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Brassens, le mauvais sujet repenti

Couverture du livre Brassens, le mauvais sujet repenti

Auteur : Victor Laville | Christian Mars

Date de saisie : 15/10/2006

Genre : Biographies, mémoires, correspondances...

Editeur : Archipel, Paris, France

Prix : 17.95 € / 117.74 F

ISBN : 978-2-84187-863-5

GENCOD : 9782841878635


  • La présentation de l'éditeur

Brassens, rebelle solitaire, provocateur et violent, est devenu au fil du temps un poète pacifique, tolérant et généreux bien que toujours lucide. Le mauvais sujet repenti nous a ainsi légué une oeuvre sans équivalent dans l'histoire de la chanson française et qui semble ne pas devoir vieillir.
Rassemblant souvenirs et témoignages inédits, Victor Laville et Christian Mars dévoilent des facettes peu connues de l'artiste : ses relations hésitantes et contradictoires avec Dieu, son goût du macabre et son obsession de la mort, ses rapports étranges avec les femmes et sa prédilection pour celles de l'âge de sa mère ou de sa soeur, mais aussi son «histoire d'amour» avec Patachou et la deuxième «affaire des bijoux» qui s'ensuivit.
Enfin, puisque Brassens lui-même répétait «à son de trompe à tous les carrefours» que tout était dans ses chansons, les auteurs proposent, en fin d'ouvrage, quarante ans après celle de René Fallet, une nouvelle «visite guidée» de l'oeuvre, chanson par chanson.

Né en 1921, Victor Laville fait la connaissance de Georges Brassens au collège de Sète, en 1935 : ils ne se quitteront plus. Début 1952, alors que le chanteur essuie échec sur échec en tentant de faire interpréter ses chansons par des artistes connus et qu'il est sur le point de tout abandonner, Victor lui obtient l'audition qui allait le lancer : un rendez-vous avec Patachou dans son cabaret montmartrois. Dessinateur, Victor Laville a été longtemps maquettiste à Paris-Match.

Christian Mars est l'auteur de plusieurs livres, dans le domaine maritime et dans ceux de la chanson et de la danse, dont La Valse viennoise et La Valse musette et l'accordéon (Solar, 1991 et 1998).





  • Les premières lignes

Extrait de l'avant-propos de Christian Mars :

Au tout début des années 1960, je fréquentais encore ces établissements que Maupassant appelait «nos maisons», de sombres volières à soutanes éparpillées sur la rive droite, entre la Muette et le Trocadéro, et où l'on dispensait à grands coups de taloches la rhétorique et les humanités.
- Mars ! Zéro. Encore une fois, ce n'est pas parce que vous citez je ne sais quel chanteur à la mode que vous êtes obligé d'écrire des grossièretés. Vous n'avez toujours pas assimilé les règles élémentaires de la composition. Tant que vous ne changerez pas d'attitude, vos résultats ne cesseront de se dégrader.
- Mais, monsieur, protesté-je, «merde» est dans le dictionnaire, et...
- Dehors, Mars. Vous irez expliquer votre position au préfet.
Mes relations avec ce chanteur à la mode, qui s'appelait Georges Brassens, avaient, à l'évidence, débuté par un malentendu. Je le considérais pourtant comme un auteur «maison» - je veux dire qu'à la maison, ses disques figuraient dans la discothèque parentale, entre le Requiem de Brahms et une symphonie de Bruckner. Citer Brassens était un moyen commode de jouer au rebelle, à l'abri des références familiales...
Hélas, mon professeur de français-latin-grec, un Tartuffe rubicond qui assistait chaque matin à la messe - mais, le soir, contait fleurette aux mamans éplorées -, avait percé à jour ma tactique. Ce petit Breton teigneux, qui ne supportait plus que je cite L'Auvergnat, me déclara une guerre d'autant plus virulente que ma propre mère l'avait éconduit sans ménagement.


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