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Suprêmes visions d'Orient

Couverture du livre Suprêmes visions d'Orient

Auteur : Pierre Loti

Préface : Alain Quella-Villéger

Date de saisie : 10/10/2006

Genre : Récits de Voyages

Editeur : Bleu autour, Saint-Pourçain-sur-Sioule, France

Collection : D'un lieu l'autre

Prix : 16.00 € / 104.95 F

ISBN : 978-2-912019-52-3

GENCOD : 9782912019523


  • La présentation de l'éditeur

«Je regarde finir l'été, finir l'Orient, finir ma vie ; c'est le déclin de tout...»

Le dernier livre de Pierre Loti, sans doute le plus poignant, est nourri de ses ultimes voyages à Constantinople et jusqu'à Andrinople, en 1910 et 1913. L'auteur d'Aziyadé ne reviendra plus sur la tombe de sa bien-aimée. Il ne reverra plus, à Stamboul, «la véritable futaie de minarets blancs» ni les «humbles cafés d'autrefois, refuges de cette vie contemplative et débonnaire que l'Europe ne saurait plus longtemps tolérer». Hanté par «le temps [qui] fuit toujours plus vite», il apparaît, selon son biographe, Alain Quella-Villéger, pleinement «maître de son art».

Et Loti, qu'on a souvent réduit à un «écrivain des jours heureux», s'engage. Avant-guerre comme après-guerre, il se fait «le champion de la cause turque, du maintien du Croissant sur les rives du Bosphore». Quitte à s'égarer lorsqu'il s'en prend aux Arméniens, aux Bulgares, à «la Grécaille». Mais s'égare-t-il quand, «devant la menace d'un soulèvement général de l'Islam», il préconise de «renoncer à une folle gloutonnerie de conquêtes» et de «tendre la main à l'Islam qui nous a fourni sans marchander tant de milliers de braves combattants» ?





  • Les premières lignes

Extrait de la présentation de Alain Quella-Villéger :

Pierre Loti un ardent turcophile

L'historien des idées et des sensibilités se garde bien aujourd'hui d'écarter les textes littéraires ou journalistiques qui ont pu façonner l'opinion, diffuser certaines images, influencer même les relations internationales. Appréhender comme guide, témoin ou acteur ce romancier emblématique de l'exotisme que fut Julien Viaud, alias Pierre Loti (1850-1923), permet ainsi d'éclairer une réflexion sur notre histoire coloniale, sur les rapports complexes unissant la France à l'islam, la vie politique à l'orientalisme, la Turquie à l'Europe.
Certes, Pierre Loti ne s'est jamais voulu homme politique ; il se méfiait même beaucoup de ce milieu, bien qu'il y comptât nombre d'amis. Mais la géopolitique méditerranéenne est au coeur de sa vie dont le fil conducteur, tendu, se noue et se tisse dans l'Empire ottoman : l'intrigue de son premier roman, publié sous l'anonymat, Aziyadé (1879), se situe à Salonique et à Constantinople ; la première mention dans la presse de son pseudonyme, encore incomplet, «M. Loti», apparaît dans Le Monde Illustré du 2 octobre 1880 à propos d'un des avatars de la «question d'Orient», l'affaire de Dulcigno1 ; et son dernier livre, publié le 16 septembre 1921 sous le titre Suprêmes visions d'Orient, est voué tout entier à la Turquie.
Turcophile inconditionnel, Loti le fut tout au long de sa vie. Il a puisé à Istanbul, en 1876, l'énergie de vivre. En retour, il n'hésita pas, de 1919 à 1922, à jeter ses dernières forces dans la défense de l'Empire menacé dans son existence même. Et sa réflexion méditerranéenne n'a jamais cessé d'avoir pour repères les minarets des rives du Bosphore, au grand dam des uns, à la profonde satisfaction des autres. À sa mort, en juin 1923, on saluera bien sûr l'homme de lettres et le marin mais aussi l'ardent turcophile, toujours soucieux de rapprocher la France de la Turquie, mais aussi de l'islam. La Dépêche tunisienne s'exclamera ainsi : «Heureux les peuples qui ont de pareils défenseurs !»


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