Date de saisie : 16/10/2006
Genre : Psychologie, Psychanalyse
Editeur : Erès, Ramonville-Saint-Agne, France
Prix : 17.00 € / 111.51 F
ISBN : 978-2-7492-0617-2
GENCOD : 9782749206172
Le sujet de l'inconscient n'est pas du registre de l'être, puisqu'il advient comme manque d'un signifiant dans l'Autre : non-sens toujours appelé à advenir, on ne le rencontre jamais mieux qu'à l'occasion d'un effet de surprise, dans l'inattendu d'un lapsus, d'un mot d'esprit ou d'une association d'idées. Cette définition du sujet (le «nouveau sujet» dont parlait Freud ?) fait rupture avec l'intersubjectivité, laisse les ambitions unifiantes de l'ego-(psychology) à leur triste état, et les divers «états du sujet» à leur déliaison - sujet de l'inconscient, sujet divisé, sujet barré, sujet de l'énoncé, sujet de l'énonciation... - qu'aucune synthèse ne saurait rassembler. La clinique s'en trouve profondément réorientée, et le symptôme n'est plus envisageable sans le rapport que le sujet entretient à l'objet qui détermine la structure.
Ont participé à ce numéro : Angela Bacaicoa - Jacques Bonaffé - Bernard Brémond - Franck Chaumon - Claude Dumézil - Françoise Fabre - Isidoro Gurman - Françoise Hatchuel - Roque Hernandez - Leslie Kaplan - Guillermo Kozameh - Robert Lévy - Mercèdes Moresco - Bernard Ogilvie - Eliane Perasso - Jean Périn - Ricardo Pinilla - Mikel Plazaola - Jean-Jacques Rassial - Patricia Romero Day -
Commander ce livre sur Fnac.com
JEAN-JACQUES RASSIAL : Le sujet dans tous ses états est une problématique à attraper par un bout particulier. Je l'attrape pour ma part par l'état.
Lacan produit le concept de sujet en tant qu'effet de la structure, on peut le dire comme cela. Les lacaniens ont un usage non structuraliste du terme de structure ; c'est dans le sens de structural qu'ils l'entendent, sens dont l'initiateur est Lévi-Strauss et probablement Jacobson.
Un certain nombre d'idées sont centrales dans le structuralisme de Lacan. D'abord celle qu'il n'y a pas de sujet sans Autre (l'Autre est la condition du sujet) ; c'est là quelque chose de tout à fait essentiel, puisque c'est une attaque directe contre l'idée d'un sujet autonome, qui pourrait éventuellement se réifier dans le moi. Le sujet est un effet de la structure ; il est l'effet d'une structure dont la combinatoire est plutôt une combinatoire de lettres - le sujet est un signifiant comme un autre, qui se trouve avoir été barré par une certaine opération, qui est celle que l'on peut désigner comme l'imposition déjà langue maternelle.
Ce qui est intéressant dans la position de Lacan, c'est qu'il désubjectivise le sujet. On pourrait dire qu'il prend au sérieux le pari husserlien, freudien de dé-psychologiser l'ego transcendantal, en se détachant de Brentano, qui est à l'origine de la pensée philosophique de Husserl et de Freud, lequel a d'ailleurs suivi ses enseignements.
Le pas que Freud ne franchit pas et que Lacan franchit est celui de désubjectiviser le sujet, c'est-à-dire de le dépsy-chologiser, d'en faire un signifiant, qui a été marqué d'une barre. On commence d'ailleurs à travailler sur la question de la barre du point de vue logique.
Copyright : Studio 108 2004-2008 - Informations légales - Vous êtes éditeur ?
Programmation : Olf Software - Infographie, XHTML/CSS : Gravelet Multimédia - Graphisme : Richard Paoli