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Blanche

Couverture du livre Blanche

Auteur : Patrice Pluyette

Date de saisie : 03/10/2006

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Seuil, Paris, France

Collection : Fiction et Cie

Prix : 12.00 € / 78.71 F

ISBN : 978-2-02-087114-3

GENCOD : 9782020871143


  • La présentation de l'éditeur

Si Blanche est un nuage, c'est un nuage isolé, et c'est le seul nuage au monde à porter un enfant, notre enfant. Blanche disparaît souvent pour s'échapper dans le ciel mais Blanche n'est pas un nuage. Je veux garder Blanche près de moi.

Patrice Pluyette est né en 1977. Il est l'auteur d'un recueil de poèmes, Décidément rien (Librairie-Galerie Racine, 2001), et de deux romans chez Maurice Nadeau : Les Béquilles (2004) et Un vigile (2005).



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  • La revue de presse Philippe Lançon - Libération du 21 septembre 2006

Comme tous les personnages de Patrice Pluyette, le narrateur de son troisième roman flotte dans le blanc d'une existence qu'il ressent plus qu'il n'habite. Il vit de petits boulots. Il a des rapports muets et délicats avec l'absence et les autres. Les phrases, souvent brèves, s'y déposent sans bruit, comme des plumes sur un oreiller. Et l'amoureux de Blanche lui dit : «La neige arrive le jour où tes yeux se rapprochent.»



  • Les premières lignes

C'est vrai que le monde est attirant vu d'ici. On l'aperçoit entre les jambes de Blanche, entre ses jambes et ses bras, par-dessus sa tête, dans les espaces que son corps n'occupe pas. La porte est ouverte. Elle s'en est approchée. Elle a posé un pied dehors sur le portant de l'aile et là, à l'extérieur de l'avion, elle s'est retournée face à moi. C'est un joli matin. Il y a du vent qui pénètre à l'intérieur. L'autre pied je ne sais pas où il est, je ne le vois pas, j'imagine qu'il est sous l'avion, appuyé à quelque chose ou à rien, peut-être qu'il n'est appuyé à rien. Elle est bien. Elle pourrait passer le reste de sa vie dans cette position. Son lacet est défait, le lacet de sa chaussure droite est défait, je le vois. Il est pris dans le vent, c'est dangereux, je lui montre, elle va rattacher son lacet d'une main. Je lui dis non ne lâche pas ta main, attends, je vais te le faire, moi. Je le lui rattache. Elle lâche sa main quand même. Elle la pose sur mon bras. Son autre pied est toujours sous l'avion. Je ne peux pas savoir si le lacet de ce pied est défait. Sa main me serre. Elle veut m'emmener. Elle le peut. Elle n'a qu'à m'entraîner. M'attirer contre elle. N'aie pas peur, dit-elle, ferme les yeux si tu veux. Le froid ce n'est rien. La hauteur encore moins. Plonge avec moi, c'est une piscine; le vide est une piscine dont on voit le fond. Dis-toi que tu plonges dans une piscine, dis-toi cela et plonge. Tu verras comme on est bien en vol. Je te tiendrai tout le long de la chute, tu n'auras qu'à étendre les bras. Ton corps peu à peu rejoindra l'infini et tu ne le sentiras plus. Je te dirai quelque chose d'important aussi. Pour que personne n'entende j'attends que tu sautes avec moi. J'ai essayé pendant que l'avion prenait de la hauteur mais je n'ai pas réussi. J'ai recommencé après mais tu n'as pas compris. Alors tu dois me suivre; regarde le ciel : il est à nous - nous avons tant à espérer.
Le soleil est en train de se lever. Je ne sais pas si elle le voit. Il est en train de se lever derrière elle. Peut-être qu'il éclaire mon visage et que dans mon visage elle devine le soleil.


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