Auteur : Massimo Gaggi | Edoardo Narduzzi
Traducteur : Jean-Luc Defromont
Date de saisie : 03/10/2006
Genre : Documents Essais d'actualité
Editeur : L. Levi, Paris, France
Collection : Essais
Prix : 16.00 € / 104.95 F
ISBN : 978-2-86746-428-7
GENCOD : 9782867464287
Après avoir été pendant deux siècles l'élément porteur de la société occidentale, les classes moyennes sont sur le point de s'éclipser. Les changements imposés par le contexte historique et la globalisation semblent avoir raison d'elles. Ce qui les attend ? Rejoindre la «classe de la masse» qui consomme low cost aussi bien l'habillement que l'habitat, le tourisme, le téléphone, les transports. Et bientôt les services publics. Inaptes à se plier aux mutations économiques, les classes moyennes s'interrogent avec angoisse sur leur avenir. Cet essai éclaire de façon inédite l'un des points primordiaux de la crise que tous les pays occidentaux traversent, et pose la question fondamentale : comment sera la société de demain privée de classes moyennes ?
Massimo Gaggi est le correspondant du Corriere délia Sera à New York pour les rubriques économique, fiscale et politique. Edoardo Narduzzi, professeur en technologies de la communication à l'université de Rome, chef d'entreprise passionné par les effets socio-économiques des mutations technologiques, est également journaliste. Il vit en Italie.
Extrait de l'introduction :
Les démocraties industrielles occidentales sont en pleine tempête. Les classes moyennes voient fondre leurs revenus et leurs sécurités, les travailleurs (surtout ceux non spécialisés) et les retraités sont guettés par la pauvreté, les nouveaux riches étalent partout leur opulence : en somme, le marché est de plus en plus impitoyable. Néanmoins il fonctionne.
C'est un véritable tremblement de terre qui bouleverse profondément les mécanismes de distribution des revenus et accélère le processus de disparition effective de ces «classes moyennes» que nous avons connues au XXe siècle et qui ont perdu leurs spécificités lorsque les conditions historiques qui avaient permis leur succès ont disparu. Plusieurs facteurs expliquent ce déclin : la fin de l'époque d'une croissance systématique, qui permettait aux individus auxquels la fortune ne souriait pas encore de se sentir malgré tout «en liste d'attente» et non exclus; la perte de la sécurité de l'emploi; et pour finir l'impact sur la structure sociale de mécanismes de marché dont les paramètres sont constamment modifiés par l'évolution technologique.
Dans de nombreux pays, la diffusion de l'offre de produits et de services low cost augmente sensiblement le pouvoir d'achat des salariés. Ce phénomène est appelé à jouer un rôle plus important dans l'économie des pays occidentaux qu'une éventuelle réforme de la fiscalité ou de la protection sociale, parce qu'il est en train de substituer un magma social indistinct aux anciennes cristallisations d'intérêts autour des mécanismes de redistribution étatiques: il s'agit d'une «classe qui n'en est plus une», faite d'individus qui revendiquent la protection en tant que consommateurs, contribuables et bénéficiaires - effectifs ou potentiels - de retraites, de subsides et de prestations d'assistance diverses et variées.
Ce vaste magma social est délimité vers le bas par la classe des «nouveaux pauvres», pour la plupart des travailleurs non spécialisés soumis à la concurrence de la main-d'oeuvre des pays en voie de développement, et vers le haut, par une robuste classe aisée composée de riches «consolidés» et de la nouvelle bourgeoisie de la connaissance.
Le déclin de la classe moyenne n'est certes pas un coup de tonnerre dans un ciel bleu: en 1985 déjà, dans son essai The Shrinking Middle Class: Myth or Reality, Neal H. Rosenthal* se demandait si l'on n'assistait pas à un début de polarisation des revenus entraînant justement l'érosion progressive des classes moyennes et l'apparition d'une foule de nouveaux riches et d'une multitude de nouveaux prolétaires.
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