Date de saisie : 23/09/2006
Genre : Religion, Spiritualité
Editeur : Le Grand Souffle Ed., Paris, France
Prix : 18.50 € / 121.35 F
ISBN : 978-2-916492-07-0
GENCOD : 9782916492070
OUVERTURE
Guy Debord L'image de la pensée du numéro 4 de La Soeur de l'Ange
Avant propos de l'éditeur
Editorial Didier Bazy Ce serait tellement plus commode
Andrée Chedid Où est ma Terre ?
DOSSIER : A QUOI BON DIEU ?
Alexandre Vialatte La religion veut entrer dans un cercle carré
Jean-Yves Leloup À quoi bon Dieu ? Pour me tenir debout...pour prier
Alain Jugnon Dieu n'existe pas donc tout n'est pas permis
Falk van Gaver Direct dans la foi
Didier Bazy Après Dieu, Paul Celan
Annick de Souzenelle À quoi, bon dieu, se raccrocher quand il n'y a plus de Bon Dieu ?
Jocelyn Bézecourt De l'utilitarisme du concept de dieu
Éric Coulon Nature et pouvoir de la raison dans la gnose abelienne
André Chouraqui À quoi bon Dieu Un
Soufiane Zitouni Vert Dieu
Claude Tannery Les hésitations d'Adam
Anthony James Chemins vers l'Inconnu
Bernard Sichère Votre question : À quoi bon Dieu ?
Michel Cazenave Vertige de l'A quoi bon ?
Jacques de Guillebon À quoi bon Dieu ? Brèves observations sur l'immédiateté théologique du monde
Philippe Corcuff La «synthèse» divine des progressistes
Quand Proudhon, Merleau-Ponty et Lévinas font leur cinéma contre Hegel
Guy Coq À quoi bon Dieu
Yannis Constandinidès Ludwig Feuerbach, Passage de la théologie à la philosophie
Ludwig Feuerbach Passage de la théologie à la philosophie
RHIZOME(S)
Bernard Stiegler Tiresias et la guerre du temps
Michel Crépu Bernanos et la question de la France
Laurine Rousselet Une opération poétique
Pascale Truck Sebald et Vila-Matas : l'effet papillon, en littérature
Laurent Shang Huntingtonons, Huntingtonons
Muriel Moutet La voila qui saute ! ou le surgissement de l'énigme dans et par la fiction
Jean-Luc Moreau À quoi bon la littérature, si ce n'est pas pour l'art ? (III)
Frederick Houdaer Rouge, noir, bleu
Yannis Constandinidès & Sophie Deltin Nietzsche et la fiction
CAHIER LE GRAND JEU
Cyril Loriot Présentation du cahier
André Rolland de Renéville, René Daumal et Roger Gilbert-Lecomte Lettres inédites
Cyril Loriot Le Grand Jeu et son homme
POUR QUITTER
Didier Bazy La semaine d'après, c'est l'éternité
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La religion veut entrer dans un cercle carré
Alexandre Vialatte
Personne n'est obligé de croire au Petit Jésus, au bon Dieu et à la Sainte Vierge. Ni à Adam et Eve. Rien n'empêche de penser que l'Homme est sorti d'une sardine qui a eu envie d'un chapeau mou, d'un lapin qui voulait le bachot. II paraît même que c'est plus scientifique. Darwin a démontré tout ça avec quelques mâchoires de singes et le tibia d'un gendarme à pied. Du moins en gros.
Personne n'est donc obligé de croire au Petit Jésus. Mais enfin, si l'on croit en Lui, aux mystères de la Trinité, de l'Incarnation, de la Rédemption, à la résurrection de la chair, à la réversibilité des mérites, à la valeur surnaturelle de la souffrance, et à tout ce qu'énumère le Symbole des Apôtres et qu'expliquait le catéchisme de mon enfance, il se trouve qu'on est catholique.
Catholique par définition. Exactement comme la circonférence est, par définition, le lieu géométrique des points d'un plan équidistants d'un même point. Qu'un seul de ces points soit déplacé, il n'y a plus de circonférence. Qu'un seul dogme soit modifié et il n'y a plus de catholicisme. Mais schisme ou hérésie. Et par définition.
Le pape n'y peut rien modifier, à moins d'être à la fois le pape et l'antipape, le chef de l'Église et de sa cinquième colonne ; il lui est impossible de dire : «Catholiques, je vous ai compris.» Il lui est impossible de faire une circonférence qui ne soit ronde. C'est pourtant ce qu'on peut laisser croire en employant improprement le mot de «religion». Et c'est aussi ce que voudraient beaucoup de gens.
Et on se demande pourquoi. Car rien n'est plus facile que de n'être pas catholique : les anti-catholiques vous fêtent, les catholiques ne vous aiment pas moins, ne fût-ce que par devoir religieux.
On voudrait un cercle carré. «Tout change, pourquoi pas la religion ?»
Parce qu'une circonférence est forcée de rester ronde. Parce qu'elle y est tenue par sa définition.
Aussi éprouvai-je un grand choc le jour où je vis en chaire un vicaire véhément, barbu et même extrêmement maigre, déclarer d'un ton menaçant que «la religion allait changer». - Eh quoi, monsieur l'abbé ! Était-elle donc mauvaise et allait-elle devenir bonne ? Vous n'auriez pas osé nous le dire. Etait-elle bonne et allait-elle devenir mauvaise ? Vous nous auriez dit de la quitter. Etait-elle bonne et allait-elle devenir meilleure ? Comment un rond pourrait-il être plus rond qu'il n'est ?
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