Passion du livre - tout sur le livre : Anita Conti, vingt mille lieues sur les mers

Recherche

Recherche simple
Recherche multi-critères

Anita Conti, vingt mille lieues sur les mers

Couverture du livre Anita Conti, vingt mille lieues sur les mers

Auteur : Catherine Reverzy

Date de saisie : 06/11/2006

Genre : Biographies, mémoires, correspondances...

Editeur : O. Jacob, Paris, France

Prix : 25.00 € / 163.99 F

ISBN : 978-2-7381-1742-7

GENCOD : 9782738117427


  • La présentation de l'éditeur

Anita Conti, pionnière de l'océanographie, grand photographe et écrivain, a sillonné les mers froides et tropicales à bord des bateaux de pêche et marqué près d'un siècle de vie maritime. En 1939, première femme embarquée au service de la Marine nationale, elle participe au déminage du port de Dun-kerque, avant de partir pour l'Afrique où l'attendent missions humanitaires, chasse aux squales et décolonisation. Sensibilisée au problème de la faim et au gaspillage des ressources, elle s'élance vers l'Atlantique Nord à bord des terre-neuvas avant de rejoindre Cousteau au Musée océanographique de Monaco...
«Il faut cesser de piller l'océan», «Nous devons penser aux générations à venir»... Cette femme au destin exceptionnel avait pressenti la nécessité du développement durable. Son combat est plus que jamais d'actualité.
À partir d'archives inédites, Catherine Reverzy nous livre le magnifique portrait d'une femme hors du commun, libre et passionnée, dont la vie fut entièrement tournée vers l'océan.

Catherine Reverzy est psychiatre et écrivain. Elle est l'auteur de Femmes d'aventure.



logo fnacCommander ce livre sur Fnac.com



  • Les premières lignes

Extrait de l'introduction :

24 mai 1940. Les Allemands commencent à pilonner Dunkerque. Les panzers, campés sur les falaises, tirent sur les navires. Ordre est donné de se replier sur Douvres. Dans l'avant-port et sur les plages, les troupes anglo-françaises sont évacuées par gros temps. Sous le feu de la Luftwaffe, plus de mille bateaux font la navette. Quais et rivages sont jonchés de cadavres. Derrière les incendies des réservoirs et les murs de fumée, au loin, on ne voit même plus la ville en flammes. L'étau se resserre. C'est l'enfer. L'horreur de l'attente sur les plages, où les troupes dressent des hôpitaux de fortune.
Sur place, à bord des chalutiers réquisitionnés, repeints en gris : Anita Conti. Mandatée en journaliste par le ministère de la Marine, mais aussi parfaitement amarinée, formée à l'océanographie, connaissant les fonds, les courants et les dérives, elle est la première femme affectée sur les bateaux militaires. La quarantaine au regard pétillant, courageuse, déterminée, elle galvanise les équipages : marins-pêcheurs et commandants de bord lui font confiance. Au moment du déminage du chenal de Dunkerque, en novembre, elle était là, déjà, avec eux. On avait tenté de la dissuader, mais... «À terre pendant que mes camarades courent des risques, endurent des souffrances quotidiennes ?» Impen­sable. Trois fois, tandis qu'elle était sur le pont, les bateaux avaient sauté sur des mines. Elle avait sauvé ses pellicules, heureusement. En ces jours terribles de mai, au milieu des hommes qui se ruent vers les bateaux, ce n'est pour elle que le travail qui continue. Dans ces petits carnets qu'elle porte toujours sur elle, elle note, très brièvement, ce qu'elle voit, entend, tout ce qui la traverse. Les ponts fracassés, les coques qui explosent, le crépitement des mitrailleuses, le silence qui suit dans lequel pointent des voix. Entre les mots qui disent la dureté du combat, surgissent des lignes poignantes et l'émotion de cette femme, dont la fierté, elle l'écrivit, fut d'accompagner les hommes jusqu'au bout :
«Dans le bombardement féroce, les pâles visages d'archanges tombés. Je me penche sur l'un d'eux, charmant, gêné : "Ah ! Vous êtes venue me regarder mourir ? Aidez-moi..." Et il se détendit doucement.»


Copyright : Studio 108 2004-2008 - Informations légales - Vous êtes éditeur ?
Programmation : Olf Software - Infographie, XHTML/CSS : Gravelet Multimédia - Graphisme : Richard Paoli