alternant récit des jugements et portrait de Me Poncet, ce livre parcourt un demi-siècle d'histoire judiciaire et nous fait mieux connaître l'immense avocat en lui rendant l'hommage qu'il méritait.
Corinne Jaquet dirige aujourd'hui un journal communal à Veyrier, dans la campagne genevoise. Elle est l'auteur d'une douzaine d'ouvrages, dont huit romans policiers, tous situés à Genève. Pour ce livre, elle a repris sa plume de chroniqueuse judiciaire longtemps appréciée dans les colonnes du défunt quotidien «La Suisse».
«LE GOÛT DE LA DÉFENSE, C'EST CELA QUI A FAIT DE MOI UN AVOCAT.»
Et l'exemple de Dominique Poncet, c'est cela qui a fait de nombreux autres avocats.
«Dominique ne laisse pas une trace, mais un sillon» dit le bâtonnier Marc Bonnant. «Nous sommes cent, mille à être avocats parce que Dominique Poncet l'était. Parce que nous l'avons rencontré. Dominique désignait une voie - toujours les chemins escarpés -simplement en étant. Nous ne vivions pas le découragement ou la fatigue parce que lui ne les vivait pas. Nous acquérions une certaine vision de l'avocat parce que lui l'avait. Une vision que ni le temps, ni les succès, ni les hommages innombrables n'ont corrompue. Qu'il était beau et roboratif de voir et d'entendre le Professeur travailler. L'admiration exauce et exhausse... celui qui admire.»
Dominique Poncet avait la passion de défendre. Il s'en faisait un devoir, une noblesse. Celle de rendre les hommes libres. En leur procurant surtout un traitement équitable.
«Je n'aurais pas de plaisir à plaider pour un révisionniste, même si je ne comprends pas qu'on ne le laisse pas s'exprimer, disait-il dans L'Hebdo en mars 2001. En revanche, j'aurais volontiers défendu Dutroux parce que personne ne veut le défendre.»
Le professeur Poncet rejoignait dans cette thèse son confrère et ami Jacques Vergés. Les deux hommes avaient d'ailleurs, ensemble, provoqué un événement en prétendant reprendre la défense de Farinet et obtenir sa réhabilitation, en juillet 2000.
«C'est l'honneur de l'avocat, disait Dominique Poncet, d'accepter toutes les causes. Et plus le client est abominable, plus c'est honorable.» Parce que, ajoutait-il, l'avocat n'a pas à épouser la thèse de son client. Il doit l'exposer le mieux possible et permettre ainsi que la justice se fasse. «Ce qui compte, ce sont les preuves produites, les faits.» Faisant référence, en fin juriste, au droit anglo-saxon, il souligne qu'on n'entendra jamais un «barrister» dire «j'ai la conviction que...» Lui qui est susceptible de s'attacher un jour à la défense et le lendemain à l'accusation doit conserver avec la cause une distance faite de pièces du dossier et d'éléments probants. On se moque de son avis personnel, en quelque sorte...
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