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1956 communiste, le glas d'une espérance

Couverture du livre 1956 communiste, le glas d'une espérance

Auteur : Roger Martelli

Date de saisie : 15/10/2006

Genre : Histoire

Editeur : La Dispute, Paris, France

Collection : Essais

Prix : 18.00 € / 118.07 F

ISBN : 978-2-84303-140-3

GENCOD : 9782843031403


  • La présentation de l'éditeur

Au début de l'année 1956, a travers le monde, de nouvelles voies semblent s'ouvrir: le communisme entreprend de se réformer, le tiers monde émerge sur la scène internationale, la guerre froide recule, le mouvement de libération nationale et donc la décolonisation s'étendent.
Mais du côté du communisme, les espoirs nés au XXe Congrès du Parti com­muniste de l'URSS pendant l'hiver vont sombrer dès l'été et l'automne. Plusieurs partis commu­nistes, et non des moindres, condamnent -ou ignorent - la déstalinisation lancée par Nikita Khrouchtchev, et pour finir les chars soviétiques écrasent la révolution hongroise dans Budapest.
Roger Martelli interroge le cours de cette «année terrible " dans un brillant essai historique appuyé sur les archives récemment ouvertes en Russie et dans les pays de l'est européen, dont il publie ici les plus exceptionnelles.
Il centre sa réflexion sur les perspectives esquissées puis ruinées par les com­munistes en 1956 tant pour le devenir de la pla­nète que pour le leur propre. Courageux en février. Khrouchtchev fait rapidement retraite, renonçant à trancher entre les conservateurs et les réformateurs communistes, manquant ainsi sa déstalinisation. De sorte qu'en novembre le désastre de Budapest referme les perspectives de renouvellement ouvertes au début 1956.



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  • Les premières lignes

1956 : l'année charnière

En 1956, le monde ne sait pas très bien s'il va vers un apai­sement ou vers un regain de tensions et d'inquiétude. Depuis 1953, les premiers signes de la détente ont heureusement suivi la crispation extrême des débuts de la guerre froide. En 1953, les armes se sont tues en Corée (27 juillet 1953), et la guerre d'Indochine s'est achevée un an plus tard, avec les accords de Genève (21 juillet 1954). Américains et Soviétiques ont repris le cours des négociations qu'ils avaient interrompues à l'automne de 1947. Il est vrai que les rapports des forces se sont quelque peu équilibrés (l'URSS annonce le 8 août 1953 qu'elle dispose elle aussi de la bombe à hydrogène) et que les équipes dirigeantes ont changé, à Washington comme à Moscou. En janvier 1953, le général Dwight Eisenhower a remplacé Harry Truman à la Maison Blanche - il est réélu en novembre 1956 - et, en septembre 1953, Nikita Khrouchtchev a pris la place de Joseph Staline à la tête du PC de l'URSS. L'air du temps n'est plus à la croisade: le sénateur McCarthy, le chantre de l'antisoviétisme, a été mis à l'écart à Washington et la disparition de Staline, le 5 mars 1953, a desserré l'étreinte qui pesait sur l'URSS depuis la fin des années vingt.
La logique des blocs reste certes à l'oeuvre. Les États-Unis réaffirment leur hégémonie en Amérique latine (conférence de Caracas, mars 1954), renforcent leur dispositif en Asie (création de l'OTASE, équivalent asiatique de l'Alliance atlan­tique, en septembre 1954), s'installent au Moyen-Orient (élimi­nation de Mossadegh en Iran, août 1953; pacte de Bagdad, février 1955). Les Soviétiques créent le Pacte de Varsovie (mai 1955), alliance militaire intégrée sur le modèle de l'OTAN, et ils renforcent la coordination économique de l'URSS et des démocraties populaires2 à l'intérieur du Comecon, sorte de «Marché commun» de l'Europe orientale. Mais Américains et Soviétiques n'ont plus la totalité des cartes entre leurs mains et de nouveaux acteurs s'imposent sur la scène internationale. La poussée décolonisatrice qui a suivi la Seconde Guerre mondiale fait émerger la figure du tiers monde - l'expression a été forgée en 1952 par l'économiste français Alfred Sauvy. En avril 1955, la conférence afro-asiatique de Bandung énonce, tout à la fois, l'exigence de dignité des pays du tiers monde et les principes de la coexistence pacifique. Elle affirme aussi son soutien aux luttes de libération qui amplifient encore la décolonisation. Les personnalités de Nehru (Inde), Sukarno (Indonésie), Nasser (Egypte) commencent à occuper le devant de la scène. La fin de la guerre d'Indochine a officialisé l'indépendance - et la partition - du Vietnam. En novembre 1954, l'Algérie entre à son tour dans la dure bataille pour son émancipation.


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