Auteur : Ed Gorman
Traducteur : Pierre Sérisier
Date de saisie : 04/10/2006
Genre : Policiers
Editeur : Ed. de l'Aube, La Tour-d'Aigues, France
Collection : Regards croisés. L'Aube noire
Prix : 18.90 € / 123.98 F
ISBN : 978-2-7526-0267-1
GENCOD : 9782752602671
Nous sommes le 14 septembre 1957. C'est le jour du lancement officiel de la Edsel, dernière création de la gamme Ford qui sera un sensationnel fiasco commercial. En attendant, la petite ville de Black River Falls se prépare à la fête dans une ambiance de kermesse très américaine quand une jeune femme, épouse d'un ambitieux homme d'affaires, est retrouvée morte dans le coffre de l'un des trois modèles exposés chez le concessionnaire local. McCain, jeune avocat qui arrondit ses fins de mois en enquêtant pour le compte de la juge Esme Anne Whitney, se voit une fois encore obligé de faire équipe avec le chef de la police locale Cliff Sykes, son pire ennemi. Bien sûr, tout n'est qu'histoires de haine, d'argent et d'amour résolues avec maestria par notre héros préféré, lui-même plongé dans de terribles affres sentimentales, cocasses parfois, toujours émouvantes. Une brillante fresque sociale, acérée et pleine d'humour, d'une certaine middle class américaine à travers une enquête noire à souhait.
Ed Gorman, dont l'Aube a déjà publié Le Jour où la musique est morte, poursuit ici la série des aventures de Sam McCain composée de six romans, dont les titres sont tous des reprises de standards du rock'n'roll des années 1950.
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Elvis se pencha vers moi et me dit: «Tu sais à quoi cela ressemble ?
- À quoi ressemble quoi ?
- Cette grille.
- Non, dis-je. À quoi elle ressemble ?»
Il m'adressa un large sourire «On dirait la -». Il me murmura à l'oreille le mot désignant la partie la plus intime de l'anatomie d'une femme.
Évidemment, il ne s'agissait pas vraiment d'Elvis.
En ce samedi 14 septembre 1957, à Black River Ealls, Iowa, sur le parking de la concession Eord-Lincoln gérée par Dick Keys, il y avait une douzaine d'Elvis, pas moins de huit James Dean, six Marlon Brando et une bonne vingtaine de Kim Novak. Tout le monde rêve d'être quelqu'un, alors pourquoi ne pas choisir un personnage célèbre ?
Je trouve qu'il y a quelque chose de triste à essayer d'être quelqu'un d'autre que soi-même. Pendant longtemps, j'ai voulu devenir Robert Ryan. J'adorais la force tout irlandaise et un peu effrayante qui animait son personnage. Malheureusement, Ryan ne portait aucun signe distinctif- du genre coupe de cheveux à la Elvis, blouson rouge à la James Dean ou tee-shirt aux manches roulées sur les biceps à la Marlon; aussi, quand je me promenais en ville en faisant semblant de me faire passer pour Ryan, personne ne me remarquait. C'était très frustrant. Peut-être qu'il aurait dû porter un bandeau sur l'oeil.
Étant un fondu de voiture, j'attendais ce moment depuis des mois. Le jour que la famille Ford de Détroit, Michigan, avait choisi pour nous présenter la plus futuriste, la plus sensationnelle des voitures, la Edsell.
J'imagine que la façon dont nous nous comportons vis-à-vis des voitures en dit long sur chacun d'entre nous. Un jour, un diplomate russe avait fait remarquer que les Américains étaient les seules personnes qu'il connût capables d'écrire des chansons parlant de leurs voitures. Bon sang, moi, je faisais pire. J'en rêvais. Oh ! Bien sûr, je rêvais aussi des filles, et surtout de la belle Pamela Forrest, mais je rêvais aussi de voitures. Une Mercury de 49, noire, effilée et surbaissée, aurait trouvé sa place à côté de ma décapotable Ford rouge. Ou alors, une de ces petites bombes rubis à deux places...
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