Auteur : Joseph Kessel
Préface : Jean-Marie Baron | Maurice Druon
Date de saisie : 19/09/2006
Genre : Biographies, mémoires, correspondances...
Editeur : Table ronde, Paris, France
Collection : Essai
Prix : 19.00 € / 124.63 F
ISBN : 978-2-7103-2894-0
GENCOD : 9782710328940
Au soir d'une vie pour le moins mouvementée, Joseph Kessel voulut se confier une dernière fois, en évoquant les grands moments de son destin en forme de cavalcade. Il choisit un jeune ami journaliste, aussi impatient que lui de découvrir le monde, pour recueillir ce qui allait devenir son ultime confession et partager grâce à lui sa mémoire avec les lecteurs des saisons futures.
C'est un festival d'aventures auquel il nous convie, avec les premiers pas rocambolesques dans le journalisme, les premiers voyages durant l'entre-deux-guerres. On croise des hommes politiques, des femmes du monde, des écrivains, mais aussi des voyous et des aventuriers. Débordant d'énergie, passant d'un milieu à l'autre, Kessel côtoie les grandes figures de Paris, de Hollywood, ou d'ailleurs, et termine ses nuits dans les cabarets russes, avec guitare et vodka.
Mais bientôt survient la guerre, et un autre Kessel se révèle. C'est l'exil - plein de risques -, l'arrivée à Londres, l'intégration dans les forces gaullistes, les faits d'armes, le Chant des partisans... Il raconte ces années ardentes avec la même passion, et la même modestie, que ses folles années de fête, et se montre tel qu'il était: flamboyant, généreux, attentif aux marginaux, sensible aux misérables. Peu à peu, derrière l'action et les rencontres, les combats et les fiestas, les reportages et les romans, s'inscrit le portrait d'un homme fraternel, qui nous tend la main et nous donne, à sa manière, une leçon d'humanité, une formidable leçon de vie, de liberté et de jouvence, plus opportune que jamais.
Extrait de la Lettre-préface de Maurice Druon, de l'Académie française :
Mon cher Jean-Marie,
Ton père, François Baron, était présent dans le petit hôtel du Surrey le jour de mai 1943 où nous écrivîmes, mon oncle Joseph Kessel et moi, le Chant des Partisans. Je me rappelle qu'il ouvrit, à l'heure du thé, la porte de la pièce où nous travaillions, en disant : «Alors, elle est finie votre Marseillaise ?»
Étonnant personnage, et fort attachant, que François Baron, ancien membre du groupe surréaliste, qui fut le premier Français de l'étranger à rallier le général de Gaulle, le 18 juin 1940, aussitôt après en avoir entendu l'appel à la BBC. Et quel ralliement ! C'était non seulement le sien, mais celui des établissements français des Indes, dont il était administrateur à Chandernagor.
Il devenait ainsi «le premier gaulliste historique», comme on le désigna ensuite.
Délégué de la France Libre pour l'Extrême-Orient, en poste à Singapour dont il dut s'échapper après avoir été empoisonné par les Japonais, et sauvé grâce à l'opium, il partit sur un bateau à fond plat où, penché sur le bastingage, il regardait passer en dessous les torpilles des sous-marins ennemis. Une histoire à la Kessel.
Il était naturel que nous devenions des amis fraternels. Fraternelle aussi était l'amitié qui nous liait, Jef et moi, à ta mère, Carmen Corcuera, cette Mexicaine devenue si française, cette femme si belle, si vive, si joyeuse, cette hôtesse merveilleuse qui accueillait à bras ouverts tout ce que Paris comptait de talents artistiques et littéraires, au lendemain de la guerre.
Ta naissance, dans ce couple qui comptait si fort dans notre vie, fut saluée par nous comme un événement familial.
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