Auteur : Orlando de Rudder
Illustrateur : Emmanuel Pierre
Date de saisie : 03/10/2006
Genre : Cuisine, Gastronomie, Vins
Editeur : Larousse, Paris, France
Prix : 9.90 € / 64.94 F
ISBN : 978-2-03-532281-4
GENCOD : 9782035322814
Aller aux asperges, être chocolat, consoler son café, en rester baba, se mettre la rate au court-bouillon, être pot-au-feu, passer à la casserole, sucrer les fraises, faire pot-bouille... la langue française est riche d'expressions imagées empruntant au vocabulaire de la nourriture et de la cuisine.
Guidé par un fort appétit et une curiosité tout autant gustative que littéraire, Orlando de Rudder nous offre un florilège original de mots et d'expressions à savourer.
Suivant son chemin et ses goûts, il retrace les usages pétillants, gouleyants ou charnus de ces mots, agrémentant ici et là son propos de références littéraires, de commentaires croustillants, d'anecdotes piquantes, et évoquant au passage les petits plats qui chantent encore dans sa mémoire.
Un ouvrage de gourmand gourmet, fin goûteur de mots et de mets !
Romancier, Orlando de Rudder étudie également de très près la langue et son évolution. Parmi ses nombreux ouvrages, citons : Ces mots qui font du bruit, un dictionnaire des onomatopées et des interjections, un Bréviaire de la gueule de bois ainsi que, dans cette même collection, un dictionnaire commenté des expressions latines : In vino veritas.
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Extrait de l'avant-propos :
En douceur
Les usages qui seront traités dans cet ouvrage demeurent dans la langue : il n'existe pas de frontière au-delà de laquelle nous nous trouverions dans un «ailleurs» langagier. De même, si les mots vieillissent, deviennent caducs, disparaissent et que certains reparaissent, cela ne signifie pas qu'il y ait une frontière étanche entre un avant et un après : tout se passe en douceur, dans la continuité des paroles humaines et dans la pérennité des écrits :
C'est ainsi que vivent les langues, une vie non biologique, mais sémantique. (Françoise Mandelbaum-Reiner, présentation du séminaire «Les usages populaires des langues d'Europe», Université européenne de la recherche, 2005.)
Le parfum...
Il existe de gros mots, il en est des maigres. Certains sont allégés, d'autres en font un peu trop... Tous ont leur saveur et sont «viandes à assaisonner d'épices» de syntaxes, d'«aromates» sémantiques. Au VIe s. Smaragde célébrait déjà le «parfum de la grammaire»... J'espère que cette «osmazôme» subtile sourd parfois de mes propos, car tel est ici mon but.
Cuisine céleste
La chair, le suc des mots demeurent mystérieux et l'art de poésie est cuisine céleste. Et quelle cuisine ! De la cuisine bourgeoise «comme chez soi» - mais avec une virtuosité fallacieuse - de Rabelais à l'exactitude quasi zen de Mallarmé, en passant par les ragoûts somptueux aux suaves «gouleyances» d'un Victor Hugo, tout existe dans la nature des mots. N'oublions pas l'art subtil d'Anatole France confronté au superbe salmigondis d'envie pimentée de dépit de ce pauvre Aragon. Ni les faux airs de maman gâteau de la dentue George Sand, comme l'appétit d'ogresse de Colette, l'allumée : tout existe dans la nature des mots, dans la nature du goût, dans la gourmandise. Surtout chez les femmes et les hommes de parole, «forts en gueule» ! Et puis, de Raymond Roussel, frénétique gourmet, à Lawrence Sterne, j'ai fait mon chemin dans les mots à déguster et cueilli quelques fruits, j'ai dévoré quelques viandes et j'ai aimé, peut-être... Certainement.
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