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Correspondance. Volume 1

Couverture du livre Correspondance. Volume 1

Auteur : Gilbert Romme

Date de saisie : 08/10/2006

Genre : Biographies, mémoires, correspondances...

Editeur : Presses universitaires Blaise Pascal, Clermont-Ferrand, France

Collection : Histoires croisées

Prix : 32.00 € / 209.91 F

ISBN : 978-2-84516-309-6

GENCOD : 9782845163096


  • La présentation de l'éditeur

Édition établie par Anne-Marie Bourdin, Philippe Bourdin, Jean Ehrard, Hélène Rol-Tanguy et Alexandre Tchoudinov

Né à Riom, Gilbert Romme (1750-1795) est à la fois une personnalité auvergnate attachante et une grande figure nationale de la Révolution française, dont la riche correspondance - très largement inédite - est dispersée entre plusieurs fonds à travers toute l'Europe. Les lettres proposées dans ce premier volume sont celles du temps des études de Romme à Paris. D'un côté, la découverte de la capitale du temps des Lumières par un jeune provincial pauvre ; en retour, le tableau de la société riomoise par des amis restés au pays.
Introduction, notes, notices biographiques et annexes fournissent les informations utiles pour pleinement profiter de la saveur des textes.





  • Les premières lignes

Romme dans l'historiographie de la Révolution française

«Je lus dans un journal que Romme, condamné avec Soubrany, vivait encore [...]. Je dis qu'il fallait laisser à la postérité le jugement ultérieur des hommes dévorés par la Révolution, que si les partisans de Romme et de Soubrany se croyaient en droit de les venger, Robespierre et Couthon auraient aussi leurs apologistes ; qu'on se passionnerait pour des hommes qui, s'ils ont été vraiment républicains, n'ont pas voulu être une pomme de discorde entre les amis de la liberté et de la patrie»'. Telle est l'épitaphe prononcée devant les «néo-jacobins» de Clermont-Ferrand quand la défense des valeurs de la République imposait de regrouper tous ses thuriféraires, au-delà des divisions de l'an II ! Romme, «martyr de prairial» condamné à mort en juin 1795, n'avait certes pas davantage que ses collègues Duquesnoy, Duroy, Goujon, Bourbotte, Soubrany2, survécu au poignard du suicide ou à la guillotine du bourreau, quoi qu'en dît une certaine presse, empressée de le faire revivre sur les routes de Russie où il s'était illustré comme précepteur dans la dernière décennie de l'Ancien Régime, ou de l'imaginer soulevant le peuple le 18 fructidor an V (4 septembre 1797) ou au soir du 18 Brumaire. Cette invention immédiate d'une postérité mythique comme l'apostrophe aux militants clermontois prouvent au moins une chose : Romme figurait alors bel et bien parmi les figures politiques emblématiques des riches heures de la Révolution, tant comme compatriote auvergnat que comme responsable national3. C'est de lui et de ses compagnons dont se souvenait déjà Babeuf dans le n° 228 du Journal des hommes libres, le 29 prairial an IV (17 juin 1796) : «Réflexions d'un républicain sur le mois de prairial de l'an IV, et le mois de prairial de l'an III, à la mémoire de Romme, Goujon, Bourbotte, Duroy, Duquesnoy, Soubrany»4 ; il en avait appelé une nouvelle fois à leurs mânes lors de son procès :
«Il n'y eut que vous, ô Gracques ! ô immortels Français ! il n'y eut que vous de généreux ; il n'y eut que vous qui osâtes vous déclarer les appuis et les défenseurs du peuple ; il n'y eut que vous dont le dévouement entier appuya ses trop justes demandes : Du pain et des lois. Goujon, Duroy, Romme, Soubrany, Duquesnoy, Bourbotte, illustres victimes ! vous dont les noms à jamais célèbres ont déjà retenti dans cette enceinte, où ils retentiront encore plus d'une fois ! vous dont nous ne cessons d'honorer les mânes dans nos chants quotidiens ! vous dont la constance dans les fers et devant des juges-bourreaux nous servira d'exemple pour supporter la captivité la plus longue et la plus dure ! vous enfin, que les méchants ont tué, mais qu'ils n'ont pu flétrir un seul jour ! glorieux martyrs ! intrépides soutiens de l'égalité sainte ! vous sauvâtes à la liberté, à la souveraineté du peuple, à tous les principes garants de son bonheur l'opprobre d'être envahis sans une courageuse résistance... Nous avons dû vous remplacer après votre chute ; tombés comme vous, nous devons vous imiter et paraître devant nos persécuteurs, inébranlables comme vous ; et tout véritable républicain doit honorer l'époque où vous mourûtes victimes des plus détestables ennemis de la république...». Là, le tribunal força Babeuf à se taire.


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