Auteur : André de Rocca
Date de saisie : 19/10/2006
Genre : Romans et nouvelles - français
Editeur : Autres temps, Gemenos, France
Prix : 14.00 € / 91.83 F
ISBN : 978-2-84521-267-1
GENCOD : 9782845212671
La scoumoune serait-elle attachée aux basques de Marcel Rustino ? On pourrait bien le croire. Devant lui, en toutes circonstances, s'amoncellent les cadavres.
Un grand concours de boules à Marseille : un meurtre. Un match de l'OM au Stade Vélodrome : un deuxième meurtre. Une étape du Tour de France à l'Alpe d'Huez : un troisième meurtre.
La série noire a débuté le lundi 2 juillet au parc Borély. Marcel et son pote le commissaire Jacques Léandri sont persuadés qu'elle prendra fin le vendredi 13 juillet avec un treizième meurtre, à l'occasion de la soirée Treiz'Olvmpique au fort Saint-Nicolas qui domine le Vieux-Port.
Un troisième roman policier, vraiment made in Marseille, teinté d'humour et de gouaille avec, en toile de fond, toute l'actualité du moment.
Décidément, André de Rocca ne cesse de nous entraîner dans un monde à part : le sien.
André de Rocca est journaliste sportif depuis une quarantaine d'années dans les quotidiens marseillais. Réputé pour son franc-parler, il tient une chronique quotidienne sur France Bleu Provence et collabore à de nombreux magazines.
Lundi 2 : mort au parc Borély
- Oh, Jo, tu serais pas en train de nous faire la carrée par hasard ?
Planté devant la boule que celui qui ne pouvait plus désormais être son ami venait de rater, les bras levés au ciel, Marcel donnait l'impression de mijoter dans une colère noire.
Pourtant, lorsqu'il jouait à la pétanque, en règle générale, il était plutôt du genre calme et patient.
Cool, auraient dit dans un meilleur français quelques-uns de ses jeunes confrères.
Hyper cool même, lorsqu'il jouait des parties de limonade. C'est-à-dire des parties qui comptaient pour du beurre. Il se disait alors que gagner ou perdre c'était kif kif bourricot. Ce qui, en langage châtié, pouvait se traduire par bonnet blanc et blanc bonnet.
Il y a belle lurette, en effet, qu'il s'était rendu compte que, vainqueur ou vaincu, une fois la partie terminée il était obligé, devant le comptoir, de s'aligner de sa propre tournée. Sauf, bien sûr, à passer pour un mec qui avait des oursins dans les poches. Et cette longue expérience lui avait aussi appris qu'une tournée de vainqueur était bien plus déssoiffante qu'une tournée de vaincu. Mais aujourd'hui, c'était une autre paire de manches.
En ce lundi matin 2 juillet, pour la première fois depuis qu'il s'alignait au départ du Mondial à Pétanque du quotidien régional La Marseillaise, soit depuis 43 ans, il avait réussi à passer le cap du premier jour. Ce fatidique dimanche qui renvoyait au turbin les trois quarts des engagés.
Pour être objectif, il convient de dire que ce n'était pas un grand exploit.
Avec ses potes Loulou et José - son milieu et son tireur -, il n'avait pas eu besoin de sortir le grand jeu.
Le dimanche matin, pour la première partie, ils avaient gagné par forfait.
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