Auteur : Boutros Dib
Date de saisie : 08/10/2006
Genre : Documents Essais d'actualité
Editeur : P. Rey, Paris, France
Prix : 30.00 € / 196.79 F
ISBN : 978-2-84876-073-5
GENCOD : 9782848760735
Un collectif d'historiens, presque tous libanais et de confessions religieuses diverses, se sont efforcés de faire taire les polémiques afin d'offrir une vision sereine de l'histoire fort mouvementée du Liban depuis des siècles. Dans un style simple, vivant, concret, animés par l'amour du pays et le souci d'en donner une vision objective, ils se sont attachés à dégager les constantes de cette histoire et ses particularités, offrant ainsi au lecteur toutes les clés pour démêler les fils de l'actualité.
Boutros Dib avait coutume de dire que le Liban, depuis des millénaires, «a toujours vécu sur la corde raide». Le pays s'est relevé chaque fois de ses crises, si douloureuses fussent-elles, poursuivant sa construction dans la continuité. Ainsi, embrasser l'histoire du «pays du lait et du miel» depuis son origine nous permet de comprendre comment et pourquoi il fut de tout temps traversé par des civilisations multiples (phénicienne, grecque, romaine, arabe, européenne) qui ont marqué d'une empreinte très forte les différentes régions du pays. Cet ouvrage nous éclaire parfaitement sur la tradition d'ouverture, de libéralisme au sens large, sur la richesse et la diversité, dans l'unité, de la mosaïque libanaise.
Alors que le Liban connaît de nouveau une période troublée, ce livre est, à sa manière, porteur d'un message d'espoir.
Boutros Dib, aujourd'hui décédé, a été notamment directeur général de la présidence de la République libanaise, recteur de l'Université libanaise, ambassadeur du Liban au Saint-Siège, à l'Unesco et en France. Il a dirigé une équipe de neuf historiens lors de l'élaboration du présent ouvrage.
Extrait du prologue de Boutros Dib :
Une histoire du Liban, pourquoi ? Les ouvrages qui traitent de la question ne manquent pas, à commencer par les manuels scolaires. Dans une autre optique, des plumes autorisées, que nous tenons en haute estime, ont aussi attaqué le sujet. Mais, pour des raisons diverses, elles ne l'ont pas envisagé dans son intégralité. Par ailleurs, certains auteurs ont été l'objet de critiques, souvent polémiques, où les considérations politiques, idéologiques et autres figurent en bonne place.
Brosser, dans une perspective nouvelle et neutre, une fresque panoramique de l'histoire du Liban, des origines à 1974, dégageant ses constantes et mettant en lumière ses particularités et ses traits spécifiques à travers les âges, nous a paru oeuvre utile.
À cet effet, nous avons remonté les siècles, écoutant les millénaires le long desquels s'est déroulée l'épopée de l'existence libanaise. Tâche ardue surtout pour ce qui concerne les temps reculés où l'histoire du pays a été écrite - du moins dans ce qui nous en est parvenu - plutôt par d'autres et, parmi eux, beaucoup étaient dans des sentiments peu favorables, voire hostiles. Qu'il nous suffise de citer le cas des Grecs parlant de la Phénicie rivale, ou celui des Romains parlant de Carthage.
Autre difficulté : le Liban est à la fois un lieu de passage et un refuge. De temps immémorial, il connaît les invasions et l'immigration aussi bien que l'émigration. Le brassage humain représente une constante de son histoire. Parler, dans ces conditions, d'une identité spécifiquement libanaise ressemblerait à une gageure.
Et pourtant cette identité existe bien. Pour la mettre en lumière, nous la laisserons se dégager naturellement à travers une description sereine et objective de la vie libanaise dans ses différentes manifestations : sociales, religieuses, culturelles, économiques, politiques et aussi militaires car l'épée, tout comme la pioche et la plume, a contribué à façonner et à délimiter le Liban. Certes, nous ne consacrerons pas à l'histoire militaire les développements et la place que lui réservaient les chroniqueurs du bon vieux temps. Mais nous ne saurions non plus faire fi de son rôle dans la genèse historique du pays.
La pérennité d'une société et la continuité de la personnalité d'un peuple ne sont pas à confondre avec la permanence de l'État. «Nous autres, civilisations, écrivait Paul Valéry, nous savons maintenant que nous sommes mortelles.» Il en est de même des États. Nul pays ne peut se prévaloir d'avoir constitué, dans ses frontières ou ses formes actuelles, une entité étatique souveraine. Mais la vie d'un peuple offre, à la fois par sa continuité et ses vicissitudes, un cadre institutionnel dans lequel le concept de l'État apparaît comme la résultante juridique d'une évolution géopolitique plus ou moins longue.
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