Auteur : Albine Novarino
Date de saisie : 10/11/2006
Genre : Folklore Moeurs et coutumes
Editeur : Omnibus, Paris, France
Collection : Omnibus
Prix : 27.00 € / 177.11 F
ISBN : 978-2-258-07034-9
GENCOD : 9782258070349
Ils sont - presque - tous là, surgis du fond des campagnes et du coeur des cités.
Dans le fracas des chênes qu'on abat, dans la poussière des cailloux que l'on casse, dans l'odeur prenante des harengs. Bûcherons et charbonniers, carriers et cantonniers, encaqueurs et encaqueuses nous font un signe de la main.
En parcourant cet ouvrage, qui se veut un inventaire des métiers d'autrefois, c'est la vie de nos grands-parents et de leurs ascendants qui nous est rendue dans les bruits et les odeurs, les fatigues et les bonheurs des devoirs quotidiens.
A Cours-la-Ville retentissent les sirènes des filatures et passent en rangs serrés des flots d'ouvrières en cheveux. A Thiers, les couteliers oublient le bruit des meules et l'humidité des ruisseaux parce leurs chiens allongés sur leurs jambes les réchauffent.
A Concarneau, les sardinières attendent le retour des thoniers, les soudeurs des conserveries aussi. Apparaissent aussi le ratureur et la régaleuse, l'amidonier et l'atourneuse qui suivent le barbacole accompagné du baudelier, tandis que le boulonnier, le séranceur et la tilleuse vaquent à leurs travaux. Quels travaux ? Ce livre vous le dira, qui restitue us et coutumes, nom d'outils, gestes et techniques, modes de vie abolis.
Albine Novarino est née à Paris en 1953. Mère de trois enfants, elle est professeur de lettres modernes. Son amour de la littérature - principalement du XIX' siècle - n'a d'égal que celui qu 'elle porte à la nature. Sa troisième passion, la brocante, l'a conduite à se lancer sur les traces des métiers d'autrefois.
Un monde du travail aboli, dont les outils sont inexorablement relégués au musée, établis muets, manches de bois patinés par la sueur du labeur ou pièces métalliques rongées par la rouille, linceul roux des lames délaissées : c'est tout cet univers archaïque qui renaît au fil des pages de ce voyage sur les traces de la vie professionnelle de nos aïeux, patrimoine méconnu aujourd'hui réduit à rencontrer l'amateur de vide-grenier... Pour ce faire, Albine Novarino a mis à contribution les dictons locaux, les cartes postales anciennes, les dessins modernes et les planches empruntées à l'Encyclopédie de Diderot et d'Alembert que l'éditeur crédite avec humour dans ses remerciements.
Extrait de l'avant-propos :
Même quand les sirènes des usines avaient déversé leurs flots serrés d'ouvriers dans les cités et les banlieues, les mots de fabrique, d'atelier et de manufacture étaient bien souvent au coeur des conversations dans les tavernes, caboulots et autres crémeries.
Côté campagne, d'autres termes venaient émailler les conversations ; le soir, à la veillée, on cassait du sucre : au sens propre pour adoucir la chicorée, et au sens figuré, sur le dos des voisins et des connaissances. C'est ainsi que l'on passait le temps ; on évoquait le passage du rémouleur, celui du tailleur, du tilleur de chanvre ou du raccommodeur de porcelaine.
Les jours de fête, sur la place de la bascule, sur les foirails, dans les cris et les clameurs, les voix se mêlaient pour moduler des réclames propres à séduire la marchande d'arlequins qui badinait avec le baconnier tandis que la fruitière échangeait des propos aigres-doux avec l'herbière, propos si acides en vérité qu'ils auraient pu faire rougir harangères et poissonnières dont la réputation de verdeur n'était pourtant pas à faire.
Les dimanches après-midi, dans les bals, quand les vielleux allaient bon train, il arrivait qu'un acconier fasse valser une bermiere tandis qu'un blondier enlaçait une mieuse alors qu'un couverturier contait fleurette à une effilocheuse de Cours-La-Ville sous le regard indiscret d'un courbassier qui parlait boutique avec un oier et un gaveur alors même qu'une ébouresse et une miroitière faisaient tapisserie. Non loin de là, près des flonflons et sous la charmille, quelques vieux plus ou moins édentés parlaient de leurs petits-enfants partis faire fortune à la ville. Et l'on causait à qui mieux mieux des difficultés et des charmes des métiers de mitron, de gâte-sauce, de saute-ruisseau ou de gagne-denier avant de héler le marchand d'oubliés pour savourer un peu les douceurs de la vie.
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