Arthur Cravan n'est pas mort noyé / Passion du livre

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.. Arthur Cravan n'est pas mort noyé

Couverture du livre Arthur Cravan n'est pas mort noyé

Auteur : Philippe Dagen

Date de saisie : 00/00/0000

Genre : Romans et nouvelles - français

Editeur : Grasset, Paris, France

Prix : 17.90 €

ISBN : 978-2-246-71281-7

GENCOD : 9782246712817

en vente sur


  • Le message sonore
Un message sonore de Philippe Dagen

Philippe Dagen - 20/09/2006



  • La dédicace de l'auteur

Si Arthur Cravan n'est pas mort noyé, c'est qu'en réalité, on ne sait ni où ni quand il est mort. C'était un poète, un boxeur, le neveu d'Oscar Wilde. C'était aussi un critique particulièrement réputé pour la brutalité et la férocité de ses attaques. C'était également un homme très mystérieux, dans la mesure où il a disparu à l'hiver de l'année 1918, au Mexique où il vivait avec son épouse, la poétesse, Mina Loy, alors enceinte. On n'a plus jamais eu la moindre nouvelle de lui. Je suis donc parti de l'hypothèse, - je ne suis d'ailleurs pas le seul à l'avoir faite -, qu'il n'est pas mort, comme André Breton ou Marcel Duchamp l'ont raconté, dans un naufrage, dont on n'aurait, au demeurant, jamais retrouvé ni noyés ni navire, mais qu'il a vécu une seconde moitié de sa vie, en se faisant aussi discret que possible, en observant de très loin ce qu'étaient devenus ses anciens amis, les poètes, les écrivains, les artistes du mouvement dada, en les regardant également d'un oeil critique. J'ai pris la liberté de le faire à la première personne, c'est-à-dire que le livre se présente comme une sorte de cahier, si l'on veut, pas vraiment des mémoires, en tout cas sûrement pas dans un ordre chronologique, un cahier qu'Arthur Cravan devenu vieux donc respectable, retiré à Genève, tiendrait pour voir, au fond, ce qui lui reste en mémoire de sa vie, et comment, au hasard des accidents, des disparitions, des rencontres qui ont été les siennes, il peut essayer de ressaisir le fil de sa propre existence. L'ouvrage se présente donc comme une suite de chapitres ou de paragraphes, quelquefois très longs, quelquefois très courts, et qui explorent, au gré du travail de mémoire que Cravan réalise, des aspects souvent très différents et très éloignés dans le temps de sa propre existence. C'est une sorte de journal de bord, pour filer la métaphore de la navigation et du naufrage, mais un journal de bord en désordre, comme le sont, la plupart du temps, les souvenirs que nous gardons en mémoire. Je vous souhaite d'avoir autant de plaisir à faire ce bout de voyage avec lui que j'en ai eu à l'imaginer, à partir des quelques papiers et des quelques bribes qu'il nous reste de lui. Bonne lecture.

(Propos recueillis par téléphone)



  • La présentation de l'éditeur

Il était une fois un poète moderne, boxeur, critique d'art, neveu d'Oscar Wilde, qui avait hanté les mémoires des dadaïstes et des surréalistes. Il se faisait appeler Arthur Cravan. On date sa mort de la fin de 1918. Se serait-il noyé dans le Rio Grande, à la frontière du Mexique et du Texas ? Nul ne le sait vraiment.

Admettons maintenant l'hypothèse romanesque de Philippe Dagen : Arthur Cravan n'est pas mort noyé. On l'a vu retraité anonyme sur les rives du Léman, à Genève, amant d'une très jeune femme. Le poète-boxeur y rédige ses mémoires : l'histoire d'une vie, multiple, désordonnée : combats de boxe et femmes aimées, parties fines avec Marcel Duchamp et Henri-Pierre Roché, amitiés avec Francis Picabia et Félix Fénéon, fâcheries brutales avec Robert Delaunay et Marie Laurencin.

Quelle fut donc la logique de cet homme à éclipses ? L'ennui, le goût de la tromperie, le désir d'échapper à soi, la folie singulière d'un transfuge de l'art ?

Philippe Dagen réinvente ici la vie secrète et véritable d'Arthur Cravan par lui-même : le journal d'un fantôme.



Philippe Dagen est l'auteur, chez Grasset, de romans et d'essais : La Guerre (1996), La Haine de l'art (1997), Les Poissons rouges (2000) et L'Art impossible (2002).





  • La revue de presse Guillaume Chérel - Le Point du 7 décembre 2006

Arthur Cravan n'est pas mort noyé» est autant un hymne à l'une des énigmes les plus singulières de la littérature - le producteur Gérard Lebovici s'y est essayé dans une biographie épuisée - qu'un portrait sans concession...
Grâce à Dagen, le fantôme de l'énervant Cravan nous hante encore


  • La revue de presse Gilles Heuré - Télérama du 18 octobre 2006

Cravan, ce drôle de zigue, cumulard audacieux de la Belle Epoque, est donc une énigme que Philippe Dagen ne cherche pas à résoudre. Il préfère imaginer ses fuites et ses disparitions rocambolesques, suggérer le regard - plutôt que le bilan - que Cravan porte sur sa propre vie. Et si l'on y croit, c'est bien parce que l'auteur parvient à redonner vie à ce colosse aux pieds d'artiste, excentrique en diable.



  • Les premières lignes

Je suis Fabian Lloyd. Mais Fabian Lloyd a disparu depuis très longtemps.
Je suis William Cooper. Mais William Cooper n'est pas né d'une femme.
Je suis Arthur Cravan. Mais Arthur Cravan est mort il y a cinquante ans.
J'ai plus de noms que si j'avais eu cent vies et je ne les écrirai pas tous parce que, sans doute, j'en ai oublié plusieurs, que j'avais inventés pour des circonstances que j'ai oubliées, elles aussi.
J'ai plus de souvenirs que si j'avais mille ans, mais je ne les écrirai pas tous et plusieurs que j'écrirai paraîtront impossibles et inventés.
Je suis le vieil homme qui écrit ces mots, dont je n'ai aucune idée où ils vont m'entraîner, si je vais m'arrêter bientôt ou poursuivre. Pendant presque cinquante ans, j'ai réussi à m'en abstenir et même réussi à oublier mes débuts, mes poèmes, la littérature. L'envie d'écrire s'était laissé enfouir, vipère des sables. De temps en temps, je l'entendais siffler quand elle sortait sa tête cornue, mais il y avait assez de bruit autour de moi pour que je feigne de ne l'avoir pas entendue. Il y a trois ou quatre mois, elle a jailli et je n'ai pas eu le temps d'éviter la morsure.
La scène n'a rien qui prête au lyrisme. Elle est à Genève, au mois de juillet 1966. Beau temps nébuleux sur la ville et le lac, une chaleur aimable, des passages de brise. Il se pourrait que des orages se forment sur les montagnes. L'après-midi finit, après-midi d'une journée vide, comme avaient été vides celles qui l'ont précédée et vide comme la ville. Je me suis imposé tout à l'heure la promenade habituelle. Des retraités sur les bancs des berges et sur les bancs des jardins publics, c'est à peu près tout ce qui reste de population. Tous les autres sont au bord d'une mer, dans une station alpine ou en voyage. Il n'y a même Arthur Cravan n'est pas mort noyé plus assez de joueurs pour les échiquiers dans les parcs.


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