Auteur : Gérard D. Khoury
Date de saisie : 11/01/2007
Genre : Histoire
Editeur : Belin, Paris, France
Collection : Histoire et société
Prix : 29.00 € / 190.23 F
ISBN : 978-2-7011-4201-2
GENCOD : 9782701142012
Quels ont été les fondements et les conséquences de la politique française au Levant après la Première Guerre mondiale ? La correspondance et les notes inédites de Robert de Caix apportent un éclairage nouveau sur cette période capitale de l'histoire du Proche-Orient. Robert de Caix, avant d'être nommé secrétaire général du Haut-Commissariat à Beyrouth, fut chargé par Clemenceau de traiter des questions d'Orient avec l'émir Faysal et de contrebalancer les ambitions anglaises, portées entre autres par le colonel Lawrence. Le refus de l'unité arabe, le découpage des provinces de l'Empire ottoman en autonomies locales, fondées sur les divisions communautaires, la rivalité franco-anglaise dans la fixation des frontières, sont à l'origine des problèmes actuels de l'Orient arabe, quand bien même les acteurs de cette région ont une part, même mineure, de responsabilité dans leur destin face aux menées hégémoniques des grandes puissances. Ce tableau de la diplomatie secrète française prend un relief particulier avec la guerre de l'été 2006 au Liban et celles qui se déroulent en Irak depuis 2003. Les Américains, et leur allié israélien, s'inscrivent dans la lignée des politiques coloniales qui, depuis Robert de Caix, s'élaborent dans le même projet de fragmentation du Proche-Orient et d'appui accordé aux minorités, pour briser toute tentative unitaire et asseoir leur influence.
Historien et romancier, Gérard D. Khoury a publié, entre autres ouvrages, La France et l'Orient arabe. Naissance du Liban moderne (1914-1920) et Un siècle pour rien. Le Moyen-Orient arabe de l'empire ottoman à l'empire américain (en coll. avec J. Lacouture et G. Tuéni).
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Dans le cas de l'impérialisme français au Proche-Orient dans les premières décennies du XXe siècle, un nom s'impose : celui de Robert de Caix de Saint-Amour...
Gérard Khoury nous présente ici une anthologie de ses textes concernant la seconde partie de sa vie, celle du concepteur et de l'exécutant de la politique coloniale française. Sa copieuse introduction comprend une biographie de Robert de Caix, une étude de son rôle politique et une réflexion plus générale sur les sociétés du Proche-Orient face à l'impérialisme occidental, qui est une importante contribution aux débats actuels...
On doit remercier Gérard Khoury d'avoir fait ce minutieux travail de collecte de documents conservés jusque-là par la famille de Robert de Caix. Plus difficile a été certainement la sélection. Elle nous permet de mieux comprendre le rôle des puissances au Moyen-Orient entre 1919-1939, les problèmes de cette région et les impasses dans lesquelles s'enferme toute politique impériale.
Biographie professionnelle et politique de Robert de Caix
Les années d'enfance et de formation (1869-1893)
Entre 95 et 100 ans, alors qu'il ne voyait presque plus, Robert de Caix dictait ses souvenirs et classait ses papiers au terme d'une vie bien remplie. Ses dernières années ne lui permirent pas d'écrire les livres sur le Levant ou l'Acadie comme il en avait fait le projet.1 Ce sont ses souvenirs, réunis en Cahiers2, qui me permettent de reconstituer l'essentiel du parcours de vie et de travail de Robert de Caix de Saint Aymour.
Robert de Caix est le fils d'Amédée de Caix de Saint Aymour et de Berthe la Beaume de Tarteron. Il est né à Paris le 5 février 1869. Il a deux soeurs cadettes : Marguerite et Hélène. Il grandit entre Ognon, la propriété familiale près de Senlis et Paris.
Je me rappelle les promenades que je faisais avec mon grand-père dans le petit phaéton qu'il conduisait, trouvant là une distraction au désoeuvrement de sa vie parisienne. Elles nous amenaient souvent à Longchamp d'où je contemplais avec admiration le Mont Valérien qui a une certaine majesté vue des bords de la Seine. Ce que l'on me racontait alors de la puissance de l'artillerie qui avait beaucoup gêné les Allemands pendant le siège de Paris me comblait d'aise, d'autant que mon grand-père me disait que jamais les Prussiens n'auraient pu prendre de force la grande ville. Je me souviens aussi de l'avoir vu à Ognon dont il était le châtelain, l'ayant acheté à mon père qui avait déjà fait quelques mauvaises affaires.
Ces premières notations nous livrent déjà deux traits importants qui ont marqué Robert de Caix durant son enfance et son adolescence...
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