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Questions de justice : 1667-1789

Couverture du livre Questions de justice : 1667-1789

Auteur : Benoît Garnot

Date de saisie : 07/10/2006

Genre : Histoire

Editeur : Belin, Paris, France

Collection : Histoire et société

Prix : 19.50 € / 127.91 F

ISBN : 978-2-7011-4454-2

GENCOD : 9782701144542


  • La présentation de l'éditeur

Les archives judiciaires apparaissent aujourd'hui comme l'une des sources les plus fécondes de la recherche historique. Parmi elles, les factums (ou «mémoires») d'avocats figurent en grand nombre aux XVIIe et XVIIIe siècles. Ils sont utilisés ici pour une contribution à l'histoire criminalo-judiciaire de la France, du règne de Louis XIV à celui de Louis XVI. Fondée sur l'analyse d'affaires banales, seules représentatives de la réalité, cette approche débouche sur une description nuancée et renouvelée d'une réalité complexe. La première partie du livre met l'accent sur le renforcement de la justice royale au détriment des autres justices, sa laïcisation, la prise en compte de l'évolution des valeurs, notamment de l'honneur... La justice du roi savait s'adapter avec souplesse aux changements de la société. La seconde partie du livre s'intéresse aux problèmes rencontrés par la Justice au quotidien. Parmi ceux-ci, le principal était celui de l'établissement des preuves de culpabilité, fondées surtout sur les témoignages. En temps normal, les précautions prises par les juges bénéficiaient aux justiciables, relaxés au moindre doute. Mais dans les affaires les plus graves, lorsque la pression sociale exigeait la désignation de coupables, des exceptions procédurières pouvaient déboucher sur des erreurs judiciaires.
La publicité qui a été faite à ces erreurs pendant la seconde moitié du XVIIIe siècle a contribué à noircir ultérieurement l'image de la justice d'Ancien Régime. Pourtant, comme le montre ce livre, elle cherchait le plus souvent à réconcilier plutôt qu'à punir.

Agrégé d'histoire et docteur es lettres, Benoît Garnot est professeur d'his­toire moderne à l'université de Bourgogne. Il s'est spécialisé dans l'étude des archives judiciaires des XVIIe et XVIIIe siècles. Il a publié une vingtaine d'ouvrages et en a dirigé une quinzaine d'autres.



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  • Les premières lignes

Extrait de l'introduction :

Depuis que les historiens ont commencé à s'intéresser sérieusement à l'histoire de la justice pendant l'Ancien Régime, à la fin des années 1960, et que Michel Foucault a contribué à mettre ce thème à la mode en 1975, les connaissances et les perspectives de recherche se sont profondément renouvelées. Ainsi des théories qu'on croyait, à cette époque, solidement établies, comme le passage de la violence au vol au cours du XVIIIe siècle ou le rôle uniquement répressif et coercitif de la justice, sont-elles aujourd'hui abandonnées par les spécialistes. Quant à la justice civile et à la petite délinquance, alors absentes des préoccupations des chercheurs, elles sont devenues pour eux des thèmes prioritaires. Au total, les archives judiciaires apparaissent aujourd'hui comme l'un des réservoirs les plus féconds de la recherche historique sur la période moderne, au-delà d'ailleurs des historiens de la justice.
Parmi ces archives, ou plutôt à leur marge, car ils ne sont pas élaborés directement par l'institution judiciaire, les factums (ou «mémoires») d'avocats, qu'on pourrait qualifier de plaidoiries écrites, constituent une source originale et considérable en quantité. Ils ont en effet été conservés par milliers dans certains dépôts d'archives ou bibliothèques, par exemple à la bibliothèque municipale de Dijon où je les ai largement mis à contribution : ce livre sera surtout fondé, mais pas exclusivement, sur des affaires bourguignonnes ou proches de la Bourgogne (notamment la Franche-Comté), cette localisation ne constituant nullement un handicap au point de vue de la crédibilité scientifique puisque les pratiques judiciaires sont à peu près uniformisées dans l'ensemble du royaume à l'époque considérée, comme le montreront de nombreuses comparaisons hors de la Bourgogne. Les factums se présentent sous la forme de petits ouvrages imprimés, brochés, d'épaisseur très variable, minces le plus souvent, mais pouvant atteindre parfois jusqu'à cent ou deux cents pages. Si les factums sont aussi nombreux, c'est à cause de la place importante qu'ils tiennent dans le fonctionnement de la justice d'Ancien Régime, tant civile que criminelle. Au civil, les factums consti­tuent le prolongement logique de la plaidoirie prononcée par l'avocat lors de l'audience publique ; ils fournissent donc aux historiens une part essentielle de la documentation, puisque l'audience laisse peu ou pas du tout de traces écrites. Il en va autrement pour les affaires criminelles.


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