Auteur : Claude Dilain
Date de saisie : 17/10/2006
Genre : Documents Essais d'actualité
Editeur : Stock, Paris, France
Prix : 16.50 € / 108.23 F
ISBN : 978-2-234-05953-5
GENCOD : 9782234059535
C'est à Clichy-sous-Bois, à l'automne 2005, après la mort tragique de deux adolescents, que les émeutes qui ont ébranlé la France ont vraiment commencé. Les images des affrontements avec la police et des voitures calcinées ont fait le tour du monde. Mais qui connaît vraiment Clichy-sous-Bois ?
Claude Dilain est maire de cette commune depuis 1995. Né à Saint-Denis d'une famille modeste, c'est à Clichy qu'il s'installe comme pédiatre et qu'il découvre la violence du combat politique lors de campagnes électorales houleuses.
Loin des clichés, il évoque le courage et la dignité des habitants d'une des villes les plus pauvres de France. Il exprime la colère et le désespoir d'une population abandonnée par la République.
N'est-il pas temps de changer notre regard sur ces banlieues, si proches et si lointaines, dans lesquelles se concentrent tous les maux de notre société, se demande Claude Dilain.
Cette chronique du quotidien est un témoignage émouvant et passionné. Celui d'un homme amoureux de sa ville, qui croit profondément aux valeurs de la République. Au-delà de la crise des banlieues, il nous alerte sur le discrédit qui touche nos institutions.
Un livre essentiel pour comprendre les enjeux politiques et humains des débats à venir.
Claude Dilain est né à Saint-Denis où il passe son enfance et son adolescence. En 1978, il s'installe comme pédiatre à Clichy-sous-Bois. Élu maire socialiste en 1995, il a été vice-président du Conseil national des villes jusqu'en 2005.
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Extrait du prologue :
Le 27 octobre 2005 à 18 h 12, très exactement, les Clichois furent brutalement privés d'électricité. Tous les Clichois car, à l'évidence, il s'agissait d'une panne générale. Même si ce genre d'incident est peu fréquent, ici, à Clichy-sous-Bois, même si la panne dura un peu plus que de coutume, il n'y avait rien pour inquiéter immédiatement le maire. Rien de nature à troubler une des rares soirées tranquilles que mon agenda me permettait de passer chez moi, en famille.
Deux heures plus tard, je reçois un appel téléphonique de mon adjoint de permanence Jean-Claude Piot. C'est un élu expérimenté qui sait faire face à la plupart des situations d'urgence. Il me dérange rarement. Pourtant, cette fois, sa voix est inquiète. Il m'informe qu'il vient de recevoir un appel de la gardienne de la mairie le prévenant que deux Clichois auraient été électrocutés à la «base EDF». Électrocutés ? Je n'ose imaginer le pire. Je lui demande de préciser. Il ne sait pas : la gardienne n'a rien dit de plus. Quelle «base EDF» ? Il y en a deux : le centre administratif et technique de la ville que, dans notre jargon, nous nous obstinons à appeler «base EDF» car le bâtiment appartenait à cette entreprise avant de nous être cédé, et le grand transformateur haute tension, si dangereux que, quelques années plus tôt, nous avions fait réaliser des fresques sur son mur d'enceinte par les enfants, en partenariat avec l'Education nationale, pour faire comprendre et respecter l'interdiction d'entrée. Il ne sait pas non plus, la gardienne n'a pas plus d'informations ! Cette double imprécision m'inquiète. Sans doute pour conjurer notre angoisse, Jean-Claude et moi tombons d'accord : il doit s'agir du centre administratif et technique. Sans oser nous l'avouer, nous penchons pour cette hypothèse car nous savons que ce lieu est bien moins dangereux et qu'un drame véritable y est très peu probable. À cet instant j'espère, j'essaie encore de me persuader, que la gardienne a mal interprété le message peu précis de la police. Rassurons-nous, il ne doit s'agir que de quelques gamins qui ont dû prendre une «châtaigne» en voulant forcer le portail électrique... Nous nous donnons donc rendez-vous devant le CAT.
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