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Danielle Mitterrand : la petite fille qui voulait être Antigone...

Couverture du livre Danielle Mitterrand : la petite fille qui voulait être Antigone...

Auteur : Françoise Xenakis

Date de saisie : 08/10/2006

Genre : Biographies, mémoires, correspondances...

Editeur : Ramsay, Paris, France

Prix : 19.00 € / 124.63 F

ISBN : 978-2-84114-796-0

GENCOD : 9782841147960


  • La présentation de l'éditeur

Danielle Mitterrand
La petite fille qui voulait être Antigone...ou la petite chèvre de M. Seguin

«Danielle Mitterrand n'a pas une réputation, dans notre société si policée, si cultivée, si raffinée, de femme très fine ni même très intelligente ! Les médias en ont décidé ainsi. L'ont-ils rencontrée ? Pas forcément. Elle aussi, on l'a rangée dans la catégorie des épouses d'hommes célèbres qui n'ont pas su s'élever en même temps que leur époux. Danielle Mitterrand n'a pas fréquenté les grandes universités ? C'est vrai. Elle s'est mariée et a attendu son premier enfant à vingt ans.»

Oui, Danielle Mitterrand n'a semble-t-il jamais collé à l'image de ce que doit être «une Première dame de France». À savoir une femme plus que discrète, dénuée d'opinion, et de caractère - une sourde et muette assez jolie, mais pas trop, serait l'idéal.

Les chats ne faisant toujours pas de chiens, Danielle Mitterrand, née Gouze, a hérité du caractère de son père, instituteur radical-socialiste, de surcroît franc-maçon, un rien intransigeant, qui lui a inculqué une admiration totale pour les héros et le sens du courage. Elle est entêtée, Danielle, absolue. À seize ans, elle est au maquis, où elle rencontrera, entre autres, un beau ténébreux qu'elle épousera la veille de ses vingt ans : François Morland = François Mitterrand. Seule la mort interrompra ce long mariage.

Vivante, sensible, iconoclaste, douloureuse, tendre, Françoise Xenakis, tout comme dans Zut, on a encore oublié Madame Freud... ou Mouche-toi Cléopâtre, nous donne à lire dans un récit sans tabou la vie ô combien difficile de cette désormais «vieille» petite fille de plus de quatre-vingts ans, toujours prête à partir au bout du monde pour tenter d'aider ceux qui sont perdus, abandonnés. Pour s'oublier, elle ?

Françoise Xenakis, écrivain et journaliste, a notamment dirigé les pages littéraires du journal Le Matin et a donné une chronique littéraire pendant plus de vingt-cinq ans dans Les Mots de Françoise Xenakis sur France 2. Elle est l'auteur de vingt et un romans et essais, dont le dernier est Regarde, nos chemins se sont fermés, un livre d'amour et de deuil.





  • Les premières lignes

En guise de prologue

Il y a longtemps déjà, je m'étais penchée avec tendresse sur la vie des femmes d'hommes célèbres car, au fil des textes consacrés à leurs grands époux, je m'étais aperçue que tous les biographes, je dis bien tous, avaient fait de la légitime une imbécile, une grincheuse, une jalouse, une miteuse, une bornée, une démoniaque qui perdait les épingles de son chignon dans la soupe, et j'en passe. Les maîtresses ? Elles s'en sortaient moins mal.
Je m'étais alors acharnée à redonner un peu de rose aux joues de ces jeunes épouses malmenées, à dépoussiérer leur image, bref à leur «injecter» un peu de vie. En effet, pourquoi est-ce que les créateurs, mieux, les génies, épouseraient, comme l'Histoire avec un grand H le prétend invariablement, de misérables petites crottes ? Comment ? Une exception ? Vous avez raison : la première épouse de Einstein... On prétend même que le vrai Einstein, c'est elle, mais il l'a rejetée, niée très vite. Elle a fini ses jours femme de ménage, en s'occupant du moins mal qu'elle pouvait d'un fils schizophrène, né de son mariage avec le célébrissime physicien. J'avais alors écrit Zut, on a encore oublié Madame Freud, où je m'étais amusée à ressusciter certaines de ces dames. Pour être équitable, je m'étais penchée ensuite sur les époux des femmes célèbres. Le livre était beaucoup plus menu, c'était Chéri, tu viens pour la photo. Puis il y eut Mouche-toi Cléopâtre, l'histoire d'une jeune reine héroïque, prodigieuse, traînée dans les sables et les boues des historiens romains (un rien revisitée en mieux ces temps derniers...). Persuadée que j'en avais fini avec ce rôle de rebouteuse pour femmes malmenées par l'histoire, j'étais retournée à une autre écriture, décidée cette fois, l'âge venant, à m'attaquer au sale petit noeud bien emmêlé qui fait que je suis devenue écrivain, pour enfin pouvoir toucher du doigt cette sérénité après laquelle je cours depuis que j'ai des jambes, et ne plus chercher un Bic, un bout de papier, persuadée soudain que la phrase-clé est là, au bord de mes lèvres, et qu'il ne me reste plus qu'à l'écrire pour apaiser cette saleté d'angoisse qui me taraude.


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