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Le perroquet de Budapest : une enfance revisitée

Couverture du livre Le perroquet de Budapest : une enfance revisitée

Auteur : André Lorant

Date de saisie : 27/09/2006

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : V. Hamy, Paris, France

Collection : [bIs]

Prix : 10.50 € / 68.88 F

ISBN : 978-2-87858-237-6

GENCOD : 9782878582376


  • La présentation de l'éditeur

André Lorant est né en 1930 à Budapest dans une famille de la bourgeoisie aisée. La guerre ne lui permet plus d'ignorer ses origines juives : en 1944, il porte l'étoile jaune. Après l'avènement du communisme, ce sont ses origines sociales qu'on ne lui pardonne pas. En 1956 il est déclaré «ennemi de la classe ouvrière». Il choisit alors l'exil, s'installe en France... et devient l'un des spécialistes de Balzac. En 1997, il décide de retourner en Hongrie. Mais à chaque étape du pèlerinage, la nécessaire distance se mue en indifférence. C'est seulement de retour à Paris, chez lui, que l'émotion jaillit et engendre Le Perroquet de Budapest, le récit d'une enfance revisitée.

«Un texte bouillonnant de fureur contenue [...], à la fois quête psychanalytique des origines et recherche conjuratoire du temps perdu par un narrateur écartelé entre des sentiments violemment contradictoires.»

Bernard Le Saux, Madame Figaro


«Comme Vienne vu par Stefan Zweig dans Le Monde d'hier ou Bucarest par Gregor von Rezzori dans les Mémoires d'un antisémite, le Budapest que décrit André Lorant n'existe plus. Et cela rend d'autant plus précieuse cette recherche du temps perdu.»

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  • Les premières lignes

Plus marâtre que mère

La Hongrie ne m'a jamais paru maternellement bonne, bien plutôt le royaume des ogres dévoreurs d'enfants, celui des Magyars, vulgaires et incultes. Issu d'une bourgeoisie commerçante curieusement attachée à la terre -mon grand-père maternel possédait des milliers d'hectares et fut le premier à introduire la pisciculture dans ces contrées ; mon grand-père paternel, lui, se livrait au commerce du blé, fut propriétaire et directeur de grands moulins -, je n'ai pas connu la patrie des grands esprits libéraux, des poètes, des artistes révoltés contre des abrutis vêtus de dolmans qui les laissaient prospérer pour les anéantir plus sûrement. Ces barbares se considéraient comme les descendants de Nemrod et se forgeaient des légendes évoquant leurs origines * touraniennes», c'est-à-dire asiatiques. Ils rêvaient d'ancêtres chassant un cerf miraculeux, apparaissant et disparaissant, qui était censé les avoir conduits jusqu'au bassin des Carpates qu'ils envahirent.
Dans sa Cantata profana, Bêla Bartok se révolte contre cette «épopée des origines» dont il devine le sens occulte. Un père avait neuf garçons qu'il aimait par-dessus tout, raconte le livret. Ils partaient souvent à la chasse, car ils ne connaissaient ni l'agriculture ni l'élevage ; un jour, les jeunes gens s'éloignèrent de leur géniteur et, en suivant la horde prodigieuse, se métamorphosèrent eux-mêmes en cervidés. Le père, ne reconnaissant plus ses enfants, s'apprêtait à les abattre. Alors, ses fils, armés de leurs bois multiples, pointus et dangereusement enlacés, se retournèrent contre lui, menacèrent de le lacérer, de le précipiter contre les rochers et d'anéantir en lui toute trace de vie.


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