Auteur : Philippe Martinat
Date de saisie : 23/09/2006
Genre : Documents Essais d'actualité
Editeur : Jacob-Duvernet, Paris, France
Prix : 19.00 € / 124.63 F
ISBN : 978-2-84724-127-3
GENCOD : 9782847241273
Les sondeurs ne parviennent pas à s'accorder sur l'issue du scrutin. L'institut CSA prévoit une victoire du candidat socialiste à 52-53 %. La Sofrès annonce, elle, une petite victoire pour son adversaire. Ipsos met les deux au coude à coude. Le duel télévisé n'en apparaît que plus décisif pour convaincre la frange des indécis, particulièrement nombreux cette fois-ci puisque 20 % à 25 % n'ont pas encore décidé pour qui ils voteront. «Dire que ce sont ces blaireaux qui vont dicter la politique française pour ces cinq prochaines années et qu'ils hésiteront encore au moment d'entrer dans l'isoloir !» peste Julien Dray.
Qui seront les finalistes de la grande bataille du 22 avril 2007 pour le fauteuil de président ? Les leaders d'un classique affrontement UMP-PS ? Ou plutôt deux revenants couverts de plaies et de bosses ? Un duel Royal-Sarkozy ou un affrontement Juppé-DSK ? Qui sera l'heureux élu du 6 mai ? Un Fabius, digne successeur de Mitterrand ? Un Sarkozy, fils parricide de Chirac ? Un Bayrou, candidat d'un compromis consensuel face aux déchirements de la droite et de la gauche ? Ou un... Le Pen, qui tient enfin sa victoire ?
Autant de questions que tout le monde se posera jusqu'au soir du 6 mai et auxquelles ce livre répond dès aujourd'hui.
Philippe Martinat est grand reporter au service politique du quotidien Le Parisien-Aujourd'hui en France et auteur de Bertrand Delanoë, qui c'est, ce garçon ? (Belfond, 2004)
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Extrait du prologue :
Good bye, Lionel !
«Allo Lionel ? C'est Daniel à l'appareil. Je viens de recevoir les résultats du dernier sondage Louis-Harris. C'est bon, c'est même très bon. Tu progresses de trois points parmi les personnalités de gauche que les Français aimeraient avoir comme candidat à la présidentielle. Et de cinq points parmi les sympathisants socialistes. Ségolène est toujours devant, mais elle marque le pas puisque sa cote est égale. Je n'ai pas encore le détail des qualitatifs, mais on me dit que c'est aussi très positif : ton image s'améliore, elle aussi. Tout se déroule donc comme prévu. Je pense que la raison - que dis-je, l'évidence - va finir par l'emporter lors du vote des militants, dans un mois. Tu verras, les autres vont finir par jeter l'éponge, il n'y aura plus de match. Le mieux est que tu restes pour l'instant tranquillement à Ars-en-Ré en faisant de temps en temps, comme la semaine dernière, une petite virée dans telle ou telle fédération. Il est inutile de multiplier les sorties comme cette pauvre Ségolène qui s'épuise en pure perte à courir le pays d'un bout à l'autre.
Prépare-toi seulement pour le meeting chez Valls, à Évry, dans huit jours. Toi, tu te situes au-dessus de la mêlée, c'est ça ton créneau. Bon, je te laisse, il faut que je continue à organiser tout ça. Je te transmets comme d'habitude tous les éléments sur ton fax. À bientôt, Lionel.»
Lionel Jospin, en chaussettes de sport dans le patio de sa petite maison de pêcheur aux volets gris clair de l'île de Ré, se masse les mollets avec satisfaction. Sa raquette de tennis est posée contre sa chaise longue. Ce matin, il a encore joué pendant presque quatre heures. D'abord avec Claude Allègre, qui n'a décidément plus la forme de ses vingt ans. Il l'a littéralement écrabouillé : 6-0, 6-1, 6-0 dans la première partie, 6-2, 6-3, 6-0 dans la seconde. Le tout en trois quarts d'heure à peine. L'ancien Premier ministre a alors enchaîné avec l'un de ses gardes du corps, plus coriace celui-là. Jospin s'est d'abord imposé 6-4, 5-7, 6-3, mais il lui a fallu s'incliner lors de la revanche : 7-5, 3-6, 3-6. La faute, a-t-il prétexté, à une petite douleur à la cheville gauche qui ralentit ses montées au filet. La belle a finalement été plus facile à enlever qu'il ne l'avait pensé : 6-4, 6-4, 6-2.
Un soupçon lui traverse maintenant l'esprit : «Peut-être a-t-il légèrement levé le pied pour me laisser gagner ?» C'est ennuyeux, ce vilain doute qui finirait par vous gâcher la plénitude de cette matinée de rêve.
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