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Le maudit

Couverture du livre Le maudit

Auteur : Myrielle Marc

Date de saisie : 22/09/2006

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : XO, Paris, France

Prix : 16.90 € / 110.86 F

ISBN : 978-2-84563-303-2

GENCOD : 9782845633032


  • La présentation de l'éditeur

Une histoire d'amitié exceptionnelle, qui aborde les thèmes intemporels de la rencontre du Bien et du Mal, de l'exercice de la justice, de l'inévitable affrontement entre le devoir et la compassion.

Une île du Nord, lointaine, peut-être imaginaire. Un très jeune homme au visage d'ange et au regard glacé est amené au château de Louvars pour y être emprisonné à vie. Parce qu'il a tué son père, il est condamné à subir la torture d'un effroyable bracelet qui broie de douleur celui qui le porte. On l'appelle le Maudit. Il n'a que dix-neuf ans.

Témoin quotidien du courage, des silences, de la souffrance du Maudit, le seigneur Emmanuel de Louvars s'intéresse à lui. Un sentiment fraternel semble naître entre les deux hommes.

Bientôt, un doute et des questions s'installent. Le Maudit a-t-il vraiment mérité cela ?

Le Bien est-il toujours le Bien quand il châtie le Mal ?

C'est à 17 ans que Myrielle Marc a écrit ce texte dont elle dit aujourd'hui : «Maintenant je comprends que je parais au plus pressé : me recréer un père et une loi.» Quarante ans après, Myrielle Marc a enfin décidé de publier ce texte. Une merveille littéraire.

Myrielle Marc a notamment publié Petite Fille rouge avec un couteau (Le Seuil), Prix Alice-Louis Bartbou de l'Académie française, et Orfenor (XO Editions).





  • La revue de presse Anne Berthod - L'Express du 21 septembre 2006

Son premier roman (Petite Fille rouge avec un couteau) a attendu dix-sept ans avant d'être édité. Un autre (Orfenor, splendide saga de 900 pages parue en 2004) a patienté trente-cinq hivers dans un carton. Avec Le Maudit, écrit il y a plus de quatre décennies, Myrielle Marc bat un nouveau record. Cette institutrice à la retraite en coucha les mots dans l'urgence convalescente de ses 17 ans, au réveil d'une très longue dépression qu'elle nomme «absence»: en une semaine, elle entreprit de se «recréer un père et une loi», au travers d'un texte violent, onirique et pénétrant...
On écoute son histoire avec ferveur, emporté jusqu'à la pirouette finale, délicieusement romantique.



  • Les premières lignes

Imagine d'abord une île, très longue, sur un océan lointain. C'est peut-être une île qui n'a jamais existé. Ou bien c'est un océan qui enroule ses vagues dans un autre monde. De toute façon l'île vit seule depuis des siècles, sauvage encore : les hommes y sont rudes et solitaires.
Ils ont un roi, dont le vaste domaine s'étend au centre de l'île, et des seigneurs qui se partagent le reste du territoire. Revêtus de la longue cape noire qui signale leur rang, ceux-ci pourraient se penser rois eux-mêmes : ils sont les maîtres absolus de leur fief, lèvent une armée s'il leur plaît, et dressent des gibets à l'entrée de leur pont-levis. Pourtant ils reconnaissent l'autorité de celui d'entre eux qui règne sur la capitale et qu'ils nomment, avec une révérence presque religieuse, le Seigneur-Roi.
Leurs châteaux portent, comme eux, le nom du fief. Ceux du Sud dressent près des rivières leurs fines tourelles blanches et ouvrent nonchalamment leurs parcs aux vents de la mer. Au Sud on n'a rien à craindre du monde. Mais ceux du Nord ressemblent à des citadelles guerrières, parce qu'ils sont proches de la pointe de l'île qui n'est pas encore conquise.
Cette île a nom «Systèle» et ma grand-mère en tirait tous les contes dont elle a enchanté mon enfance. J'ai longtemps cru qu'elle y avait vraiment vécu. Et si l'histoire de Systèle avait été au programme du baccalauréat au même titre que l'histoire de France j'aurais certainement obtenu la meilleure note de l'académie, et je pense que l'on m'aurait priée de donner quelques conférences aux professeurs : je savais tout. Je savais où l'on fabriquait les agrafes qui retenaient les capes de guerre des seigneurs et ce que mangeaient le soir, dans les masures de la côte, les paysans de Vauxelles. Je savais que dans les forêts de Brénilis s'étendait le domaine du Seigneur-Évêque, où vivaient les derniers sorciers de l'île, et que la reine Valine s'enorgueillissait des plus longs cheveux blonds dont il soit possible de rêver : ils atteignaient le sol, souples et brillants, quand elle se tenait debout près de son trône d'or. Je connaissais jusqu'aux légendes dont on nourrissait les petits Systéliens, le soir...
Mais rien ne me transportait davantage que l'his­toire du Maudit de Varielles et c'est elle que je veux te raconter à mon tour.


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