Auteur : Bernadette Barrière | Nicole de Blomac
Préface : Daniel Roche
Date de saisie : 18/10/2006
Genre : Nature, Animaux
Editeur : PULIM, Limoges, France
Prix : 35.00 € / 229.58 F
ISBN : 978-2-84287-404-9
GENCOD : 9782842874049
Cet ouvrage collectif se veut la somme des regards critiques portés par neuf historiens sur l'histoire de ce cheval de grande et ancienne réputation quasi mythique. Si sa présence, même assez impalpable, est très tôt avérée dans les trois départements limousins (Jean-Marie Allard et Robert Chanaud), il est devenu très vite le prototype du cheval de selle, élégant, solide et vaillant au combat, indispensable à l'officier et au propriétaire noble (Alain Blanchard et Jean-Pierre Delhoume). Ayant résisté aux évolutions du XIXe siècle et à la mort annoncée du cheval de selle (Philippe Grandcoing et Pierre Vallin) au travers des courses de plat et obstacles, de la chasse, du développement des routes (Stéphane Capot) et du dépôt de remontes de Guéret (Samuel Gibiat) et enfin des challenges que s'imposent les militaires, ce cheval, rebaptisé Anglo-Arabe du Limousin, se retrouve très vite au centre de toutes les nouvelles activités sportives (Nicole de Blomac) qui sont à l'origine des compétitions équestres contemporaines. Un cheminement qui offre un regard neuf sur cette entité historique qu'est le cheval et aussi sur les hommes qui, en Limousin, l'ont fait naître, s'en sont servi et ont su en parler.
Nicole de Blomac, une directrice de l'ouvrage
Cet ouvrage collectif se veut la somme des regards critiques portés par une équipe d'historiens sur ce cheval de grande et très ancienne réputation, toujours décrit comme le prototype du cheval élégant et solide, vaillant au combat et parfaitement adapté à ses conditions de vie. Au fîl des siècles, sa supériorité comme cheval de selle idéal pour l'écuyer, le propriétaire noble et l'officier de cavalerie légère a été soulignée et entretenue par tous les polygraphes équestres. Si l'importance prise par la voiture puis la disparition de la cavalerie ont fait chuter les effectifs, les chevaux de selle ne disparaissent pas pour autant du Limousin. Au travers des courses de plat et d'obstacles, qui ont débuté très tôt, de la chasse au sanglier et au loup, des challenges de tous niveaux que s'imposent les militaires, les chevaux limousins se retrouvent vite au centre des nouvelles activités appelées aujourd'hui sports équestres ou de loisir.
C'est cette histoire qu'éclairent les différentes contributions tout en proposant un nouveau regard sur ce cheval et sur les hommes qui, en Limousin, l'ont fait naître, s'en sont servis et ont su en parler.
Extrait de la préface de Daniel ROCHE Professeur au Collège de France :
Le cheval limousin : prestige d'une production aléas d'une consommation
(XIe-XXe siècles)
Le 5 juin 1787, Arthur Young, cavalier, agronome qui préfère les bovins aux chevaux, membre reconnu de la gentry britannique, propriétaire, arrive de Paris à Limoges sur sa jument. Après la triste Sologne, après la vallée admirable et pittoresque d'Argenton-sur-Creuse, après les bocages qui séparent le Berry de la Marche, la succession de beaux bois, de vallées, de collines, le voilà en Limousin. A ses yeux, l'aspect général du pays est de beaucoup le plus beau qu'il ait vu en France. Sans aucun doute, il lui rappelle l'Angleterre et il anime son imagination, feuillage ombreux des châtaigniers, charmante verdure des collines, bocages, bruyères qu'un rien pourrait transformer en pelouse - entendez en prairies riches en fourrage - lacs artificiels et naturels, horizon de hauteurs montueuses, c'est un paysage américain, assez sauvage pour qu'on imagine y rencontrer le tomahawk de l'indien. Les routes sont superbes, mais les auberges sont exécrables. Turgot et les ingénieurs des Ponts et Chaussées sont passés par là, travaillant aux unes, ne veillant guère aux secondes. Dans ces sites qui conviennent au cavalier britannique, l'eau se rencontre à chaque pas, les prés sont riches et la variété des terres et des points de vue infinis. Au printemps, en automne, qui peut à l'instar d'Arthur Young ne pas céder aux charmes du tableau, surtout à qui se donne la peine de suivre les chemins écartés et qui prend le temps de regarder les nuances du paysage entre Limoges et Pierre-Buffière, de Bourganeuf à Uzerche. En 1787, jusqu'à Pompadour, dans le texte de Young, point de chevaux et d'ailleurs peu d'hommes sauf dans les vallées, et encore plus surprenant peut-être pas de boeufs, pas de vaches. Ce n'est pas le moindre paradoxe d'un récit de voyage guidé par les préoccupations agronomiques et que l'on voit ici exalter la variété et la beauté d'un pays, singulière et riche et quasiment comparable à celle de l'Angleterre et de l'Irlande dotée de la même variété et d'une identique succession rapide de paysages divers.
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