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La Boûqâla

Couverture du livre La Boûqâla

Auteur : Mohammed Kacimi

Illustrateur : Rachid Koraïchi

Date de saisie : 09/10/2006

Genre : Folklore Moeurs et coutumes

Editeur : T. Magnier, Paris, France

Prix : 22.00 € / 144.31 F

ISBN : 978-2-84420-259-8

GENCOD : 9782844202598


  • La présentation de l'éditeur

Créé à l'origine par les femmes d'Alger, le rituel de la bouqala est un jeu traditionnel de divination. Des femmes se réunissent autour d'une officiante, souvent une vieille femme, et chacune dépose un bijou dans un récipient en terre (un bocal). L'officiante récite un poème, puis une jeune fille prend au hasard l'un des bijoux. Celle à qui il appartient doit trouver dans le poème récité ce qui peut éclairer sa vie, ses amours, lui annoncer des départs, des joies ou des malheurs...

Mohamed Kacimi est né à El Hamel, en Algérie. Installé à Paris depuis 1982, il se consacre à l'écriture sous toutes ses formes : romans, poésies, pièces de théâtre, articles de presse... Il est l'auteur, entre autres, de la Confession d'Abraham, Gallimard (2000) et de Terre sainte, L'Avant-Scène (2006). Il écrit également pour la jeunesse : Il était une fois le monde, Dapper (2001), La Reine de Saba et Salomon, Milan 2006.

Rachid Koraïchi est né en Algérie et vit aujourd'hui à Paris. Plasticien, il fait participer à sa création de grands maîtres artisans. Ses installations autour des grands mystiques de l'Islam sont présentées dans de nombreux musées et fondations du monde. Passionné de poésie, il a notamment illustré aux éditions Mango L'anthologie de la poésie arabe (1999) et Tu es mon amour depuis tant d'années, avec Nancy Huston, aux éditions Thierry Magnier (2001).





  • Les premières lignes

LA BOUQALA
Le poème comme avenir de la femme

A Alger, à Cherchell, à Bougie ou à Collo, les femmes se réunissent souvent pour jouer à la bouqala, un rite de divination et de poésie. Les séances se tiennent la nuit et ne concernent que les femmes. Après le thé ou le café, la maîtresse de maison ramène un bocal (bouqala) rempli de l'eau de sept sources ou de sept fontaines. Chaque femme y dépose un bijou, une bague, une broche ou une boucle d'oreille. La doyenne prend le bocal pour le tourner sept fois au-dessus d'un brasero, où brûle de l'encens, en récitant des formules incantatoires.
Elle demande alors à chaque femme de penser à une personne chère ou à une situation qui la préoccupe. Après s'être concentrée, elle récite une bouqala, un poème court de quatre ou cinq vers. Le poème peut lui venir de la mémoire séculaire des ancêtres ou juste de l'improvisation du moment. Puis les femmes demandent à une vierge de prendre au hasard un bijou du bocal. La propriétaire du bijou sorti de l'eau doit, avec le groupe, trouver dans le poème récité ce qui peut éclairer sa vie, ses amours, lui annoncer des départs, des joies ou des malheurs.
Le poème est là pour lui dire son avenir. Et, comme ce poème est souvent vague et imagé, tous les futurs pour la femme sont possibles.
Encore vivace, la bouqala présente mille variations. Cette poésie anonyme et orale est essentiellement citadine et féminine. Son langage emprunte aussi bien au français, à l'espagnol, qu'à l'italien. On y trouve même des rythmes inspirés de la poésie andalouse, c'est dire à quel point la bouqala plonge loin ses racines dans l'histoire de la Méditerranée.
On sait combien les femmes algériennes sont recluses et leur avenir indécis. La bouqala leur permet, le temps d'une séance, de fuguer ensemble et d'arracher leur avenir des mains des hommes pour le confier au poème.


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