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Passion ou La mort d'Alissa

Couverture du livre Passion ou La mort d'Alissa

Auteur : Emilia Dvorianova

Postface : Marie Vrinat

Traducteur : Marie Vrinat

Date de saisie : 06/11/2006

Genre : Policiers

Editeur : Fédérop, Gardonne, France

Prix : 18.00 € / 118.07 F

ISBN : 978-2-85792-162-2

GENCOD : 9782857921622


  • La dédicace de l'auteur

L'originalité du roman réside dans le fait que derrière la trame «policière» se cache un grand nombre de strates qui sont progressivement révélées au fil de la lecture et qui sont rassemblées par une forme unique, celle de la fugue où s'entremêlent les voix : recherche douloureuse de la Vérité qui ne peut être dévoilée par le Verbe, mais par la musique ; chemin éprouvant parcouru du monde du visible, de l'apparent, du corporel vers celui de l'existence, de l'essence - plus concrètement, c'est celui que parcourt X., l'emblématique Golgotha d'un juge d'instruction, fonctionnaire qui va progressivement apprendre à «voir» ou plutôt à «écouter» ; il finira par comprendre que la Vérité est multiple et donc inaccessible. Dans le roman, tout est signe de quelque chose, ce qui invite le lecteur à une lecture plurielle, à différentes interprétations des phénomènes.
Le roman PASSION ou la mort d'Alissa nous emporte dans une ambiance mystérieuse où le policier se mêle à l'érotique, où le mystérieux se fond dans le réel, et où, pour finir, «tout n'est que bluff»...

Emilia Dvorianova (auteur)
Marie Vrinat (traductrice)


PASSION ou la mort d'Alissa est le premier ouvrage de cette romancière bulgare à paraître en français.



  • La présentation de l'éditeur

«... vint alors le temps de l'Érotisme suprême...

Il embrassa Alissa, effleura de ses lèvres les cheveux, l'oreille, en goûta avec la langue l'amertume à peine perceptible, et descendit sur la peau tendre du corps, frontière de la tendresse irréalisable et source de soif éternelle, et dans le temps suspendu, il embrassait le moindre petit poil, le moindre relief, si tendrement qu'il sentit sa chair défaillir, le monde entier défaillit dans l'attente, jusqu'à ce qu'enfin, il entende sa voix.»

Un meurtre a lieu un Vendredi saint : Alissa est tuée. Arrivé sur les lieux du crime, le juge d'instruction écoute les dépositions des témoins, Yo et Sebastian, ainsi que les aveux complets et spontanés de l'assassin (Yossif). Un procès est ouvert. Tout à coup, un inconnu en uniforme de policier fait irruption dans la maison et donne l'ordre que l'on interrompe l'enquête jusqu'au dimanche de Pâques : n'y aurait-il pas quelque bluff là-dessous, comment peut-on tuer un Vendredi saint, quand les morts ressuscitent le dimanche de Pâques ?...

Le roman Passion ou la mort d'Alissa transporte le lecteur dans une atmosphère énigmatique où le criminel se mêle à l'érotique, où le mystérieux se fond dans le réel, où verbe, musique, spirituel et quotidien se croisent et se fuient, interprétant un «Art de la Fugue».





  • Les premières lignes

YO

On ne dit rien, ou que du bien des morts, disait ma grand-mère, et puis c'est la coutume, vous le savez bien, jadis on crachait dans la bouche de celui qui avait dit une parole méchante contre un mort, comme ça, en avalant, il reprendrait ses mots dans sa gorge.
Mais aujourd'hui, je suis témoin à un procès et vous dites que mon devoir, c'est de dire la vérité, or je sais de telles choses sur la demoiselle, que j'ai les cheveux qui se dressent sur la tête et l'estomac qui se serre, Dieu me pardonne ; mais puisque c'est mon devoir, et que je suis une citoyenne, même si j'ai le coeur noué et que je trouve toute cette affaire dégoûtante, je raconterai ce que vous voulez que je dise : depuis le début, la fin aussi, et même tout ce qui est honteux, je le raconterai, malgré ma pudeur ; et puis, je suis un peu curieuse, et j'en sais plus qu'il ne le faudrait : on comprend certaines choses humaines, sans le vouloir, et parfois, on aimerait bien comprendre encore une fois de manière humaine, parce que les bizarreries n'ont pas de fin, et quand on en voit une, on se dirige droit vers une autre, et ça devient un écheveau dont on ne peut pas prédire le bout, de quelque côté qu'on le prenne. Et j'ai beau avoir vu de vilaines choses, je n'avais pas prévu une fin pareille, ce matin-là ; Dieu me pardonne encore une fois, je me disais diverses choses sur la demoiselle, tandis que j'essayais d'ouvrir le portail qui était coincé depuis des mois, et tous les matins je devais forcer la clef, la tourner ; et ce matin-là, justement, je me suis même dit qu'il valait mieux que je n'entre pas, car c'était un jour particulier, vous savez, un jour sacré avant Pâques, Vendredi saint, et des jours pareils, il faut tourner son coeur vers Dieu au lieu de se laisser aller à de mauvaises pensées et à des sentiments troubles qui ne sont pas bons pour l'âme, et puis, pour être tout à fait exacte et fidèle au canon orthodoxe, il n'aurait pas du tout fallu que je travaille ce jour-là, et comme excuse, j'aurais dû dire à la demoiselle que je ne ferais pas le ménage tant qu'elle ne graisserait pas cette fer­raille rouillée : je le lui avais répété cent fois, mais elle, elle riait et disait que oui, elle demanderait à quelqu'un de mettre un peu d'huile.


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