Auteur : Virginie Ledret
Illustrateur : Sophie Bouxom
Date de saisie : 18/10/2006
Genre : Documents Essais d'actualité
Editeur : Jacob-Duvernet, Paris, France
Collection : Les pintades
Prix : 19.90 € / 130.54 F
ISBN : 978-2-84724-113-6
GENCOD : 9782847241136
Ce sont de drôles d'oiseaux qui ne vivent qu'à trois heures de TGV de Paris. Les échanges linguistiques et les virées shopping n'ont pas suffi à percer le mystère. Vues de ce côté-ci de la Manche, les Londoniennes restent souvent une énigme. Leurs excentricités, leur amour de la monarchie, leur goût prononcé pour l'ivresse, leurs opinions politiques, leur humour cynique ou leurs styles vestimentaires déjantés peuvent nous laisser perplexes. Si vous pensez qu'une chav est une crème dépilatoire, qu'une posh est un sac en plastique et qu'une wag se conduit à gauche, alors Les Pintades à Londres, le deuxième opus de la collection des Pintades, est absolutely pour vous. Une fois encore, rien de péjoratif dans ce sobriquet, bien au contraire. Plutôt un pied de nez aux doux noms d'oiseaux dont les femmes sont parfois affublées. Etre une pintade, c'est être une femme d'aujourd'hui, légère et sérieuse, féminine et féministe. Après Les Pintades à New York, ce volume explore la féminitude made in London.
Virginie Ledret, journaliste française installée à Londres depuis onze ans, décode pour nous ses habitantes avec un regard décalé et amusé, sans oublier de nous révéler ses conseils et ses bonnes adresses pour tirer le meilleur parti de la ville.
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Extrait de l'introduction de Virginie Ledret :
C'est le coq qui chante, mais c'est la poule qui pond les oeufs. Margaret Thatcher, über pintade
À Londres, les pintades sont une espèce à part. On a beau les regarder, les écouter, les suivre aveuglément, essayer de les comprendre : elles défient l'analyse.
Habillées d'une chemise ouverte jusqu'au plexus en plein hiver, chaussées de mules en pleine tempête, jurant comme des charretiers au volant de leur voiture en particulier et devant les hommes en général, arborant l'été leurs gambettes poilues sous une jupe-culotte d'un autre âge, elles ingurgitent des bassines de thé au lait l'après-midi, boivent comme des trous après 17 heures et titubent sur les quais du tube avant de vomir dans le caniveau. Le lendemain, de nouveau à l'attaque, comme si de rien n'était.
Quand elles cherchent un homme, elles ont l'efficacité pragmatique. Elles essaient tout : slow, speed, blind dating et on en passe. Si elles ont du mal à garder l'oiseau rare, en revanche, les hommes d'un soir, elles les prennent d'assaut. Eux se laissent faire... et décampent à l'aube.
Indépendantes ou entretenues, elles raffolent des dernières tendances. Trendsetters et fashion victims à la fois, elles dépensent, dépensent, et dépensent encore. Elles ont élevé la consommation en nouveau dieu, et comme elles se veulent monothéistes, elles vont, tous les jours, adresser une prière à leur carte de crédit.
À Londres, capitale du fric, de la frime, des idées qui jaillissent et des réputations qui se défont (à coups de scandales politico-sexuels), la Londonienne se souvient d'ailleurs des mots de Paul Morand, ancien ambassadeur de France dans la capitale britannique : «C'est déjà bien ennuyeux de ne pas avoir d'argent ; s'il fallait encore s'en priver.»
Si les pintades londoniennes partagent de sacrés points communs, elles n'en demeurent pas moins des caméléons : leur plumage et leur attitude diffèrent d'un quartier à l'autre.
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