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Une très mauvaise farce

Couverture du livre Une très mauvaise farce

Auteur : Stuart Palmer

Date de saisie : 28/09/2006

Genre : Policiers

Editeur : 10-18, Paris, France

Collection : 10-18. Grands détectives, n° 3954

Prix : 6.90 € / 45.26 F

ISBN : 978-2-264-04270-5

GENCOD : 9782264042705


  • La présentation de l'éditeur

«Oscar, la clé est sous le paillasson. Si, à votre arrivée, je ne suis pas chez moi, venez me chercher à la morgue...» Voilà le mot étrange que trouve l'inspecteur Oscar Piper sur la porte du domicile de Miss Hildegarde Withers. Une fois de plus, la volcanique Hildegarde a quitté New York pour se lancer sur la piste d'un mystérieux personnage qui terrorise les employés du studio Miracle-Paradox en Californie. Miss Withers croit tout d'abord à une mauvaise farce, mais lorsqu'elle découvre le cadavre d'un dessinateur tout habillé et enflé comme une baudruche, il devient évident que l'individu est loin d'être un plaisantin. N'écoutant que son courage et sa légendaire intuition, Miss Withers, flanquée de son cher inspecteur Piper, n'hésitera pas, s'il le faut, à mettre Hollywood sens dessus dessous pour débusquer le coupable.

L'auteur américain Stuart Palmer (1905-1968) est célèbre pour les aventures d'Hildegarde Withers, célibataire new-yorkaise et excentrique, passionnée par les énigmes policières, qui n'est pas sans rappeler la Miss Marple d'Agatha Christie. Remportant un succès immédiat dès la parution de son premier titre, Penguin Pool Murder, en 1931, cette série comporte quatorze épisodes et trois nouvelles, dont beaucoup ont été adaptés sur grand écran par l'auteur lui-même. Il a également écrit deux enquêtes du détective Howard Rook ainsi que des scripts de cinéma et des séries policières pour la RKO (les studios Radio-Keith-Orpheum), dans les années 1940.



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  • Les premières lignes

Matin et soir, soir et matin, les jeunes filles entendaient les gobelins...
Christina Rossetti

Le crépuscule tombait lorsque la jeune femme répondant au nom de Janet Poole regagna le réduit exigu qui lui servait de bureau et baissa les stores vénitiens sur l'après-midi californien détrempé par la pluie. De quelque part à l'autre bout de la Valley parvint le grondement de l'orage ; elle tressaillit, songeant à la croyance qui, dans la Grèce antique, voulait qu'un coup de tonnerre résonnant à gauche de celui qui l'entendait présageât des événements ter­ribles. Ou alors, se dit-elle, un lapin venait de marcher sur l'emplacement de sa future tombe.
Non, pas un lapin, mais plutôt un oiseau, un oiseau très particulier. Elle poussa un soupir. La réunion qui venait de se dérouler à l'étage du dessous dans la salle que tous surnommaient l'étuve avait été interminable : pendant quatre heures, en compagnie d'une dizaine de ses semblables, Jan avait regardé des milliers de crayonnés tremblotants se mouvoir et se fondre sur un écran, animation grossière de ce qui devait un jour devenir Peter le Pingouin au bal cam­pagnard.
Avec une grande gravité, ils avaient visionné les pitreries de ce palmipède dément et asocial en conflit perpétuel avec un hippopotame obèse mais sportif, un faucon malveillant armé d'un six-coups et affublé d'un chapeau de cow-boy, ainsi qu'un chat formi­dable arborant une moustache à la Adolphe Menjou - tous nés de l'encrier, habitants anthropomorphes du monde fantasmagorique qu'on créait ici.
Un jour, avec un peu de chance et au prix d'un immense labeur, cette accumulation de croquis se matérialiserait, se colorerait et prendrait vie comme par enchantement pour briller de mille feux durant quelques minutes dans les cinémas du pays. À cette fin, plus de deux cents artistes, réalisateurs, scénaris­tes, animateurs, illustrateurs, cameramen et monteurs travaillaient d'arrache-pied.
- Qu'on ne me demande pas pourquoi ! chuchota Jan à part soi.


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