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Coupoles

Couverture du livre Coupoles

Auteur : Jean-Jacques Terrin

Date de saisie : 07/10/2006

Genre : Architecture

Editeur : Hazan, Paris, France

Prix : 47.00 € / 308.30 F

ISBN : 978-2-7541-0031-1

GENCOD : 9782754100311


  • La présentation de l'éditeur

Cet ouvrage richement illustré, explique en quoi la construction d'une coupole révèle à la fois les capacités technologiques de la civilisation qui la réalise et la dimension symbolique qu'elle accorde au cosmos. Son évolution, influencée successivement par l'Orient et par l'Occident, permet ainsi de tracer une sorte d'itinéraire géographique de l'architecture des bâtiments à plan centré depuis plus de deux mille ans, de Bagdad à Vienne en passant par Jérusalem, Rome, Istanbul, Londres, Osaka, Séoul ou Paris.

La construction d'une coupole a été la hantise de générations d'architectes, le défi le plus difficile qu'ils ont eu à relever. Que l'on songe au Panthéon romain qui valut tant de vicissitudes aux architectes d'Hadrien, aux difficultés des bâtisseurs de la voûte de Sainte-Sophie qui s'écroula cinq ans après l'entrée triomphale de Justinien dans l'édifice, aux déboires de Brunelleschi avec les patriciens de la cathédrale de Florence... Faisant un immense saut dans le temps, il faut attendre le XXe siècle pour voir ces performances dépassées : l'Albert Hall en 1871 est le premier ouvrage à surpasser en portée le Panthéon de Rome ; suivit en 1958 par le Cnit de la Défense à Paris, lui-même battu en 1975 par le Superdome de la Nouvelle Orléans !
Car une coupole est une construction complexe. Elle nécessite des connaissances techniques et géométriques approfondies, une main d'oeuvre compétente, des matériaux bien adaptés. Les moyens mis en oeuvre pour réaliser un tel ouvrage constituent en quelque sorte une technique de pointe qui permet de mesurer le niveau de sophistication de la société qui l'a engendré. Cet ensemble constructif - composé d'une voûte centralisée, d'une base orthogonale, et d'une zone de transition - a nécessité des siècles d'expérimentation, de mises au point empiriques, d'échecs retentissants. Progressivement étudiée tout au long de l'antiquité, magistralement résolue à l'époque byzantine, relancée et magnifiée tant par les architectes musulmans que chrétiens, la coupole a connu une longue période de léthargie jusqu'au XIXe siècle. Depuis, les nouvelles techniques constructives en ont fait un emblème des temps modernes.
La coupole a aussi été l'occasion d'innombrables réflexions théoriques, d'interprétations spécifiques, d'adaptations culturelles. Elle a constitué le siège de représentations symboliques diverses et de visions cosmologiques. Car la coupole et plus particulièrement le passage qu'elle opère entre le carré et le cercle - la zone de transition, comme l'appellent les architectes - révèle la dimension symbolique que celle-ci accorde au cosmos. Elle contient une dimension mythique qui s'explique par la spéculation propre à tout peuple sur son retour aux sources et par le lien qu'il établit inconsciemment entre la coupole et la grotte originelle. Son analogie évidente avec la voûte céleste lui donne une signification mystique. On peut aussi lui attribuer une portée philosophique car elle évoque la perfection d'un cycle et sa totalité. Existe-t-il géométrie plus symbolique qu'une sphère surmontant un cube ?

Jean-Jacques Terrin est architecte, professeur à l'école d'architecture de Versailles, spécialisé dans les relations entre pratiques de projet et nouvelles technologies à travers lesquelles il décrypte les relations complexes qui se sont tissées entre les aspects techniques et symboliques dont résulte la construction de ces ouvrages.





  • Les premières lignes

Extrait de l'introduction :

Et comme le corps ainsi étendu peut être enfermé dans un cercle, on trouvera qu'il peut de même être enfermé dans un carré.
Vitruve, De architectura, III, 1.

«Dieu est dans le détail», se serait plu à dire Mies Van der Rohe, paraphrasant Aby Warburg. Mieux que le monument dans son ensemble, le détail révèle parfois le contexte technique, social et économique - bref, politique - qui l'a vu naître. On a souvent limité les recherches sur les origines d'un édifice aux relations qu'entretenaient l'architecte et le commanditaire. Le mythe du démiurge réalisant pour son prince le palais de ses rêves - mais s'agit-il des rêves du démiurge ou de ceux du prince ? - n'est pas satisfaisant. Qu'on se souvienne des liens ambigus et parfois pervers qui se sont tissés entre des Visconti, des Sforza, des Médicis, des Malatesta ou des Borgia et les hommes pétris d'humanisme auxquels ils ont commandé tant de chefs-d'oeuvre, à une époque que Stendhal résumait en ces termes : «De l'esprit, de la superstition, des assassinats, quelques grands hommes, un nombre infini de scélérats subtils...». Il est certes tentant de démontrer que les monuments vont de pair avec la gloire des peuples - ou de leurs dirigeants -, mais il peut être aussi intéressant de découvrir comment celle-ci se niche dans les détails de leur architecture ; de rechercher comment la cohérence des assemblages, des interfaces, des articulations détermine la qualité - grande ou moins grande -d'un édifice et comment elle peut, par ricochet en quelque sorte, représenter celle de toute une époque ; de vérifier que l'évolution technique, formelle, voire symbolique d'un élément architectural s'adapte à la volonté qu'a une société donnée de représenter sa vision du monde, à son imaginaire, à sa mimesis et à ses capacités de mettre en scène l'image qu'elle se fait du cosmos ; de suivre les chemins de la connaissance, les itinéraires par lesquels s'acquiert l'expérience, les routes le long desquelles circulent les savoir-faire, le style et les méthodes des hommes qui en sont les porteurs; de calculer, enfin, la durée de ces cheminements et les transpositions qui en résultent.


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